L R AS Publié le lundi 28 mai 2018 - n° 235 - Catégories : prévisions, les EnR

L'EPFL a évalué l'impact économique des énergies renouvelables

L'Ecole Polytechnique de Lausanne a évalué l'impact économique des énergies renouvelables et des mesures d'efficacité énergétique en Suisse à horizon 2050.

S'il y avait poursuite de la politique actuelle, l'indépendance énergétique de la Suisse atteindrait 26 %

Le déploiement des énergies renouvelables disponibles localement

(solaire, éolien, hydraulique, bois, etc.), combiné à l’amélioration de la performance des véhicules et des bâtiments, engendre une forte baisse des importations des combustibles fossiles (le mazout, l’essence, le diesel, le gaz naturel). Le niveau d’indépendance énergétique passerait ainsi de 26 % aujourd'hui à environ 72 % en 2050

Autre conséquence, l'efficacité énergétique est créatrice d'emplois : le nombre d’emplois en Suisse dans les secteurs liés à l’énergie serait environ 35 % plus élevé dans le scénario « nouvelle politique énergétique » que dans les deux autres scénarios. Le secteur des transports bénéficie d’une augmentation des emplois, grâce à un transfert modal en faveur du transport public. En revanche, une baisse des emplois dans le secteur automobile est attendue en lien avec le déploiement des véhicules électriques, qui nécessitent nettement moins de maintenance que les voitures à essence.

Ces résultats sont basés sur une approche sectorielle pour les activités directement liées à la production et à la distribution d’énergie. L’estimation des emplois induits par la transition énergétique se base sur une approche de « matrices entrée-sortie » et prend en compte les impacts structurels sur l’économie aux prix actuels de l’énergie.

Les coûts annuels du futur système énergétique sont estimés à environ 24 milliards de francs par an (hors taxes), indépendamment du scénario choisi. Ces chiffres incluent le coût des infrastructures (réseaux, unités de production, etc.), les coûts liés aux mesures d’efficacité énergétique, ainsi que le coût des importations des combustibles fossiles (produits pétroliers, gaz naturel, électricité).

Les différences de coûts entre les scénarios étudiés sont inférieures à 10 % (voir figure 3), ce qui, compte tenu de la marge d'incertitude, ne permet pas d'affirmer qu'une option est plus chère que l'autre. Les scénarios qui dépendent des ressources fossiles présentent néanmoins une plus grande incertitude sur leur coût futur, car ils sont soumis aux prix du pétrole et du gaz dont l’évolution à long terme est plus difficile à prédire que celui des technologies.

« Ce résultat n’est pas vraiment surprenant, analyse le professeur François Maréchal du laboratoire IPESE. Les énergies renouvelables couplées à l’efficacité énergétique engendrent certes un surcoût des investissements, mais ceux-ci sont compensés par une baisse de la facture d’importation des carburants et combustibles. En outre, les énergies renouvelables (notamment le solaire photovoltaïque) et les solutions d’efficacité énergétique (véhicules électriques, etc.) seront de moins en moins coûteuses. »

https://actu.epfl.ch/news/l-epfl-evalue-l-impact-economique-de-trois-scenari/

EPFL du 24 mai

S'inscrire à la newsletter "Le Fil de l'Actu"