L R AS Publié le lundi 11 février 2019 - n° 263 - Catégories : le Fil de la Semaine

le Fil de la Semaine n°263 du 11 février

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE (le Fil de la Semaine n°263 du 11 février)
Tous les articles de cette semaine sont en accès libre

S'il n'y avait que cinq textes à lire cette semaine :

    *   Décomposition du résultat de l'appel d'offres CRE 4.6 *

    *   22,7 % d'EnR en France en 2018 (18,5 % en 2017) *

    *   Mutation du métier de développeur à cause de la parité réseau *

    *   Emergence en 2018, des panneaux spéciaux * 

    *   L'électricité est-elle l'énergie du futur ? *

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FRANCE
 
    *  
Décomposition du résultat de l'appel d'offres CRE 4.6 *

    *   22,7 % d'EnR en France en 2018 (18,5 % en 2017) *

    *   Préférences des Français pour les EnR, mais peu passent à l'acte ! *

    *   Prochaine mise en service de la centrale solaire flottante en France *

    *   Engie met en service en Afrique du Sud sa première centrale solaire à concentration *

    *   Accord entre Carrefour et Urbasolar pour poser des ombrières *

    *   Le développeur français Amarenco investit en Irlande *

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LA FILIÈRE
 
    *  
Les EnR hybrides augmentent l'étalement de la production *

    *   Nouvelle mutation du métier de développeur à cause de la parité réseau *

    *   Les administrations paraissent toujours trop conservatrices *

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LES PRODUITS
  
    *  
Emergence en 2018, des panneaux spéciaux *

    *   Que donnent les panneaux solaires en hiver dans la neige ? *

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LES SOCIÉTÉS
    
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SunPower a lancé la production de panneaux de sa série P *

    *   GCL New Energy au bord de la faillite *

    *   SMA se lance dans la modernisation des centrales photovoltaïques *

    *   Meyer Burger cède encore une activité *     .

DIVERS
      
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L'électricité est-elle l'énergie du futur ? *

    *   L'avenir des EnR passe-t-il par des réseaux transnationaux ou par l'indépendance ? *

    *   Nouvelle approche pour mesurer le potentiel solaire des zones urbaines *

     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES
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FRANCE
 
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Décomposition du résultat de l'appel d'offres CRE 4.6

Finergreen a présenté le résultat de l'appel d'offres solaire sur bâtiment ayant une puissance entre 100 kWc et 8 MWc en France métropolitaine. Il s'agit de la sixième tranche de l'appel d'offres CRE 4

Il fait apparaitre une hausse du tarif moyen attribué aux lauréats par rapport à l'appel d'offres précédent. Il fait ressortir le succès persistant d'Urbasolar, toujours n° 1 dans ces appels d'offres, avec ici 17 % de projets attribués.

Les quatre premiers lauréats obtiennent 52 MWc, soit plus de la moitié des lauréats identifiés

Les trois premières régions lauréates se sont vues attribuer près de trois quarts des projets.

Sur les six tranches de cet appel d'offres, cinq sociétés se détachent nettement des autres candidats : il s'agit de Urbasolar avec 100 MWc obtenus, de Technique Solaire avec 77 MWc, Total Solar 75 MWc, Engie 73 MWc, Reden Solar 65 MWc. Le 6ème, Valeco obtient 38 MWc

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22,7 % d'EnR en France en 2018 (18,5 % en 2017)

En France, la production électrique renouvelable a fourni 22,7 % de la consommation nationale en 2018 (contre 18,5 % en 2017). La puissance totale du parc électrique EnR (hydroélectricité, éolien, solaire photovoltaïque, et bioénergies confondus) s’élève, fin 2018, à 51.171 MW.

Le parc solaire s'élève à 8,5 GW fin 2018, après que 873 MW aient été installés l'an dernier (881 MW en 2017). La production a couvert 2,1 % de la consommation électrique française annuelle.

Le parc éolien atteint 15,1 GW avec 1.559 MW raccordés dans l'année.

Pour télécharger le Panorama de l'électricité renouvelable au 31 décembre 2018 : (https://xrm3.eudonet.com/xrm/at?tok=A8F1EB23&cs=SEZCpsM48jgkShXo_lGIPITBSUw1jbZT-9N71RSO0EoxzsCFHDUd2Unofn3_b8p_&p=26qteH2RHB7d-s8WL3DwN6H0iVaZxMb-oMz2aU4bVx-wVgvKHmgvFrUd9GxC03go3CpzUQ1HKIg%3d)

Pour télécharger une description de la technologie solaire (page 4 et suivantes du document) : https://xrm3.eudonet.com/xrm/at?tok=A8F1EB23&cs=SEZCpsM48jgkShXo_lGIPITBSUw1jbZTJn62qA00151Be8U9O_wxHH0UsLVoUzNE&p=26qteH2RHB7d-s8WL3DwNyYQsvH-xKmVwUKI-A2cDAD9e4nMqTDEl65oNVLdOTjWrnYwUtnUdWs%3d

Le Syndicat des Energies Renouvelables du 7 février.

NDLR   La France a bénéficié d’un ensoleillement exceptionnel au 2ème et 3ème trimestre 2018, ce qui a contribué à augmenter la production photovoltaïque.

Le faible montant des nouvelles installations photovoltaïques en 2018 (inférieures à celle de 2017) contraste avec la multiplication des appels d’offres. Est-ce que ceux-ci se traduiront par des connexions bien plus significatives en 2019 ? Ou bien est-ce qu’il y a un taux élevé d’abandon des contrats obtenus ?

Si la France n’est pas capable d’installer un gigawatt par an, on ne voit pas comment le programme d’installations, envisagé par la PPE, pourrait être réalisé (il est prévu l’attribution de 2,7 GW dès cette année, et de 2,9 GW au cours des cinq prochaines années). Plutôt que de brandir les objectifs, il faudrait déterminer ce qui entrave la réalisation des installations photovoltaïques en établissant un suivi très fin des résultats des appels d’offres et des réalisations.

Pourquoi ne pas prévoir une bourse d’échange de projets acquis par un candidat qui pourrait le revendre en cas d’impossibilité de réalisation ? Car ce qui est certain, c’est qu’on ne voit pas bien la réalisation de ce programme surtout si les 300 MW attribués pour des toitures ou des ombrières ne trouvent preneur que pour 100 MW… C’est un mauvais début pour un programme à moyen terme !

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Préférences des Français pour les EnR, mais peu passent à l'acte !

Les Français réaffirment leur préférence écrasante en faveur des énergies renouvelables pour l’avenir énergétique du pays avec un soutien allant de 70 % à 89 % selon les différentes filières. Des chiffres largement supérieurs à ceux du gaz naturel (61 %), du nucléaire (46 %) et des énergies fossiles (20 % ou moins). Un plébiscite pour les EnR !

L’enthousiasme pour les énergies renouvelables repose sur un niveau de confiance important : 97 % des personnes interrogées se fient à au moins une de ces filières et 42 % font même confiance à chacune d’entre elles (- 3 points). En matière d’équipements résidentiels, ce sont les pompes à chaleur qui arrivent en tête, suivies par les panneaux solaires, puis le bois énergie, avec un renforcement général de la confiance forte (« tout à fait confiant ») dans toutes les filières.

Une très large majorité de Français (88 %, stable par rapport à l’an dernier) préféreraient consommer en priorité leur propre électricité plutôt que de la vendre intégralement s’ils avaient des panneaux solaires. Le schéma de la « rente » solaire ne séduit plus que 8 % d’entre eux en 2019 (- 2 points). Avec l’autoconsommation photovoltaïque, le partage de l’énergie devient un vecteur de lien social et de solidarité : 23 % des Français choisiraient de vendre ou échanger localement leur surplus d’électricité (+ 2 points) et 11 % choisiraient même de l’offrir à une association ou à des personnes en situation de précarité énergétique (+ 1 point).

7 % des ménages possèdent des panneaux photovoltaïques, 5 % un chauffe-eau solaire, 11 % une pompe à chaleur.

Plein Soleil du 5 février

NDLR   Chaque année, le même sondage met en évidence l’attrait des énergies renouvelables en France. Chaque année, il fait ressortir la distorsion entre une très large majorité de Français favorables aux EnR et un très petit nombre qui sont équipés de panneaux solaires ou de pompes à chaleur. On ne pose même pas la question sur la détention de batterie de stockage, ou d’utilisateurs d’autoconsommation car les réponses seraient épsilonnesques.

Alors que les autres pays (Allemagne, Italie, désormais l’Espagne) mettent en œuvre la diffusion des équipements d’énergies renouvelables au sein de leur population, les représentants de Qualit’ENR seraient bien inspirés de percevoir où se situent les freins à l’adoption de tels équipements dans l’univers quotidien des Français afin de pouvoir y remédier. Il est plus utile d’augmenter de 5 % ou de 10 % les ventes d’équipements, que de connaitre que 5 % ou 10 % supplémentaires de Français apprécient les énergies renouvelables … Il y a les faits et les idées. En France on préfère les idées aux faits !

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Prochaine mise en service de la centrale solaire flottante en France

Akuo Energy branchera fin mars sa centrale photovoltaïque sur flotteurs à Piolenc (Vaucluse). D'une capacité de 17 MW, elle a coûté 17 M€ et sera temporairement la plus grande d'Europe car d’autres –celle d’EDF de 20 MW notamment- sont en projet.

L'Usine nouvelle du 6 février

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Engie met en service en Afrique du Sud sa première centrale solaire à concentration

Engie meet en service en Afrique du Sud sa première centrale solaire à concentration. Il s'agit d'une centrale de 100 MW, composée de 384.000 miroirs étendus sur 4,5 km². Ils concentrent les rayons du soleil qui chauffent un fluide caloporteur. Celui-ci fait tourner une turbine pour produire de l'électricité. Cette centrale constitue un système de stockage qui dispose de quatre heures et demie d'autonomie.

Batirama du 9 février

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Accord entre Carrefour et Urbasolar pour poser des ombrières

Carrefour a passé un accord avec Urbasolar pour que celui-ci déploie des panneaux solaires sur les auvents de stationnement des 36 hypermarchés. Chaque parking aura une capacité de production annuelle de 21 GWh

PV Magazine du 8 février

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Le développeur français Amarenco investit en Irlande

Le français Amarenco dispose d’un portefeuille de 50 MW prêts à être construits en Irlande. Il a l'intention de disposer de huit sites opérationnels dans ce pays d’ici la fin de 2020. Il va refinancer ses actifs français pour 35 M€ et ceux de l'étranger pour 120 M€.

Amarenco détient des intérêts dans l’énergie solaire en Irlande, en France et au Moyen-Orient.

The Times du 9 février

NDLR  On parle peu des installations solaires en Irlande. Il doit y avoir aussi des opportunités solaires ou éoliennes dans ce pays, à l’instar du Royaume Uni

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LA FILIÈRE
 
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Les EnR hybrides augmentent l'étalement de la production

Le plus grand projet hybride d'énergies renouvelables de Chine (400 MW d'éolien, 200 MW de solaire et 50 MW de solaire à concentration) est désormais couplé à un stockage par batteries au lithium ion de 100 MWh, construit par CATL.

PV Magazine du 7 février

NDLR   L’avantage des centrales hybrides est que la production d’énergie ne se fait pas les mêmes jours aux mêmes heures et aux mêmes saisons. On obtient ainsi un étalement de la production qui facilite le stockage et l’utilisation

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Mutation du métier de développeur à cause de la parité réseau

EnBW envisage de construire un parc solaire de 175 MW, dans le nord-est du Brandebourg (Allemagne), sans subvention. Ce serait la plus grande centrale solaire d'Allemagne. EnBW estime que de grandes centrales sont désormais rentables. Le début de construction se situerait d'ici la fin de l'année. La société dispose d'un portefeuille de 800 MW.

Les installations photovoltaïques à grande échelle peuvent déjà produire à moins de 0,05 € / kWh en Allemagne à un moment où les prix au comptant de l’électricité sont en hausse.

PV Magazine du 6 février

NDLR  Les enchères lancées en Allemagne ou en France proposent de petites surfaces à construire (autour de 10 MW). Un projet de 175 MW permet des économies d’échelle et une réduction des coûts qui ramènent bien en dessous de 5 cts € le prix de revient de l’électricité solaire. Ceci signifie que l’ère des grandes ou immenses centrales est arrivée en Europe. Ceci va accélérer la baisse des prix de production du kWh solaire. Autre conséquence, l’industrialisation de la construction : il ne faut pas la même équipe pour édifier 10 MW ou 175 MW : les développeurs vont devoir ou se regrouper ou grandir pour atteindre la taille optimum. Encore une mutation du paysage photovoltaïque liée à l’arrivée de la parité réseau.

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Les administrations paraissent toujours trop conservatrices

Les perspectives de croissance des énergies renouvelables envisagées par l'Administration américaine de l'Energie (EIA) sont particulièrement conservatrices. Ainsi, il n'y aurait pratiquement aucune croissance de l'énergie éolienne en 2019 ! En revanche, l'l'EIA soulignait abondamment que les Etats-Unis allaient augmenter leur production de pétrole et de gaz naturel et seraient un exportateur net d'énergie en 2020.

Selon de nombreux experts de l'énergie, les prévisions du gouvernement sont trop conservatrices et ne reflètent pas l'évolution de l'éolien, du solaire ou encore des véhicules électriques.

L'EIA estime que la production d'énergie solaire à grande échelle augmenterait de 10 % en 2019 et de 17 % en 2020. L'énergie éolienne augmenterait de 12 % et de 14 % au cours des deux prochaines années, respectivement. Ce serait la conséquence des crédits d'impôts fédéraux qui vont expirer dans quelques années. Ainsi, l'EIA considère que la croissance actuelle des EnR provient d'avantages fiscaux, alors que d'autres experts expliquent la croissance des EnR pour réduire les émissions de carbone et pour améliorer la compétitivité des entreprises. L’EIA ne tient pas compte des énormes projets d'éolien en mer.

Pour les experts, ces prévisions conservatrices posent problème, car elles pourraient biaiser les estimations de coûts liées à la recherche de technologies énergétiques propres lors des débats politiques. Elles empêchent de constituer des outils d'aide à la décision pour refléter les principaux changements intervenus dans les forces technico-économiques de chaque secteur

Conclusion de certains experts : l'EIA a eu du mal à suivre les réductions de coûts considérables de l’ordre de 60 à 75 % au cours de la dernière décennie dans l'éolien et le solaire.

GreenTech Media du 1er février

NDLR  On a le même phénomène en France : les administrations publiques paraissent en retard sur l’évolution du monde et ne comprennent pas ce qui se passe. On l’a bien vu avec la programmation pluriannuelle de l’énergie où les rédacteurs ne comprennent pas ce qui se passe, comment évoluent les différentes énergies, comment se dessine le futur. Alors, les administrations ne font que prolonger l’évolution récente, ce qui évite d’avoir des contradicteurs. On ne reprochera rien à celui qui n’a fait que prolonger la tendance du passé, alors que la sortie de cette tendance amènerait à des contestations sur le rythme du changement…

De même qu’aux Etats Unis, l’irruption des énergies renouvelables provient de la base, de la population, des acteurs économiques qui perçoivent mieux le sens de l’évolution que les administrations, et qui imposeront un changement profond par des décisions individuelles. Ceci passe par les contrats d’achat des entreprises, par la volonté des populations de passer plus ou moins rapidement à 50 % d’énergies renouvelables, par le choix d’un système solaire + batterie ou d’un véhicule électrique ou hybride. La mutation s’effectue par la base. Les autorités politiques sont alors obligées de suivre. Cela devrait être le contraire.

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LE MONDE
  
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De plus en plus d'Etats américains décident d'atteindre 100 % d'EnR

Si le gouvernement fédéral américain essaie de freiner l'installation de centrales fonctionnant à l'énergie renouvelable, six Etats ont déjà déposé un projet de loi visant à mettre en œuvre une énergie propre à 80-100 % au plus tard d’ici 2050. Il s'agit du Minnesota, du Nouveau Mexique, de l'Illinois, de Virginie, de New York. Ces projets s'ajoutent aux quatre Etats (Californie, Hawaï, Vermont, Massachusetts) et à Washington DC qui ont des normes fixant un objectif de 75 % d'énergie renouvelables

PV Magazine du 8 février

NDLR   Ceci ne fait que confirmer l’intérêt des compagnies américaines pour acquérir de l’énergie renouvelable et de la diffusion dans la population d’outre-Atlantique de l’avantage des EnR. A partir du moment où la population adopte l’énergie verte, les autorités sont obligées de suivre et de proposer des objectifs en relation avec la demande implicite des habitants. Outre le désir conscient, il y a les avantages financiers de l’adoption d’un kilowattheure moins cher. Il y a donc eu une bonne publicité autour de ces EnR qui a rencontré l’opinion publique et celle des dirigeants

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Plus de la moitié des entreprises américaines sont peu avancées en matière d'EnR

Plus de 50 % des entreprises américaines estiment qu'elles sont bien peu avancées en matière d'énergie.

En général, les informations se concentrent sur les entreprises les plus avancées. Ainsi, début 2018, Google annonce avoir atteint son objectif de 100 % d'énergie renouvelable. Il dispose de la compétence et des ressources nécessaires pour investir dans l’achat d’énergies propres, pour améliorer son efficacité énergétique et pour valoriser ses actifs sur les marchés de gros de l’énergie.

En 2018, les grandes entreprises américaines ont acheté pour 5 GW d'électricité verte, soit le double de 2017.

En revanche, une entreprise sur trois réfléchit à la façon dont l’énergie peut contribuer à sa croissance, peut améliorer son efficacité et réduire ses risques.

Ainsi, il existe un décalage assez important entre les entreprises qui souhaitent aborder l’énergie de manière différente et celles qui le font réellement. De nombreux dirigeants d’entreprises et de municipalités considèrent encore l’énergie comme un coût fixe des activités commerciales, et non pas comme une dépense à réduire. De plus en plus, il existe différentes options pour réduire le coût de l’énergie chez l’utilisateur (derrière le compteur) qui n'existaient pas il y a cinq ans : par exemple, la fourniture de chaleur et d'électricité à la ville de Bridgeport, dans le Connecticut. Le projet n'a rien coûté à la ville mais lui a permis de réduire ses coûts à long terme tout en réduisant son empreinte environnementale.

D'autres options ont été créées : l'assurance de production d'énergie pour les installations solaires, l’assurance responsabilité civile pour les contrats de stockage d'énergie, le regroupement de clients qui individuellement n’ont pas la taille suffisante pour obtenir une notation élevée de crédit qui leur permettrait de couvrir leur risque de crédit ; l’accès aux centrales virtuelles, à la réponse à la demande, aux options d’approvisionnement en énergies renouvelables. Des produits simplifiés pourraient attirer les clients les moins sophistiqués qui souhaitent participer à la transition énergétique.

GreenTech Media du 4 février

NDLR   L’approvisionnement en énergie renouvelable est en train de créer une distorsion entre les entreprises capables d’obtenir une énergie moins chère et les autres qui utilisent encore l’énergie fossile traditionnelle. Les premières réduisent progressivement leurs coûts. Les secondes vont perdre progressivement leur compétitivité par rapport aux premières.

Surtout, la technicité de cet accès à l’énergie propre constitue un second scission entre celles qui sont les plus au fait de la nouvelle technologie, ou qui ont les moyens d’en profiter du fait de leur taille, et celles qui connaissent ce qu’il faudrait faire mais ne peuvent pas y parvenir du fait de leur taille trop petite ou de leurs ressources insuffisantes. Une hiérarchisation des entreprises est en train de se créer aux Etats-Unis. Elle se manifestera aussi en France puisque certaines grandes entreprises savent qu’elles peuvent accéder à l’énergie solaire moins chère que celle du réseau, et commencent à le faire (RATP, SNCF, Aéroport de Paris, …) et les autres qui ont peut-être entendu parler de ce kilowattheure moins cher mais qui ne savent pas comment faire, ou ne croient pas utile d’y recourir…

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L'Espagne a installé 262 MW solaires en 2018

L'Espagne a installé 262 MW solaires en 2018 (135 MW en 2017, et 55 MW en 2016) selon le syndicat professionnel UNEF. Ceci ne représente que 3 % de l'augmentation de capacité en Europe estimée à 8,5 GW.

Photon du 6 février

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Les 262 MW installés en 2018 devrait faire franchir à l'Espagne le seuil de 5 GW de capacité solaire installée

NDLR  La faiblesse des installations impressionne alors qu’on parle d’un volume de 4 GW qui seront connectés en 2019, et que chaque semaine, il y a la signature d’un contrat d’achat avec pour unité la centaine de MW.

Quel réveil !

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IKEA étend la vente de panneaux en Italie

Quelques semaines après l'Allemagne, en février, IKEA a commencé à vendre des panneaux solaires sur son site italien et les a mis en vente dans ses magasins de Milan, Brescia, Rimini, Villesse, Padoue et Catane.

Ikea vend également des systèmes photovoltaïques résidentiels en Belgique, au Royaume-Uni, en Pologne, aux Pays-Bas et en Suisse.

PV Magazine du 8 février

NDLR  Cette précipitation à être présent sur les différents marchés européens, indique clairement qu’IKEA a rencontré un énorme succès en Allemagne et dans d’autres pays en proposant ses panneaux. Ceci signifie aussi que les européens sont prêts à acquérir ces producteurs d’énergie et qu’ils se convertissent progressivement aux énergies renouvelables.

On peut se demander pourquoi IKEA a attendu si longtemps à proposer ses produits en Allemagne qui est le pays ayant le plus de photovoltaïque installés en Europe, et l’Italie, le second en Europe, alors que d’autres pays avaient été abordés antérieurement. Est-ce parce qu’il y a déjà dans ces deux pays une structure de distribution et que l’offre d’IKEA se serait rajoutée sans vraiment se différencier ?

Parmi les pays importants à occuper, il reste l’Espagne et la France. La péninsule sera certainement le prochain pays où le distributeur s’installera. Comme pays singulier, il restera la France…

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Quel effet aura l'atteinte de l'objectif de 52 GW en Allemagne ?

Après que l'Allemagne ait installé 2,96 GW en 2018, EuPD Research estime que 3,6 GW le seront en 2019 et 3,9 GW en 2020, sous l'effet de l'augmentation du plafond des appels d'offres organisé par la loi de novembre 2018 sur l'énergie. Ainsi, d'ici 2021, plus de 10 GW seraient installés en Allemagne. Ainsi, en 2021, l'Allemagne dépasserait le plafond de 52 GW fixé par la loi sur les énergies renouvelables (EEG) qui fixe le tarif d'achat

La baisse des tarifs de rachat induite par la législation de novembre 2018 serait contrebalancée par la hausse des prix de l’électricité, ce qui augmenterait l’attrait de l’autoconsommation. Une baisse de 3 à 5 % des coûts des systèmes photovoltaïques interviendrait cette année et une baisse marginale l'année prochaine,

Le coût de l’intégration de cette nouvelle capacité dans le réseau devrait faire monter les prix de l’électricité, ce qui, inciterait à installer d’autres installations d’autoconsommation domestiques et commerciales.

https://www.pv-magazine.com/2019/02/05/germany-to-install-more-than-10-gw-of-pv-before-2022-contraction/

PV Magazine du 5 février

NDLR   Si nous comprenons bien le mécanisme qui se met en place : la baisse des prix des panneaux incite à augmenter le volume installé. Ceci fait atteindre rapidement le plafond de 52 GW fixé par la loi EEG qui fixe le tarif d’achat. Comme celui-ci baisse avec le dépassement du seuil de 2,5 GW par an, le prix de revente est de moins en moins attrayant et incite à recourir à l’autoconsommation.

Il semble aussi que plus il y a d’énergies renouvelables injectée dans le réseau, plus le prix unitaire du kilowattheure du réseau augmente.

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Très gros contrat d'achat d'électricité solaire en Espagne

Signature du plus grand contrat d'achat d'électricité d'Espagne (portant sur 708 MW) pendant vingt ans

L'espagnol Audas Renovables a signé avec le développeur irlandais Welink l’achat de l'énergie produite par 708 MW de centrales solaires qui seront construites en Espagne et au Portugal. Lorsque celles-ci auront été construites, le groupe allemand Allianz deviendra propriétaire des centrales solaires.

Il y a quelques jours, Audas a signé un contrat d'achat d'électricité pour la production d'électricité de la centrale Ourika (Portugal) de 46 MW. En mars 2018, Audas avait signé un accord d'achat d'électricité avec Cox Energy portant sur une centrale de 660 MW qui était jusqu'à présent le plus gros contrat d'achat.

PV Magazine du 8 février

NDLR   L’importance de ce contrat d’achat signale seulement que les acheteurs sont prêts à se placer pour de gros montants dès maintenant, préférant acquérir du kWh maintenant alors que les prix vont encore reculer d’ici un ou deux ans…

Ceci signale aussi que les utilisateurs perçoivent déjà l’attrait de cette production intermittente…

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Forte progression du PV en Australie

En Australie, la production solaire provenant de grandes centrales a triplé au cours de l’année 2018, et la production solaire provenant des toits a presque doublé, augmentant de 86 %. Les énergies renouvelables ont connu une année record en contribuant pour 21,3 % à l’électricité australienne.

PV Magazine du 7 février

NDLR   L’Australie est devenue en quelques semestres, le pays qui développe le plus les énergies renouvelables. Selon certaines études, il atteindrait 50 % d'autonomie par les EnR en 2024, et 100 % en 2032.

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LES PRODUITS
  
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Emergence en 2018, des panneaux spéciaux

Les technologies performantes de panneaux (demies cellules, bardeaux, mono-PERC, …) se sont développées en 2018. La technologie PERC + SE est devenue un standard en 2019 pour les lignes de production monocristalline, augmentant de 0,2 % le rendement de conversion.

Début 2018, seul Canadian Solar produisait des panneaux ayant des cellules à moitié coupées. Ensuite, d'autres fabricants (JinkoSolar, Trina Solar, DZS Solar et Suntech) ont proposé des produits diversifiés : panneaux à demie-coupe, cellules mono-PERC avec la technologie de demi-coupe, cellules multicristallines demies coupées, cellules placées en bardeaux (proposée par DZS Solar et Seraphim).

La technologie des bardeaux est principalement utilisée dans les lignes de production de cellules mono-PERC à haute efficacité. Comparée à la technologie demi-coupe, la technologie à bardeaux augmente de 1 à 2 % la puissance de sortie des panneaux et élargit l'écart de puissance en watts avec les modules conventionnels. L'efficacité actuelle du panneau mono-bardeau PERC atteint 385-395 W pour les panneaux à 72 cellules et 310-320 W pour les panneaux à 60 cellules. Cependant, la maturité et le taux de rendement du panneau à bardeaux ne sont pas aussi élevés que ceux de la demi-coupe. Le panneau à bardeaux représente environ 10 % du total des exportations mensuelles de panneaux spéciaux.

Les exportations chinoises de ces panneaux spéciaux ont considérablement augmenté, passant d'un montant mensuel d’environ 100 MW au début de 2018, à 400 MW en octobre et novembre 2018. La proportion mensuelle de panneaux spéciaux dans les exportations totales est passée de 2 à 5 % au début de 2018, à 10 % du total en octobre et novembre. Au début de 2018, seuls quelques marchés (l'Australie, le Brésil, …) acceptaient ces nouveaux produits. Le nombre de marchés a augmenté lentement, s’élargissant au Japon, à l’Espagne, aux Émirats Arabes Unis.

La capacité de production de la demi-coupe augmentera de 20 GW en 2019. La livraison de ces panneaux représentera 15 % de la livraison mondiale de panneaux, devenant l'un des produits grand public.

SunPower et DZS Solar étaient toujours les principaux fournisseurs de panneaux à bardeaux en 2018. Il faut encore que la technologie des bardeaux mûrisse et qu'il n'y ait pas de problème de brevet à l’étranger. C’est pourquoi ces produits sont réservés à la Chine : les expéditions de panneaux à bardeaux en Chine augmenteront de 900 MW en 2018 à 3,5 GW en 2019.

 

https://en.pvinfolink.com/post-view.php?ID=143

PV InfoLink du 30 janvier

NDLR   Ces panneaux spéciaux donnent l’impression qu’on est au terme d’une évolution technologique du silicium cristallin et qu’on ne parvient pas à passer à un nouveau stade. Alors, on chipote, on aménage les cellules, on essaie des positionnements différents. Ceci ne fait pas une nouvelle technologie, mais les fabricants sont satisfaits d’apporter une légère amélioration du taux de conversion.

Sans vouloir présager de l’avenir, les deux technologies qui paraissent porteuses sont celles des couches minces et celles de la pérovskite. La première est redécouverte, la seconde émerge avec ses difficultés techniques. Il faut parvenir à faire un bond dans le taux de conversion

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Que donnent les panneaux solaires en hiver dans la neige ?

La compagnie d'électricité Hydro-Québec va construire deux parcs solaires d'une capacité combinée de 10 MW. Son objectif est de tester comment les centrales solaires se comportent en hiver sous la neige et avec des journées très courtes. Un objectif accessoire est d'analyser la façon dont la compagnie peut absorber l’énergie solaire dans ses lignes de transport et la combiner avec son hydroélectricité.

PV Magazine du 7 janvier

NDLR   On n’a pas fini de chercher comment produire en hiver de l’énergie solaire et comment la conserver en été lorsque la luminosité est très longue.

Rappelons deux expériences annoncées très récemment : en Suisse, en installant des panneaux en montagne (Des installations PV dans les montagnes suisses pour fournir de l'énergie en hiver ) et en Suède en absorbant l’excès d’énergie l’été en la convertissant en hydrogène (En Suède, installation PV pour l'été, hydrogène pour l'hiver )

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LES SOCIÉTÉS
    
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SunPower a lancé la production de panneaux de sa série P

Le fabricant américain SunPower a lancé la production de panneaux de sa série P dans l'usine d'Hillsboro (Oregon, Etats Unis) qui appartenait à SolarWorld. Les premières livraisons auront lieu dans les prochaines semaines.

Photon du 8 février

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SunPower a mis en service une unité de production de 220 MW. Elle produit un panneau ayant un rendement de 19 %. Il est plus volumineux qu'un panneau de 72 cellules et beaucoup moins cher que les autres produits de la société. Il délivre une puissance de 380 à 385 watts. Un panneau de la série P est constitué de tranches de cellules de silicium cristallin disposées en bandes verticales, qui sont ensuite bardées les unes sur les autres. Les cellules sont recouvertes l'une par l'autre, l'adhésif conducteur situé entre les cellules ne présente pas les mêmes problèmes de dilatation thermique que les autres panneaux du marché, avec leurs rubans en cuivre entre les cellules.

La série P est destinée aux installations commerciales et industrielles. Elle bénéficie également de la garantie standard de SunPower de 25 ans.

Quatre autres fabricants sont en train d'édifier une capacité de 3,7 GW aux Etats-Unis : Hanwha Q Cells prévoit 1,6 GW en Géorgie, First Solar construit une usine de 1,2 GW dans l’Ohio, LG prévoit 500 MW en Alabama, et JinkoSolar annonce une usine de 400 MW à Jacksonville, en Floride.

PV Magazine du 8 février

NDLR   Il était temps que SunPower présente un produit ayant un avantage spécifique. Jusqu’à présent, la société fournissait un produit haut de gamme à base d’IBC qui fournissait un rendement de 25 %. Les progrès accomplis par les fabricants chinois dans le rendement des panneaux (monosilicium PERC, …) rendaient les produits de SunPower bien trop chers ou seulement adaptés à des niches.

Il se peut que la modernisation de l’usine de SolarWorld ait permis une augmentation de la productivité et renforce la compétitivité de la société. On le saura vite en consultant les comptes du 2ème trimestre (et encore plus ceux du 3ème trimestre), lorsque l’usine aura monté en cadence et trouvé son rythme de croisière.

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GCL New Energy au bord de la faillite

Le chinois GCL New Energy a d'énormes dettes, 61,3 milliards de RMB (9,09 Mds $) dont 21,4 Mds RMB (3,2 Mds $) à rembourser en juillet 2019. La société propose de vendre à réméré (vente avec contrat de rachat à terme) des centrales solaires d’une puissance de 80 MW, pour un montant de 420 millions de RMB (62 M$). En réalité, il s'agit d'un prêt à court terme déguisé au taux d'intérêt de 2,5 %, assorti d’une garantie sous forme d’actifs solaires.

PV Magazine du 7 février

NDLR   GCL New Energy est en bien mauvaise passe car son choix persistant de rester sur le multicristallin alors que le monocristallin s’impose dans l’univers photovoltaïque l’oblige à réduire ses prix et à limiter ses bénéfices ou à subir des pertes.

 Si en plus, se greffe la nécessité de rembourser une énorme dette en juillet 2019, la situation va se compliquer singulièrement. Les autorités chinoises vont trouver une solution pour franchir cette mauvaise passe, en étalant le remboursement de la dette, en la refinancant, en vendant des actifs. Une faillite serait si dommageable pour l’image de l’ensemble de l’industrie et de l’Etat chinois, que cette hypothèse est exclue

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SMA se lance dans la modernisation des centrales photovoltaïques

SMA se lance dans la modernisation des centrales photovoltaïques. De nombreuses installations anciennes ne répondent plus à toutes les exigences liées à la production d’énergie moderne et ne pourront pas faire face aux défis à venir. Les raisons sont variées : mauvaise qualité, technologies obsolètes, entretien insuffisant ou encore pièces de rechange indisponibles. Certains fabricants se sont également retirés du marché du photovoltaïque.

SMA propose des solutions personnalisées pour moderniser les centrales photovoltaïques du monde entier et fait pour cela appel à des composants matériels de dernière génération et des solutions logicielles modernes ainsi qu’à des prestations de service et de maintenance améliorées.

Plein Soleil du 1er février

NDLR    L'activité historique de SMA est de construire des onduleurs en grande série. Il vient de lancer une activité de détail et de sur-mesure, pour un secteur éloigné de son activité de base, les centrales photovoltaïques.

Il est certain que les centrales solaires ont vieilli et doivent être rééquipées et modernisées. Il y a un marché qui est une activité de service et non de production

On ne voit pas bien comment SMA va pouvoir s'installer sur cette activité.

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Meyer Burger cède encore une activité

Meyer Burger cède son activité de fabrication de plaquettes à l'américain Precision Surfacing Solutions pour 50 M FS (49 M$), ce qui correspond à une fois le chiffre d'affaires de cette activité. Seront également transférés à PSS, une partie importante des installations de production actuelles de Meyer Burger à Thoune, ainsi qu’une centaine d’employés appartenant au portefeuille de technologies de fabrication de wafering à Thoune et les centres de services correspondants dans le monde entier.

Meyer Burger veut se recentrer sur les technologies de revêtement de cellules photovoltaïques et de connexion de panneaux.

PSS emploie 900 personnes dans treize usines réparties sur trois continents. PSS poursuivra les activités de développement de produits. La production de plaquettes restera en Chine.

Le site de fabrication de Thoune appartient à Meyer Burger mais est désormais loué à PSS et Swiss 3S Solar Plus, lequel a acheté l'activité Systèmes Solaires de Meyer Burger en mai 2018.

Photon du 8 février

NDLR   L’opération de recentrage de la société ne doit pas surprendre tant elle était déficitaire même en période de forts investissements de ses clients : les chinois ont édifié une industrie de production d’équipement photovoltaïque, ce qui assèche les commandes aux fournisseurs occidentaux. La société a déjà migré vers la Chine pour être près de ses clients. Est-ce que cela sera suffisant ?

Les équipementiers ont la nécessité de prévoir l’évolution de la technologie et de préparer les équipements. Au risque de se tromper dans l’évolution ! Dans le cas de Meyer Burger, il y a aussi la difficulté de se faire accepter en Chine par la filière photovoltaïque chinoise qui préfère travailler avec d’autres équipementiers chinois. Pour survivre, il lui faut être meilleur que les équipementiers chinois. Est-ce possible ? Est-ce durable ?
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DIVERS
      
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L'électricité est-elle l'énergie du futur ?

La plupart des scénarios, notamment ceux de l’Agence Internationale de l’Energie, « prévoient » une forte croissance de la demande mondiale d’électricité à l’horizon 2040-2050, mais la plupart des pays hésitent sur les stratégies à suivre.

L'AIE a envisagé deux scénarios avec, dans les deux cas, une nette hausse de la production d'énergies renouvelables :

1°) La croissance de la demande d'énergie primaire serait de 25 % dans une optique faiblement volontariste. La part des énergies fossiles reviendrait de 81 % en 2017, à 74 % avec une forte hausse de la demande de gaz. Les émissions de CO2 s'accroîtraient de 10 %. La consommation finale d'électricité croîtrait au rythme de 2,1 % par an.

2°) Dans une optique de développement durable, la demande d'énergie diminuerait légèrement. La part des énergies fossiles reviendrait de 81 % en 2017, à 60 %, limitant les émissions de CO2 et permettant de respecter le réchauffement climatique. La consommation finale d'électricité croîtrait à un faible rythme.

Dans un troisième scénario plus volontariste pour développer l'électricité, sa part monterait à 31 % dans la consommation finale. La mobilité électrique serait largement favorisée. La part des renouvelables (y compris l’hydraulique) passerait de 25 % en 2017 à 41 % en 2040 dans ce scénario. La part de la filière nucléaire se maintiendrait à 10 % sur toute la période, avec l'éolien à 12 % et le solaire à 9 %.

Les problèmes à venir sont l'électrification de l'Afrique qui serait loin d'être complète et l'intermittence des EnR car le système électrique impose d'être opérationnel 24h / 24h, notamment aux heures de pointe. Il faut prévoir une puissance de réserve actuellement fournie par les barrages mais qui devra être renforcée par des batteries.

En France, les énergies renouvelables assureraient 40 % de la production d'électricité en 2030 avec une puissance installée de 102 à 113 GW en 2028 (2 fois celle de 2018). Il y aurait ainsi un doublement des installations exigeant de gros investissements, entrainant une hausse du prix du kilowattheure.

L'Ademe, dans ses projections à horizon 2060, estime que le MWh pourrait être livré aux consommateurs à environ 90 €, avec un coût de production inférieur à 80 € / MWh dès 2050. Le coût du MWh produit par les EPR coûterait 85 € (70 € en cas de plusieurs EPR construits), mais avec un surcoût de la filière nucléaire de 39 Mds €. Ces estimations sont proches de celles de l'AIE, mais nettement inférieures aux évaluations du MIT.

Surtout de nombreuses zones d'incertitudes persistent sur l'avenir de l'électricité : elles proviennent de l'émergence des véhicules électriques qui pourraient déstabiliser la production par une recharge des batteries aux heures de pointe, et qui impose la réalisation d'une infrastructure pour la recharge rapide. De même, la dimension industrielle de la filière électrique est rarement prise en compte : quelles stratégies pour les filières de production, le stockage (notamment les batteries), l’approvisionnement en métaux « critiques » ? Quelle politique de recherche ?

Beaucoup de questions restent encore sans réponse.

https://www.lemondedelenergie.com/electricite-energie-futur/2019/01/22/

Le Monde de l'Energie du 22 janvier

NDLR  Si on ne veut pas utiliser les combustibles fossiles et si la population craint le nucléaire, il ne reste plus que l'électricité comme énergie d'avenir. Il est certain que l'émergence de cette énergie aura des répercussions sur le mode de vie, sur l'organisation industrielle, sur l’humanité. Elle transformera le paysage économique. Examiner à horizon de trente ans ce qui se passera, revient à regarder les boules de cristal. En effet, à horizon de cinq ans, quelles seront les répercussions des achats d'électricité en direct lorsque de grandes entreprises auront multiplié de tels contrats. Quelle sera la réaction d'EDF ? Quels seront les nouveaux acteurs ? On ne peut être certain que d'une chose, les énergies renouvelables n'ont pas fini de se développer, de réduire le coût de l'énergie, de changer les relations internationales autrefois basées sur le pétrole. Ce qui reste à faire est à utiliser les technologies modernes et à constater ce que cela transformera.

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L'avenir des EnR passe-t-il par des réseaux transnationaux ou par l'indépendance ?

Quel sera l’avenir ? Y aura-t-il des super-réseaux transnationaux ou des Etats en quête d’indépendance énergétique ?

Le responsable du Centre pour la Recherche Energétique à l’institut norvégien des Affaires Internationales a estimé que le choix serait dicté par la compétitivité des technologies de stockage.

L’intermittence de la production des énergies renouvelables incite les régions à s’associer dans des super-réseaux afin de lisser la détention d’EnR. Il y aura échange entre les régions excédentaires et celles qui manquent d’énergie. Lorsque le soleil ne brillera pas et quand le vent sera réduit, il faudra faire venir l’énergie d’autres régions plus favorisées. L’intermittence oblige à une coopération internationale, créant des supers-réseaux électriques transrégionaux.

A l’inverse, la baisse des coûts des technologies photovoltaïques, éoliennes ou autres … peut inciter certains pays à rechercher leur indépendance énergétique et devenir des Etats autonomes énergétiquement, avec une connexion partielle ou inexistante avec ses voisins. « Les avantages de devenir un État prosommateur sont potentiellement énormes : améliorer la balance commerciale, créer des emplois à la maison, créer des opportunités de développement pour les technologies et les entreprises locales, réduire la pollution locale et les émissions de gaz à effet de serre, renforcer la sécurité énergétique et la dépendance vis-à-vis des exportateurs autoritaristes et instables de combustibles fossiles »

Il n’y aura pas nécessairement de conflits entre ces deux comportements

Le stockage constituera l'élément déterminant dans le choix de l'un ou l'autre de ces comportements : pour qu'un Etat puisse être indépendant, il lui faut une capacité de stockage. Or là, des études ont encours mais rien n'a encore émergé.

Pour le moment, l'Europe est bien mal interconnectée : même le nord et le sud de l'Allemagne ne disposent pas d'interconnexions électriques suffisantes. Logiquement, l’Afrique du Nord devrait être dans un rôle de fournisseuse, car elle dispose d’un ensoleillement et d’un espace abondants et se situe près de l’Europe. Le super-réseau européen doit inclure les Etats non membres de l'Union Européenne afin de mutualiser les ressources et les besoins.

Concernant les Etats-Unis, le besoin de super-réseaux n'est pas indispensable du fait de la taille du pays. En Amérique du Sud, la coopération énergétique devrait se réaliser le long d'un axe est-ouest, car le soleil et le vent sont présents à des moments différents de la journée (ce ne serait pas le cas si la coopération se faisait nord-sud).

Les futurs échanges transfrontaliers d’énergie solaire et éolienne pourraient impliquer des relations plus symétriques entre les pays consommateurs que le modèle actuel, unidirectionnel de gaz et de marché de l’électricité. Comme la plupart des pays seraient à la fois exportateurs et importateurs d'énergie, ils seraient mutuellement dépendants et les relations de pouvoir à sens unique et les dépendances seraient moins nombreuses. Cela pourrait réduire les conflits.

En revanche, un seul réseau mondial pourrait être possible ; ce serait un acte symbolique mais il serait très coûteux

PV Magazine du 7 février

NDLR   La Commission Européenne a tranché en faveur d’une intégration énergétique en établissant des interconnexions entre les Etats membres. C’est un autre moyen de créer une unité en Europe.

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Nouvelle approche pour mesurer le potentiel solaire des zones urbaines

Des hollandais proposent une nouvelle approche pour mesurer le potentiel solaire des zones urbaines. Elle repose sur deux paramètres modélisés par rapport à la ligne d'horizon : la vue du ciel, c’est à dire le rapport entre le ciel visible et un hémisphère centré sur l'emplacement analysé ; il détermine un indicateur spatial urbain utile pour le rayonnement et l'environnement thermique ; et la couverture solaire, qui détermine l'irradiation par la lumière directe du soleil. Ces deux paramètres peuvent être facilement et rapidement obtenus à partir du profil Skyline.

Selon les chercheurs, l'erreur maximale d'estimation du modèle est inférieure à 10 % et le système offre également une réduction substantielle des besoins en calcul nécessaires à la détermination du rendement des systèmes photovoltaïques dans des environnements urbains complexes.

Le modèle est applicable à toutes les latitudes, car il incorpore cinq coefficients qui dépendent du climat local.

https://www.pv-magazine.com/2019/02/05/dutch-researchers-propose-new-approach-to-measure-solar-potential-of-urban-areas/

PV Magazine du 5 février

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le Fil de la Semaine n°263 du 11 février

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