L R AS Publié le lundi 12 mars 2018 - n° 224 - Catégories : le Fil de la Semaine

Le Fil de l'Actu n°224 du 12 mars 2018

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE (le Fil de l'Actu n°224 du 12 mars)
Les articles marqués d'une étoile sont en accès libre

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FRANCE
    *  Vue d'ensemble du résultat des appels d'offres 2017 : détail des sociétés ayant les propositions les plus faibles .    
    *  Le cadre réglementaire des installations avec stockage
    *  Engie en 2017
    *  Engie se renforce sur le créneau des installations commerciales américaines
    *  Neoen construit un électrolyseur à hydrogène en Australie *
    *  Engie et Suez s'associent pour installer des parcs photovoltaïques en France *
    *  20 femmes d’influence dans les énergies renouvelables *

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LA FILIÈRE
    *  Les prix du 7 mars
    *  Présentation de la pérovskite
    *  Y aura-t-il une forte émergence des chaines de blocs d'énergie en 2018 ?
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LE MONDE
    *  La moitié de la demande d'électricité fournie par le solaire en Californie .
    *  Triplement du stockage en 2018 sur 2017 aux Etats Unis *
   
Les autorités chinoises ont instauré des normes industrielles plus strictes
    *  Trop de centrales PV non subventionnées veulent être construites au Portugal !
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LES PRODUITS
    *  Et si la diffusion des véhicules électriques était reportée de plusieurs années ?
    *  Les présentations marquantes au salon Européen du Stockage
 
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LES SOCIÉTÉS
    *  Bosch s'incline devant la supériorité des batteries asiatiques
    *  Profonde réorganisation industrielle entre les allemands E.On et RWE
    *  Sungrow devient le n°1 mondial des onduleurs *
    *  GCL SI en 2017 *
    *  Manz est bénéficiaire en exploitation en 2017
    *  Les sociétés minières veulent de plus en plus profiter de la filière industrielle des batteries
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DIVERS
    *  Une batterie à protons pour le stockage de l'énergie *
    *  Produire d'électricité par le soleil et aussi en utilisant la pluie   

 
    LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

FRANCE
    *  Vue d'ensemble du résultat des appels d'offres 2017 : détail des sociétés ayant les propositions les plus faibles

Finergreen a réuni le résultat des différents appels d'offres intervenus durant l'année 2017, afin de présenter une vue d'ensemble des lauréats et des résultats des AO. Ce regroupement permet de percevoir les sociétés ayant le plus de persévérance dans les réponses aux appels d'offres mais aussi celles qui proposent les prix les plus bas de façon constante. D'où l'intérêt de ce regroupement. De nombreux graphiques sont disponibles sur le site. Nous ne présentons que le graphique récapitulatif

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    *  Le cadre réglementaire des installations avec stockage

le stockage est considéré par le gestionnaire de réseau comme :

    un consommateur, lorsqu’il se charge en soutirant de l’électricité du réseau

    un producteur, lorsqu’il se décharge en injectant de l’électricité sur le réseau

 

Plusieurs textes réglementaires encadrent ce double statut.

Obligation d’achat

L’arrêté tarifaire du 9 mai 2017 donne la possibilité que l’installation de production soit couplée avec un dispositif de stockage, sous réserve de la mise en place d’ "un dispositif technique permettant de garantir que l’énergie stockée provient exclusivement de l’installation de production".

Ainsi, le dispositif de stockage ne peut être chargé que par l’installation photovoltaïque : aucune puissance soutirée du réseau ne doit servir à charger la batterie. Il peut par contre se décharger pour alimenter l’installation intérieure et/ou injecter sur le réseau public.

Autoconsommation collective L’article D.315-5 du code de l’énergie précise que :

    Lorsque l’opération d’autoconsommation [collective] comprend une unité de stockage de l’électricité produite dans ce cadre,

    - les quantités stockées par cette installation sont considérées comme celles d’un consommateur final de l’opération et

    - les quantités déstockées comme celles d’un producteur de l’opération.

Dans ce cas, il est possible que le stockage soit chargé par de l’électricité soutirée du réseau, si l’unité de stockage est déclarée comme une installation de consommation (voir conditions de raccordement ci-dessous).

Conditions de raccordement au réseau géré par Enedis : Enedis a publié une note qui reprend clairement les différents cas de demande de raccordement d’une installation avec stockage, selon les domaines de puissance et/ou les fonctionnalités stockage/déstockage mises en oeuvre :

Conditions de raccordement des installations avec stockage

Attestation CONSUEL : le Consuel prévoit depuis novembre 2016 une attestation et un dossier technique spécifiques aux installations avec le stockage : les attestations de conformité et les dossiers techniques du Consuel

Photovoltaïque Info du 7 mars .
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    *  Engie en 2017

En 2017, le groupe Engie a réalisé un chiffre d'affaires de 65 milliards d'euros, en croissance de 0,3 % et en croissance organique (à structure identique) de 1,7 % par rapport à 2016. L'EBE à 9,3 Mds€ est en recul de 1,8 % et en croissance organique de 5,3 %. Le résultat opérationnel courant s’établit à 5,3 Mds € (- 6 % et + 5 % à structure identique). Le bénéfice net récurrent part du groupe atteint 2,6 Mds €. Le résultat net part du groupe atteint 1,4 Md € (contre une perte de 0,4 Md €).

A fin 2017, le groupe a cédé 13,2 milliards d’euros de cessions d’actifs (soit près de 90 % du programme de 15 milliards d’euros d’impact dette nette au cours de la période 2016-2018). Il a réalisé 13,9 milliards d’euros d’investissements dans des activités rentables aux perspectives attractives de croissance, tout en réalisant plus d’un milliard d’euros d’économies.

Pour 2018, ENGIE prévoit un résultat net récurrent part du groupe, hors E&P et GNL, compris entre 2,45 et 2,65 milliards d’euros, soit une hausse de 8 % par rapport à 2017.

Engie du 8 mars
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    *  Engie se renforce sur le créneau des installations commerciales américaines

Le groupe Engie acquiert l'américain SoCore, situé à Chicago SoCore possède 150 mégawatts de projets en cours ou en construction et 170 mégawatts en phase avancée de développement. Environ 70 % du pipeline d'exploitation de SoCore est commercial. Ceci fera passer Engie du 8ème rang en tant que propriétaire d'actifs solaires commerciaux au troisième trimestre 2017 à la 5ème à fin 2017.

Engie tente de s'impliquer dans les premières étapes de la chaîne de valeur du développement solaire commercial. Cela permet de réduire les coûts de transaction et les longues étapes de diligence raisonnable nécessaires pour un projet commercial donné. SoCore apporte à Engie une expérience dans le solaire municipal, coopératif et communautaire.

En 2017, le marché des coopératives et des municipalités représentait 21% des ajouts de capacité cumulative, et en 2018, ces ajouts sont en voie d'atteindre 18%. Investir dans SoCore et OpTerra permet à Engie de garder en vue ces segments en croissance du marché. SoCore a également des projets de stockage solaires plus en développement.

L'énergie solaire commerciale, bien qu'elle soit une part croissante du marché, est traditionnellement à la traîne par rapport aux autres secteurs de l'énergie solaire, en partie en raison du financement et des longs délais de développement. Mais Davis a dit que cela change avec plus de développeurs qui cherchent à entrer dans l'espace, ce qui signifie Engie fait partie d'une marée montante.

«Un grand nombre de propriétaires et de promoteurs d'actifs ont récemment été attirés par le secteur commercial parce qu'il offre des rendements supérieurs à ceux du segment des services publics et résidentiels, où les marges ont été déprimées par la concurrence»

GreenTech Media du 5 mars
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     *   Neoen construit un électrolyseur à hydrogène en Australie

En Australie Méridionale, le français Neoen a commencé le développement d'un électrolyseur à hydrogène situé à côté d'une centrale éolienne de 150 MW et d'une ferme solaire de 150 MW, avec une capacité de stockage de 400 MW. Il est prévu que cette installation d'hydrogène de 50 MW produise 20 tonnes par an. Le coût pour Neoen pourrait aller jusqu'à 600 M $ (probablement dollars australiens). Neoen a reçu différentes subventions.

PV Magazine du 9 mars
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    *   Engie et Suez s'associent pour installer des parcs photovoltaïques en France

Engie et Suez s'associent pour installer des parcs photovoltaïques sur tous les centres de recyclage et de récupérations de déchets de France. Une centaine de sites sont concernés. Ils ont une capacité de 1 GW. Une première centrale sera construite à Drambon (Côte d'Or). Engie a déjà installé 0,9 GW solaire et 1,8 GW éolien en France à fin 2017.

A l’occasion de la journée internationale de la femme, Greensolver en partenariat avec GreenUnivers ont établi le palmarès 2018 : une présentation biographique de chacune de ces personnalités est disponible à :

https://www.greenunivers.com/2018/03/palmares-2018-20-femmes-dinfluence-energies-renouvelables-177339/

Top 3

Stéphanie Andrieu - Urbasolar • Directrice générale

Isabelle Kocher - Engie • Directrice générale

Michèle Pappalardo - Directrice du cabinet de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire

Entreprises :

Elisabeth Ayrault - Présidente du directoire et présidente directrice générale • Compagnie Nationale du Rhône

Alessandra Brioschi - ERG Eolienne France • Business development director

Fabienne Demol - Eren • Executive vice-president/Global Head of Business Development

Catherine Soler - Valeco • DAF

Anne-Catherine de Tourtier - Nordex France • Présidente

Sphère institutionnelle :

Hélène Demaegdt - Synergie Solaire • Présidente

Florence Lambert - CEA-Liten • CEO

Pauline Le Bertre - France Énergie Éolienne • Déléguée générale

Marion Lettry - Syndicat des énergies renouvelables • Déléguée générale adjointe

Katinka Rambert - Fondation Akuo • Responsable

Virginie Schwarz - DGEC • Directrice de l’énergie

Services :

Hélène Gelas - LPA-CGR Avocats • Avocate

Sophie Paturle-Guesnerot - Demeter • Managing Partner

Patricia Piriou - Triodos Finance • Directrice générale

Jeunes entreprises :

Charlotte Aubin - GreenWish Partners • Chief executive officer

Ondine Suavet - MyLight Systems • DG et co-fondatrice

Laure Verhaeghe - Lendosphere • Co-fondatrice et directrice générale

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LA FILIÈRE
    *  Les prix du 7 mars

Un ralentissement de la baisse des prix dans la filière se manifeste.  Certains fabricants de silicium se préparent à l’entretien de leurs fours. Après le nouvel an chinois, il n’y avait que de mauvaises nouvelles dans la filière : des rumeurs faisaient état d’une baisse de la subvention chinoise, d’une révision en baisse du prix de soumission pour le programme les Meilleurs, et de la poursuite de la baisse du prix du silicium.

 Le silicium : certains opérateurs ont envisagé un recul du prix du silicium jusqu’à 100 RMB le kg, alors que son prix est déjà tombé à 120 RMB cette semaine. Les fabricants de silicium ont conclu un accord de réserve, ce qui a atténué la baisse des prix cette semaine. Pourtant, il n’y a pas eu de rebond des prix et il n’y a pas eu de ruée de la demande : les cours se sont stabilisés. Certains fabricants envisagent de profiter de cette période pour entamer la maintenance des fours, en mars et en avril.

 Les cellules : les professionnels s’attendent à une reprise de la demande en Europe. Il y aura aussi une demande soutenue à Taïwan pour réaliser le projet PV avant le 30 juin. Dès lors, la demande de cellules monosilicium PERC sera soutenue et les prix resteront stables.

 Les panneaux : le demande n’a pas encore rebondi, faisant s’effriter le prix des panneaux mais moins qu’auparavant. Après la ruée des installations 630 en Chine, une amélioration est attendue dans les prix.

EnergyTrend du 8 mars

Voir les prix de chaque catégorie de la filière sur le site, en cliquant sur le titre .
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    *  Présentation de la pérovskite

Le professeur Mohammad Nazeeruddin ne travaille que sur la pérovskite à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne). La formule de ce produit est très simple : en le combinant avec un seul autre élément, on produit une cellule solaire dont l’efficacité est comparable à celle des cellules au silicium, mais avec un coût de production bien plus faible.

La pérovskite est bien moins chère à produire car il suffit de mélanger deux éléments à une température n'excédant pas 100 °C, alors que le silicium doit être fondu à haute température (1.400 °C).

Les cellules à la pérovskite pourront être commercialisées d'ici trois ans. Leur efficacité et leur stabilité ont été prouvées. Ceci doit maintenant être validé en extérieur grâce à une installation pilote de 1.000 m², que l’EPFL va tester en condition réelle de climat et de températures. Lorsque ce prototype sera prêt et que la technologie aura été validée en conditions extérieures, la production de masse sous licence pourra commencer. Pour récupérer l’énergie que nous utilisons à produire les cellules à la pérovskite, six mois suffisent, alors que pour récupérer l’énergie utilisée à produire des cellules en silicium, il faut entre deux ans et demi et trois ans.

La production de la pérovskite est si simple à fabriquer que n’importe qui pourra produire et vendre des cellules solaires, alors qu’actuellement les panneaux au silicium exigent des équipements de plusieurs millions de dollars. Avec la technologie de l'EPFL, un demi-million de dollars permet de commencer à produire.

Le prix des cellules à la pérovskite sera bien plus faible : pour produire un watt, il faut six grammes de silicium, alors qu'il suffit de 0,006 grammes de pérovskite. Avec les cellules au silicium, le kilowattheure revient à 0,08 €, alors que celui des cellules à la pérovskite reviennent autour de 0,03 €.

Actuellement, les chinois produisent des panneaux au silicium à très bas prix car ils ont massivement investi et doivent produire beaucoup, d'où leurs prix très bas pour dominer cette industrie, mais ce ne sont pas les coûts réels. Pour le moment, les profits ou les pertes n'intéressent pas les chinois. Aucune entreprise qui lancerait actuellement une production de panneaux en pratiquant les prix chinois, ne ferait de profit. Cette situation peut durer une dizaine d'années, jusqu'au moment où ils devront renouveler leur équipements mis en place dans les années 1990. Ils ne pourront alors plus maintenir des prix aussi bas, alors que l’EPFL sera sur le marché avec des cellules en pérovskite bien moins chères à produire. Les panneaux à la pérovskite seront rentables après six mois d’utilisation.

La Chine comme tous les pays travaillent sur la pérovskite. L’EPFL détient une certaine avance dans cette technologie et la production de nouveaux matériaux.

Le futur de l'énergie solaire s'annonce brillant. L'énergie nucléaire est elle aussi très bon marché mais elle a ses risques et ses menaces de catastrophes et dépend de son approvisionnement en minerai d'uranium. Ce n'est pas le cas de la pérovskite : pour un mètre carré de panneaux solaires, on en utilise un gramme et on obtient une efficacité équivalente à celle des cellules au silicium.

On pourra mettre des panneaux à la pérovskite sur les toits et les façades. Ils seront produits sur les lieux d'utilisation sans frais de transport. Reste la toxicité du plomb qui peut créer des nuisances neurologiques sur la santé humaine. Pour le moment, c'est un problème qu'on ne peut pas résoudre. Il suffit de s'assurer que les panneaux n'aient pas de contact avec le sol et ne puissent pas contaminer l'eau en cas d'accident.

Le financement de ces recherches est payé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, par l’Union Européenne et des partenaires industriels, notamment suisses. Les brevets sont détenus par l'EFPL et par les partenaires industriels.

EPFL du 5 mars .
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    *  Y aura-t-il une forte émergence des chaines de blocs d'énergie en 2018 ?

Pour l'auteur de GreenTech Media, l'année 2018 verra un développement particulièrement spectaculaire de la chaine des blocks (blockchain) en matière d'énergie. Chaque jour, en 2017, une nouvelle société entrait dans l'espace du répertoire numérique de l'énergie, levait des millions grâce à une offre initiale de pièces de monnaie, ou déployait un nouveau pilote d’échange d'énergie.

Les compagnies d'électricité traditionnelles commencent à s'engager auprès de jeunes entreprises sur ce marché émergent. Grâce à leur connaissance de la régulation de l'énergie et à l'infrastructure existante, elles devraient jouer un rôle dans l'exploitation du véritable potentiel des applications de la chaine des blocs.

Grâce aux innovations actuelles dans la chaine des blocks de l'énergie, 2018 apportera de nombreux développements et montreront la véritable valeur que cette technologie peut apporter au-delà de l'infrastructure informatique existante. GTM fait quatre prédictions pour la chaine des blocs en 2018 :

1°) Les investissements des compagnies d'électricité vont augmenter dans la chaine des blocs. Les offres initiales de pièces de monnaie représentent actuellement 75 % du financement de l'industrie des répertoires numériques et continueront d'être une méthode de collecte de fonds importante en 2018. L'investissement devrait s'accélérer via le capital-risque traditionnel. Les compagnies surveilleront l'espace car de plus en plus d'entreprises réalisent des projets pilotes réussis. Tepco, Innogy et Centrica ont déjà réalisé des investissements directs dans cinq jeunes entreprises. Pacific Gas & Electric et Engie ont également investi dans des consortiums de chaînes de production d'énergie, tels que l'Energy Web Foundation.

2°) Les compagnies d'électricité américaines entrent dans la phase pilote. Après avoir étudié la technologie en 2017, elles devraient mettre en œuvre un projet pilote en 2018 : le californien Pacific Gas & Electric a prévu un financement pour deux pilotes de chaines de blocs. Ameren va piloter Omega Grid, une jeune entreprise. D'autres compagnies suivront.

3°) Le commerce de gros se transforme. Le développement se fait entre intervenants dans 59 % des projets achevés. Le commerce de gros se met en place avec des dizaines de partenaires industriels : une plateforme commerciale OneOffice fonctionnera sur répertoire numérique (chaine des blocs). L'autre pilote, Ponton, déploiera une plate-forme complète de commerce de gros en 2018.

D'autres modèles d'affaires apparaissent : LO3 teste une approche différente du marché de gros et étudie avec Epex Spot la connexion des consommateurs au marché de gros, permettant ainsi un échange d'énergie décentralisée précoce.

4°) GTM Research estime que la tarification des véhicules électriques et la négociation des crédits d'énergies renouvelables seront les premiers cas d'utilisation. Pour les véhicules, car aucune norme n'est encore acceptée par les logiciels de facturation, de planification et de paiement, ce qui réduit la résistance à l'irruption de nouveaux concepts. Les crédits d'énergie, les blocs peuvent remplacer les plates-formes existantes et réduire la possibilité de double comptage. Les plates-formes de négociation pourront être conçues pour se conformer à la réglementation en vigueur.

La technologie des blocs doit aussi mûrir pour surmonter les questions d'évolutivité et de sécurité. Il faudra voir si les répertoires numériques peuvent rendre le marché de l'énergie plus efficace et plus sûr. Il faudra voir si ces répertoires se concilient avec les règles existantes en matière d'électricité sur les grands marchés et pourront permettre des déploiements commerciaux complets.

La réglementation financière pourrait également ralentir le développement du marché si la réglementation gouvernementale interdisait certains types d'offres initiales de pièces de monnaie. La récente décision de la Securities and Exchange Commission des États-Unis sur ce qui constitue une garantie, a déjà empêché le lancement de nombreuses offres de pièces initiales sur le marché américain.

Pour l'auteur, la capacité des répertoires numériques à désintermédier les acteurs traditionnels de l'énergie évolue. Il affirme « avec certitude, que la chaine des blocs est là pour rester ».

https://www.greentechmedia.com/articles/read/four-predictions-for-blockchain-in-energy-in-2018#gs.YmkAg7I

GreenTech Media du 5 mars

NDLR  Il y a un courant de pensée qui croit avec une grande conviction que les chaines de blocs vont s'imposer dans l'énergie comme dans toute l'économie. Plus le temps passe, moins nous en sommes convaincus.
   Il est de notoriété publique que le coût des transactions des opérations numériques entre les différents intervenants augmente de façon exponentielle , rendant presque irréalisable la poursuite de la gestion de l'ensemble des transactions. Ceci pour situer une limite physique
   Des raisons bien plus cachées interviennent aussi : comment un Etat peut-il accepter de voir disparaitre auprès de tiers, des opérations qu'elles soient énergétiques, ou pour tout autre sujet, de son horizon de surveillance et surtout de sa zone de perception de taxes ou d'imposition ? Qui paie la TVA lorsqu'il y a une transaction sur la chaine des blocs ? Qui contrôle quoi ? Comment l'Etat peut-il surveiller ce qui est hors de son contrôle ? Pour le moment, les pouvoirs publics laissent faire, mais interviendront si le processus prend de l'ampleur. Au nom des dangers que représentent ces transactions sans contrôle...
   La troisième raison de l'absence de perspectives de développement est le risque majeur de fraude de gros intervenants ou encore de circuits de cavalerie sur les réseaux de chaines de blocs. Qui va assurer le contrôle des opérations et la protection des intervenants ? Est-ce que les pouvoirs publics dotés de moyens considérables n'ont pas déjà les plus grandes difficultés à éliminer les fraudeurs et autres faussaires ? Qui assurera ce rôle d'élimination des intervenants peu scrupuleux ?
   Le développement de la chaine des blocs est peut-être une superbe opération de marketing d'IBM qui aurait lancé cette mécanique. Elle est aussi celle d'intermédiaires qui veulent s'affanchir du contrôle étatique de régulation des opérations. Elle correspond aussi au rêve d'acteurs qui veulent croire que la relation interpersonnelle permet de réduire les coûts et donc de faire gagner de l'argent. Seulement, le développement des transactions crée un coût tellement important que le château de cartes s'effondrera...
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LE MONDE
    *  La moitié de la demande d'électricité fournie par le solaire en Californie

Des températures douces et un ciel ensoleillé ont aidé la Californie à établir deux nouveaux records solaires ces derniers jours : le dimanche 4 mars, le California Independent System Operator a connu un pic record de la demande solaire, atteignant un record de 49,95 % à 12h 58. Cela est en hausse par rapport au sommet précédent de 47,2 % établi le 14 mai 2017 : « Parce que c'était un week-end, et que le temps était doux, la charge minimale était relativement faible, autour de 18.800 mégawatts », a-t-elle dit. « Pendant ce temps, la production solaire était de plus de 9 400 mégawatts. »

Un jour plus tard, le 5 mars, le CAISO a établi un nouveau record solaire, atteignant cette fois-ci un nouveau record de production de 10.411 mégawatts à 10h 18. Le record précédent était de 9.913 mégawatts le 17 juin 2017.

GreenTech Media du 6 mars
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    *  Triplement du stockage en 2018 sur 2017 aux Etats Unis

Le marché cumulé du stockage aux Etats-Unis a atteint 1.080 MW entre 2013 et 2017, mais surtout ce montant va doubler à cause des installations qui seront réalisées en 2018 avec plus de 1.233 MW installés : « La baisse des coûts et les politiques favorables seront parmi les principaux moteurs de l'évasion du marché en 2018.

Le marché américain du stockage d'énergie a augmenté de 27 % en 2017, avec 431 mégawattheures déployés sur l'année. Alors que le marché des compteurs représente la plus grande part des déploiements, ( le segment des compteurs frontaux était toujours en hausse de 10% annuellement en termes de mégawattheures sur l'année.) c'est le marché du derrière-mètre qui a volé la vedette cette année, en croissance de 79% d'une année à l'autre avec des déploiements records dans les secteurs résidentiel et non-résidentiel.

Les principales conclusions : les États-Unis ont déployé 100 mégawattheures de stockage connecté au réseau au quatrième trimestre de 2017. Les États-Unis ont déployé 431 mégawattheures de stockage connecté au réseau en 2017

La capacité de stockage d'énergie déployée cumulée a dépassé 1 000 mégawattheures en 2017

GTM Research prévoit 1 233 mégawattheures de stockage connecté au réseau en 2018

Au quatrième trimestre 2017, Lithium-ion détenait 98,8% des parts de marché, ce qui le place en tête du 13ème trimestre consécutif

Le montant du marché américain du stockage dépassera les 1,3 milliard de dollars en 2019.

GreenTech Media du 6 mars .
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    *  Les autorités chinoises ont instauré des normes industrielles plus strictes

Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'Information a édicté des normes plus strictes pour les installations de nouvelles capacités ou de modernisation de production. Ces normes sont applicables à partir du 1er mars :

Les fabricants de silicium devront avoir un projet minimum de 3.000 tonnes et disposer de capitaux propres d'au moins 30 % de l'investissement total. Les fabricants de lingots devront avoir une capacité minimum de 1.000 tonnes. Les producteurs de plaquettes avoir un minimum de 50 millions par an. Les fabricants de cellules et de panneaux devront avoir un minimum de 200 MWc avec un minimum de capitaux propres de 20 %.

Les cellules solaires poly-Si et mono-Si doivent avoir des taux de conversion d'énergie minimum de 19 % et 21 %, et une dégradation induite par la lumière non supérieure à 2,5 % et 3,0 % respectivement la première année de fonctionnement, pas plus de 0,7 % les années suivantes. Les cellules mono-Si atteindront facilement le taux de conversion minimum en utilisant le processus PERC. Comme les taux de conversion des cellules poly-Si se situent actuellement entre 18,6 et 18,7 %, la mise à niveau au niveau minimum de 19 % nécessite l'utilisation de plaquettes de silicium noir polycristallin plus le procédé PERC ou de plaquettes de silicium noir avec cinq barres ou plus.

La hausse des exigences techniques devrait non seulement encourager les améliorations technologiques, mais également stimuler le remplacement des anciens équipements de production.

Selon la China Photovoltaic Industry Association, la part de marché mondiale cumulée des firmes photovoltaïques en Chine en 2017 était de 83 % pour les wafers, de 68 % pour les cellules, de 71 % pour les modules et de 52 % pour les capacités d'installation.

Digitimes du 9 mars

NDLR De loin, il est difficile de déterminer si les mesures prises obligeront presque toutes les entreprises à s'adapter, ou bien si les normes sont suffisamment basses pour être atteintes par tous les fabricants.

 Il est probable que seuls les très petits fabricants devront s'adapter, mais comme ils sont petits, ceci ne perturbera pas la filière industrielle.

 Il se peut que ce ne soit le début d'un mouvement de durcissement destiné à limiter les capacités d'expansion d'un grand nombre de fabricants, et d'organiser la concentration... Encore faut-il que les gouvernements locaux ne protègent pas outre mesure leurs fabricants locaux... Rien ne dit que cette mesure sera efficace.
 
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    *  Trop de centrales PV non subventionnées veulent être construites au Portugal !

Comme un grand nombre de très grands projets d'énergie solaire « non subventionnés » sont actuellement en cours de développement au Portugal, le gouvernement portugais a publié de nouveaux règlements pour sélectionner (et limiter) les projets photovoltaïques.

Le nombre élevé de demandes de projets solaires non subventionnés dépasse actuellement de manière significative la capacité du réseau dans certaines régions. En conséquence, les projets seront sélectionnés selon un mécanisme basé sur les éléments suivants :

a°) Selon le numéro du premier dépôt auprès de la Direction générale de l'énergie et de la géologie du Portugal (DGEG); b°) La capacité du projet et sa zone de réseau; c°) La technologie du projet; d°) La capacité du réseau dans l'emplacement du projet.

Une première sélection des projets solaires sera annoncée d'ici la mi-mars,

Fin novembre, la capacité des développeurs atteignait 521 MW. Fin décembre 2017, les projets non subventionnés et approuvés atteignaient 756 MW. L'administration avait indiqué qu'elle étudiait aussi 91 projets PV totalisant 2,2 GW. Tous ces projets devront vendre leur électricité sur le marché libre et ne seront pas subventionnés.

PV Magazine du 5 mars .
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LES PRODUITS
    *  Et si la diffusion des véhicules électriques était reportée de plusieurs années ?

Les ventes de véhicules électriques ont bondi de 35 % en 2017 sur 2016 aux Etats Unis, et ce après une hausse de 37 % en 2016 sur 2015. Ces véhicules ne représentent que 1 % des véhicules en circulation. MacKinsey estime que ces véhicules pourraient représenter 20 % des véhicules en circulation d'ici 2030. Pour y parvenir, il ne suffira pas de construire des infrastructures

mais aussi d'innover dans le stockage de la batterie. Pour que les consommateurs passent aux véhicules électriques, le chargement de la batterie doit être plus simple et moins cher. Actuellement, avec le chargeur le plus courant, la charge dure dix heures pour charger une batterie de 60 kWh. Les chargeurs rapides peuvent charger en moins d'une heure mais ils coûtent 50.000 $, et plus de 150.000 $ pour un chargeur de 150 kW. Ils sont aussi chers car une grande partie des coûts est attribuable aux frais liés à la demande qui peuvent aller de 2 $/kW à 90 $ Dans les Etats à forte demande, les propriétaires de véhicules pourraient dépenser 30 $ à 50 $ sur une charge. C'est trop cher.

 D'où le cercle vicieux de l'infrastructure de charge : c'est cher d'installer des chargeurs n’incitant à ne pas les installer... Les batteries pourraient réduire les coûts de la demande de 73 %, niveler les pics de charge dans le processus et rendre les stations de recharge plus abordables. Ceci ne pourrait fonctionner que dans l'espace entre l'utilisation marginale et l'absorption généralisée : s'il y a beaucoup de véhicules, les batteries n'auraient pas le temps de charger complètement et donc d'alimenter les véhicules.

Si les 251 millions de véhicules détenus par les américains étaient électrifiés, ils auraient besoin de 13.777 TWh d'électricité par an soit plus du tiers de la consommation totale d'électricité des Etats-Unis. Dès lors, la question est de savoir si les services publics peuvent distribuer l'électricité là où les propriétaires d'EV ont besoin ... tout en gérant les demandes variables.

Le stockage pourrait fournir un lien entre les chargeurs existants et le développement de l'infrastructure. Sans solution innovante, la capacité des compagnies d'électricité et du réseau à gérer l'expansion des véhicules électriques sera probablement réduite.

GreenTech Media du 2 mars .
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    *  Les présentations marquantes au salon Européen du Stockage

Le salon Européen du Stockage de l'Energie (Energy Storage Europe) qui se tient à Düsseldorf du 13 au 15 mars a été précédé par la présentation des produits ou projets remarqués par PV Magazine :

https://16iwyl195vvfgoqu3136p2ly-wpengine.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2018/02/ES_01_2018.pdf

La meilleure sélection de PV Magazine est attribuée à Younicos qui présente une centrale électrique alimentée en gaz et en batteries;

Autres présentations à remarquer

SMA, une solution de stockage à grande échelle;

Fraunhofer ISE, une Electronique de puissance pour onduleurs de batterie;

Electrochaea, une usine de méthanisation évolutive;

Smart Power, un modèle commercial de stockage à grande échelle dans le réseau de distribution;

Abo Wind, le stockage dans les réseaux de distribution ruraux a stabilisé le réseau;

Wemag, une centrale de stockage de 10 MW avec possibilité de démarrage en noir;

Fronius : un chauffe-eau réglable avec fonctionnalité supplémentaire;

Batteries de Jena : une batterie à flux redox organique;

Schmid Energy Systems : une station de charge avec PV et batterie à flux redox;

NEL, électrolyseur à l'hydrogène : la production d'hydrogène à grande échelle à partir de centrales photovoltaïques;

Commeo : une solution de stockage d'énergie modulaire;

Siemens : une turbine à gaz hybride Siestart et batterie;

Fluence : une plate-forme décentralisée de technologie de stockage à courant continu pour les installations photovoltaïques;

Picea: une solution de stockage et de chauffage résidentielle Power2Gas;

Fenecon : une solution d'équilibrage de tension par Fenecon / Refu;

Solarwatt : MyReserve Matrix pour une application commerciale;

Robert Bosch : la combinaison d’une centrale électrique avec une batterie;

Autarsys : un système de stockage d'énergie de pointe pour un camp de réfugiés dans le nord de l'Irak;

Hoppecke : un système de stockage d'énergie hybride évolutif combinant plomb et lithium;

NES : un système de stockage avec une puissance de charge et de décharge particulièrement élevée;

Nilar :  des batteries NiMH également pour haute tension.

 

PV Magazine du 9 mars .
 
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LES SOCIÉTÉS
    *  Bosch s'incline devant la supériorité des batteries asiatiques

Bosch abandonne la fabrication de batteries pour véhicules électriques car la domination des entreprises asiatiques est trop importante. Cette décision souligne les défis auxquels sont confrontés les acteurs sur un marché de plus en plus encombré. Il faut comprendre l'importance des investissements en capital tant pour les cellules et la batterie pour s'adapter à la demande croissante pour les véhicules électriques et le stockage stationnaire. Il y a de nombreux acteurs qui  déversent des centaines de millions de dollars dans de nouvelles giga-usines, qu'il est difficile pour de nouveaux entrants de s'imposer, sauf à avoir une nouvelle technologie dans la chimie ou la densité énergétique. Le marché des cellules lithium ion sera largement dominé par les fabricants chinois ou sud-coréens.

 En 2015, Bosch avait acquis Seeo qui voulait mettre au point une batterie à l'état solide. Il l'a remis en vente. Bosch se retire également de Lithium Energy and Power, une coentreprise de fabrication de batteries au lithium-ion qui a absorbé environ 500 millions d'euros (616 millions de dollars) d'investissements. Bosch estime qu'il lui faudra dépenser 20 milliards d'euros supplémentaires (24 milliards de dollars) pour atteindre son objectif de 200 gigawattheures de capacité de production par an, ce qui suffira à couvrir un cinquième des marchés des véhicules électriques et de stockage fixes d'ici 2030.

 Bosch affirme ne pas vouloir se retirer complètement des batteries car il ne lui est pas nécessaire de produire les cellules; mais la presse a traduit cette décision par « coup dur pour les politiciens européens et les constructeurs automobiles qui ont appelé les entreprises à se regrouper pour créer un producteur régional de batteries pour concurrencer les acteurs asiatiques tels que Samsung et Panasonic ».

De nombreuses entreprises abandonnent le secteur : l'américain pour les politiciens européens et les constructeurs automobiles qui ont appelé les entreprises à se regrouper pour créer un producteur régional de batteries pour concurrencer les acteurs asiatiques tels que Samsung et Panasonic". GE a été contraint d'abandonner la fabrication de batteries après que les aspirations de sa marque Durathon ne se soient pas concrétisées. La société est encore très présente dans le secteur du stockage d'énergie, mais ne fabrique plus ses propres batteries. L'année dernière, des marques très appréciées, notamment Aquion et Alevo, ont fait faillite.

Le problème est que la capacité de fabrication des batteries au lithium-ion en Asie est maintenant tellement avancée qu'il est difficile pour quelqu'un d'autre de rattraper son retard.

La Chine dominera la fabrication de batteries lithium-ion dans un avenir prévisible, avec une capacité de 108 gigawattheures, soit 62% de la production annuelle totale, d'ici 2020.

La Corée du Sud représentera 13% supplémentaires, ce qui permettra aux deux pays de contrôler les trois quarts de la production annuelle de batteries.

GreenTech Media du 6 mars

NRLR   Après avoir raté son entrée sur le secteur des panneaux photovoltaïque qui a été revendu, Bosch doit se résigner à abandonner le monde des batteries, malgré ce qu'il en dit. Il ne lui reste plus que les activités sans grand avenir à exploiter... Bosch ne fait que refléter l'évolution de l'économie européenne incapable de prendre position sur des créneaux d'avenir porteurs. .
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    *  Profonde réorganisation industrielle entre les allemands E.On et RWE

Au terme de différents échanges d'actifs et de participations, E.On va se concentrer sur les réseaux électriques à tarif réglementé et aux services aux clients. De son côté, RWE, l'un des principaux émetteurs de dioxyde de carbone en Europe avec ses centrales à charbon et à gaz, va devenir le champion allemand de « l'Energiewende », c'est-à-dire la transition vers « l'énergie verte ».

Les compagnies d'électricité allemandes RWE et E.On se sont entendus dimanche sur un échange d'actifs qui bouleverse le secteur de l'énergie en Allemagne. RWE va céder à E.On sa filiale Innogy qui regroupe les différents actifs renouvelables du groupe, dont la  valeur boursière du vendredi 9 mars atteignait 19 milliards d'euros (sur la base de 40 € par action). RWE va prendre une participation minoritaire (16,7 %) dans E.On, obtenir des actifs dans les EnR, et verser 1,5 Mds € à E.On.

Pour certains analystes, E.On est le gagnant de ces échanges d'actifs. Les autorités allemandes et européennes vont étudier cette réorganisation.

La Tribune du 11 mars

NDLR  A priori, E.On est le gagnant car il se place sur les énergies nouvelles, celles qui ont de l’avenir. Il est le gagnant aujourd’hui, mais probablement le perdant à horizon de cinq à dix ans. Aujourd’hui, il est difficile de déterminer les orientations à prendre pour capter le futur marché des énergies renouvelables (dans quelles technologies investir ? A quelle étape de la filière ? Jouer l’avenir avec les véhicules électriques ? Miser sur les services aux compagnies d’électricité ? aux particuliers ?). On voit les difficultés de choisir chez les grands énergéticiens (Enel, EDF, Engie, mais aussi Total, …) qui à priori ont le plus grand volume d’informations sur le marché et qui ont du mal à muter vers l’avenir. Un des meilleurs exemples est la difficulté d’Innogy à se placer sur l’avenir, d’où ses comptes 2017 particulièrement décevants qui ont conduit à la démission de son PDG…

 RWE, en récupérant de vieilles industries, bénéficiera de cash flows financiers qui lui permettront de réinvestir progressivement dans de nouveaux aménagements de centrales, ou au contraire dans des entreprises de diversification. Là, il aura le temps d’analyser le marché, aura peu de moyens financiers au départ, et donc testera les voies à suivre, avant d’investir davantage ou de se retirer en cas d’évolution défavorable…

Ainsi, E.On occupe la position de gagnant, mais aura le plus grand mal à valoriser cette image. RWE sera plus lent à faire apparaitre les nouvelles évolutions mais elles seront mieux sélectionnées et davantage gagnantes à moyen et long terme. Or, en économie, c’est le temps qui juge.
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    *  Sungrow devient le n°1 mondial des onduleurs

Pour la première fois, le chiffre d'affaires 2017 du fabricant chinois d'onduleurs Sungrow dépassera celui de SMA. Il atteint 8,8 Mds RMB (soit 1,4 Md $), soit une augmentation de 47 % sur 2016. En comparaison, SMA a annoncé un chiffre d'affaires préliminaire de 890 M€ (ou 1,08 Md $)

Le bénéfice net de Sungrow serait de 1,18 Md RMB (187 M$) en hausse de 77 % sur 2016. Ceci correspond à une marge nette de 13,4 %.

PV Tech du 1er mars
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    *  GCL SI en 2017

Le chiffre d'affaires de GCL SI (GCL System Integrated Technology) atteint un niveau record au 4ème trimestre 2017 portant le CA annuel à 14,5 Mds RMB (2,3 Mds $) en hausse de 24 % sur 2016.

La société est parvenue à obtenir un bénéfice d'exploitation à la fin du premier semestre grâce à la stabilité du prix moyen des panneaux, de la baisse du coût de production et de l'augmentation du taux de conversion des cellules. Après un creux d'activité au 3ème trimestre, le chiffre d'affaires du 4ème trimestre a été le double de celui du 3ème trimestre.

Le groupe a réalisé une marge brute de 157 M RMB ou 24,7 M $ grâce à une hausse des expéditions à l'étranger, à la réduction des coûts et des investissements ainsi qu'un meilleur taux de conversion des panneaux.

PV Tech du 6 mars
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    *  Manz est bénéficiaire en exploitation en 2017

Au cours de l'exercice écoulé, l'équipementier allemand Manz a augmenté ses ventes de 41 % à 325 M€. Son résultat d'exploitation est bénéficiaire de 1,6 M€ (contre une perte de 36 M€ il y a un an).

Le secteur photovoltaïque a réalisé un chiffre d'affaires de 104 M€ (contre 21 M€ en 2016). Le bénéfice opérationnel atteint 31 M€ (contre une perte de 13 M€ l'an dernier). L'activité stockage d'énergie a réalisé un chiffre d 'affaires de 24 M€ (contre 46 M€ en 2016).

Les comptes définitifs seront publiés le 29 mars

PV Magazine du 8 mars
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    *  Les sociétés minières veulent de plus en plus profiter de la filière industrielle des batteries

De plus en plus de sociétés minières se lancent dans la fabrication de batteries. Ainsi Lithium Australia a acquis une entreprise qui développe et produit des oxydes métalliques nanométriques pour les batteries de véhicules électriques au lithium-fer-phosphate. Ceci a pour but de participer à l'étape la plus rentable du cycle de production de batteries : la fabrication de poudres cathodiques.

Le n° 5 mondial de production du lithium, le chinois Jiangxi Ganfeng Lithium fabrique des batteries lithium-ion par l'intermédiaire de sa filiale Jiangxi Ganfeng Lithium Battery depuis 2007. Le canadien High Power Exploration (HPX) détient une participation majoritaire dans Pu Neng, fabricant chinois de batteries à décharge au vanadium (VRFB). Le sud-africain Bushveld Minerals a annoncé le déploiement du premier VRFB (batterie à flux redox au vanadium) au sein d'une compagnie d'électricité en Afrique du Sud. En décembre, le producteur canadien de lithium MGX Minerals a acheté le fabricant de piles à flux, ZincNyx Energy Solutions, pour lancer un produit à base de zinc d'ici un an.

La justification de ces achats n'est pas claire : les sociétés minières semblent tirer un avantage considérable de la production de batteries destinées aux véhicules. Or si elles réussissaient dans ce domaine, elles viendraient en concurrence avec leurs clients. En revanche, augmenter la chaine de valeur fournit des revenus aux extracteurs, les aidant à se protéger contre la volatilité des minerais.

GreenTech Media du 9 mars
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DIVERS
    *  Une batterie à protons pour le stockage de l'énergie

Des scientifiques de l'Institut Royal de Technologie de Melbourne (RMIT) ont présenté une batterie à protons qui utilise une électrode de carbone et une pile à hydrogène réversible pour le stockage de l'énergie. L'intérêt de cette batterie est son recours à des matériaux bon marché et abondants - principalement le carbon. La batterie présentée, d'une surface active de 5,5 cm², se charge en conduisant des protons produits par la séparation de l'eau dans une pile à combustible à travers la membrane cellulaire, où ils se lient directement au matériau de stockage. Pendant la décharge, le processus est inversé; les atomes d'hydrogène passent à travers la membrane cellulaire pour se combiner avec l'oxygène et les électrons pour reformer l'eau.

Selon RMIT, la batterie à protons est beaucoup plus économe en énergie que les technologies existantes de stockage d'hydrogène, et leur prototype a été capable de stocker une quantité similaire d'énergie aux batteries lithium-ion disponibles dans le commerce.

PV Magazine du 9 mars .
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    *  Produire d'électricité par le soleil et aussi en utilisant la pluie

Une équipe chinoise du Laboratoire Jiangsu Key a réuni une cellule solaire au silicium avec un dispositif qui génère de l'énergie grâce au mouvement des gouttes de pluie. Le dispositif combine une cellule solaire à hétérojonction de silicium, avec un matériau polymère triboélectrique, le polydiméthylsiloxane (PDMS). La combinaison des deux technologies ouvre la voie à la collecte de l’énergie de l'environnement dans différentes conditions météorologiques.

https://www.pv-magazine.com/2018/03/08/chinese-breakthrough-in-harvesting-energy-from-the-sun-and-the-rain/

PV Magazine du 8 mars

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   le Fil de l'Actu n°224 du 12 mars
 
   

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