L R AS Publié le dimanche 10 février 2019 - n° 263 - Catégories : divers filière

L'avenir des EnR passe-t-il par des réseaux transnationaux ou par l'indépendance ?

Quel sera l’avenir ? Y aura-t-il des super-réseaux transnationaux ou des Etats en quête d’indépendance énergétique ?

Le responsable du Centre pour la Recherche Energétique à l’institut norvégien des Affaires Internationales a estimé que le choix serait dicté par

la compétitivité des technologies de stockage.

L’intermittence de la production des énergies renouvelables incite les régions à s’associer dans des super-réseaux afin de lisser la détention d’EnR. Il y aura échange entre les régions excédentaires et celles qui manquent d’énergie. Lorsque le soleil ne brillera pas et quand le vent sera réduit, il faudra faire venir l’énergie d’autres régions plus favorisées. L’intermittence oblige à une coopération internationale, créant des supers-réseaux électriques transrégionaux.

A l’inverse, la baisse des coûts des technologies photovoltaïques, éoliennes ou autres … peut inciter certains pays à rechercher leur indépendance énergétique et devenir des Etats autonomes énergétiquement, avec une connexion partielle ou inexistante avec ses voisins. « Les avantages de devenir un État prosommateur sont potentiellement énormes : améliorer la balance commerciale, créer des emplois à la maison, créer des opportunités de développement pour les technologies et les entreprises locales, réduire la pollution locale et les émissions de gaz à effet de serre, renforcer la sécurité énergétique et diminuer la dépendance vis-à-vis des exportateurs autoritaristes et instables de combustibles fossiles »

Il n’y aura pas nécessairement de conflits entre ces deux comportements

Le stockage constituera l'élément déterminant dans le choix de l'un ou l'autre de ces comportements : pour qu'un Etat puisse être indépendant, il lui faut une capacité de stockage. Or là, des études ont en cours, mais rien n'a encore émergé.

Pour le moment, l'Europe est bien mal interconnectée : même le nord et le sud de l'Allemagne ne disposent pas d'interconnexions électriques suffisantes. Logiquement, l’Afrique du Nord devrait être dans un rôle de fournisseuse, car elle dispose d’un ensoleillement et d’un espace abondants et se situe près de l’Europe. Le super-réseau européen doit inclure les Etats non membres de l'Union Européenne afin de mutualiser les ressources et les besoins.

Concernant les Etats-Unis, le besoin de super-réseaux n'est pas indispensable du fait de la taille du pays. En Amérique du Sud, la coopération énergétique devrait se réaliser le long d'un axe est-ouest, car le soleil et le vent sont présents à des moments différents de la journée (ce ne serait pas le cas si la coopération se faisait nord-sud).

Les futurs échanges transfrontaliers d’énergie solaire et éolienne pourraient impliquer des relations plus symétriques entre les pays consommateurs que le modèle actuel, unidirectionnel de gaz et de marché de l’électricité. Comme la plupart des pays seraient à la fois exportateurs et importateurs d'énergie, ils seraient mutuellement dépendants et les relations de pouvoir à sens unique et les dépendances seraient moins nombreuses. Cela pourrait réduire les conflits.

En revanche, un seul réseau mondial pourrait être possible ; ce serait un acte symbolique mais il serait très coûteux

PV Magazine du 7 février

NDLR   La Commission Européenne a tranché en faveur d’une intégration énergétique en établissant des interconnexions entre les Etats membres. C’est un autre moyen de créer une unité en Europe.

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