L R AS Publié le dimanche 10 février 2019 - n° 263 - Catégories : divers USA

Les administrations paraissent toujours trop conservatrices

Les perspectives de croissance des énergies renouvelables envisagées par l'Administration américaine de l'Energie (EIA) sont particulièrement conservatrices. Ainsi, il n'y aurait pratiquement aucune croissance de l'énergie éolienne en 2019 ! En revanche, l'l'EIA soulignait abondamment que les Etats-Unis allaient augmenter leur production de pétrole et de gaz naturel et seraient un exportateur net d'énergie en 2020.

Selon de nombreux experts de l'énergie, les prévisions du gouvernement sont trop conservatrices et ne reflètent pas l'évolution de l'éolien, du solaire ou encore des véhicules électriques.

L'EIA estime que la production d'énergie solaire à grande échelle augmenterait de 10 % en 2019 et de 17 % en 2020. L'énergie éolienne augmenterait de 12 % et de 14 % au cours des deux prochaines années, respectivement. Ce serait la conséquence des crédits d'impôts fédéraux qui vont expirer dans quelques années. Ainsi, l'EIA considère que la croissance actuelle des EnR provient d'avantages fiscaux, alors que d'autres experts expliquent la croissance des EnR pour réduire les émissions de carbone et pour améliorer la compétitivité des entreprises. L’EIA ne tient pas compte des énormes projets d'éolien en mer.

Pour les experts, ces prévisions conservatrices posent problème, car elles pourraient biaiser les estimations de coûts liées à la recherche de technologies énergétiques propres lors des débats politiques. Elles empêchent de constituer des outils d'aide à la décision pour refléter les principaux changements intervenus dans les forces technico-économiques de chaque secteur

Conclusion de certains experts : l'EIA a eu du mal à suivre les réductions de coûts considérables de l’ordre de 60 à 75 % au cours de la dernière décennie dans l'éolien et le solaire.

GreenTech Media du 1er février

NDLR  On a le même phénomène en France : les administrations publiques paraissent en retard sur l’évolution du monde et ne comprennent pas ce qui se passe. On l’a bien vu avec la programmation pluriannuelle de l’énergie où les rédacteurs ne comprennent pas ce qui se passe, comment évoluent les différentes énergies, comment se dessine le futur. Alors, les administrations ne font que prolonger l’évolution récente, ce qui évite d’avoir des contradicteurs. On ne reprochera rien à celui qui n’a fait que prolonger la tendance du passé, alors que la sortie de cette tendance amènerait à des contestations sur le rythme du changement…

De même qu’aux Etats Unis, l’irruption des énergies renouvelables provient de la base, de la population, des acteurs économiques qui perçoivent mieux le sens de l’évolution que les administrations, et qui imposeront un changement profond par des décisions individuelles. Ceci passe par les contrats d’achat des entreprises, par la volonté des populations de passer plus ou moins rapidement à 50 % d’énergies renouvelables, par le choix d’un système solaire + batterie ou d’un véhicule électrique ou hybride. La mutation s’effectue par la base. Les autorités politiques sont alors obligées de suivre. Cela devrait être le contraire.

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