L R AS Publié le dimanche 15 avril 2018 - n° 229 - Catégories : véhicules élec

Et si la généralisation du véhicule électrique était un mirage ?

Tout le monde parle de véhicules électriques et de leur déploiement prochain. Les Echos s'interrogent sur la capacité à les mettre sur les routes, soulignant l'existence de trois obstacles : 1°) le premier est lié au

prix des composants des batteries. Le lithium a triplé en trois ans, le cobalt a plus que doublé en 2017. Si l'industrie est capable de produire des batteries pour 1,2 million de véhicules électriques ou hybrides comme actuellement, il faudra des investissements colossaux pour multiplier l'offre par dix, ou par soixante si on veut électrifier toute la production.

Le cobalt et le lithium ont deux caractéristiques défavorables : a°) les ressources ne sont pas infinies. Avec ce qui est accessible, il y a suffisamment de produits pour équiper le parc mondial une ou deux fois mais pas au-delà. b°) Leur production consomme beaucoup d'énergie, tout comme leur recyclage. Ainsi, un véhicule électrique qui roulera 200.000 kilomètres, aura émis 50 grammes de CO2 au kilomètre, avant même d'avoir roulé le premier mètre (toute réduction de ce kilométrage, augmenterait la proportion de CO2 produite !). Pour réduire les émissions de CO2, il faut que l'énergie employée pour produire la batterie soit elle-même décarbonée !

2°) La charge d'une batterie exige une énorme quantité d'électricité. Un exemple : pour charger 1 % du parc français de véhicules pendant la nuit, il faut pratiquement la production d'une tranche de nucléaire. Comme la nuit, le soleil ne brille pas et que le vent souvent est tombé, il faudra construire de nouvelles centrales nucléaires ou carbonées ! Par exemple, avec le mix énergétique chinois, le véhicule Tesla émet davantage de CO2 qu'une bonne vieille voiture à essence en calculant l’ensemble de l’énergie pour la produire.

3°) Le troisième obstacle est le transport de cette électricité. Un dépôt de 200 bus à charger demande la puissance de 50 immeubles de cinq étages. Il faudra installer des fils aériens ou creuser pour les enfouillir.

Ces trois obstacles peuvent être solutionnés comme on le voit pour le pétrole de schiste. On travaille sur d'autres électrodes ou d'autres électrolytes ... On peut davantage utiliser l'énergie solaire pour monter de l'eau qui, en redescendant dans des turbines, fournira de l'électricité... On peut mieux utiliser l'énergie durant la journée, …

Pour l'auteur, « compte tenu de l'ampleur des investissements à faire, des défis techniques à surmonter, du temps pour mettre au point les nouvelles technologies, le véhicule électrique restera longtemps une niche ». Faut-il même parler de mirage ?

Les Echos du 12 avril

 

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