L R AS Publié le lundi 08 octobre 2018 - n° 250 - Catégories : divers autour du PV

La demande d’énergie dans les maisons américaines est plus flexible qu’on ne l’imaginait

Pendant longtemps, la demande en électricité a été considérée comme relativement inerte, avec une consommation fixe à différents moments de la journée, avec une pointe en fin de journée lors du retour des habitants chez eux.

Les compagnies d'électricité, les entrepreneurs et surtout les consommateurs estiment désormais

possible d'avoir une demande flexible. C'est ce qui ressort de l'étude de Wood Mackenzie (ex-GTM). Ceci aiderait à injecter davantage d'énergies renouvelables dans le réseau

Actuellement une flexibilité de 37 GW est constatée dans le secteur résidentiel. Elle pourrait atteindre 88 GW (deux fois plus) d'ici 2023. C’est à comparer aux 1.184 GW de centrales en exploitation aux Etats-Unis en mars 2018. Certaines de ces installations sont des réserves et ne fonctionnent pas tout le temps : la flexibilité représente 3,1 % de la capacité actuelle de production et atteindraient 7 % en 2023 (si la capacité ne varie pas). On constate que cette demande d'énergie est à la marge. Or ce sont les pics qui posent des problèmes d'alimentation aux opérateurs de réseau. C'est ce qui nécessite la construction de centrales qui ne servent que pendant une période limitée de temps.

La production éolienne ou solaire intervient au moment où on pourrait ne pas en avoir besoin. Il faut alors déplacer la production, ce qui a un effet considérable.

L'évolution de 37 GW à 88 GW viendrait de l'installation progressive d'appareils intelligents, de stockage domestique, de véhicules électriques… On en a quelques exemples avec l'autorisation de l'opérateur de réseau en Californie d'installer des batteries chez l'utilisateur qui se rechargeraient en l'énergie lors des périodes de prix de gros négatifs. En Arizona, trois programmes de sensibilisation des habitants ont été lancés pour inciter les habitants à utiliser l'énergie aux périodes où l'électricité est la moins chère pour les climatiseurs, les batteries et les chauffe-eaux.

Wood Mackenzie estime que ces initiatives vont se développer au cours des prochaines années. Surtout l'impact sur le réseau sera différent selon les appareils concernés (batteries, thermostats intelligents...). Ce qui est certain, c'est que les appareils et le réseau sont en train de changer. Il sera impossible de revenir en arrière.

PV Magazine du 5 octobre

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