L R AS Publié le lundi 12 février 2018 - n° 221 - Catégories : le Fil de l'Actu

Le Fil de l'Actu n°221 du 12 février 2018

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE (le Fil de l'Actu n°221 du 12 février)
Les articles marqués d'une étoile sont en accès libre

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FRANCE
    *  Résultat de l'appel d'offres 2017 3ème tranche et de l'AO innovant
    *  Le solaire en France en 2017
 
LA FILIÈRE
    *  Vers une forte baisse du prix des plaquettes en 2018 et 2019 ?
    *  Organiser différemment le réseau électrique en Australie
    *  « La révolution de la blockchain dans l’énergie » par Finergreen
    *  Une présentation du blockchain (ou répertoire numérique)
    *  Interview du directeur technique de RES sur la problèmatique du stockage
 
LE MONDE
    *  Installations PV en Europe en 2017
    *  Le gouvernement chinois pousse à la hausse le rendement des panneaux
    *  Forte réduction du projet de budget 2018 américain pour les EnR *
    *  Par rapport à 2016, le solaire américain a été difficile en 2017
    *  Installations PV américaines en 2017 *
    *  Les salariés du secteur solaire sont moins nombreux aux Etats Unis fin 2017
 
LES PRODUITS
    *  Panneau qui ne pèse que le tiers d'un panneau normal
 
LES SOCIÉTÉS
    *  Vestas évolue vers des centrales hybrides (éolien + OPV + stockage)
    *  Les pertes 2017 de Tesla sont considérables
    *  Panasonic met l'accent sur les batteries
    *  First Solar et SunPower vont vendre leur filiale commune 8point3 Energy Partners
    *  Enphase obtient 20 M$ de la vente d'actions *
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DIVERS
    *  Cellule solaire de type P au taux de conversion de 26,1 % *
    *  Pourquoi ne pas poser des panneaux PV sur la mer ?   *

    LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

FRANCE
    *  Résultat de l'appel d'offres 2017 3ème tranche et de l'AO innovant

Lors du 19e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Le secrétaire d’Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu a annoncé jeudi avoir sélectionné 127 lauréats pour deux appels d’offres concernant l’installation de panneaux photovoltaïques.

Le premier appel d’offres comprend 77 lauréats et représente une capacité totale de 508 mégawatts (MW) pour un prix moyen de 0,0616 euros par kilowattheure produit (contre 0,0639 € pour l'appel d'offres précédents). Cela représente une baisse de 4 % par rapport aux appels d’offres précédents.

La prochaine période de candidature à cet appel d'offres portera sur une puissance augmentée à 720 MW. La clôture de cette quatrième période de candidature aura lieu le 1er juin 2018.

Liste des lauréats à : http://tecsol.blogs.com/files/liste-des-laur%C3%A9ats-cre4-sol---3eme-p%C3%A9riode.pdf

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Le deuxième appel d’offres, qui concernait les panneaux solaires dits « innovants », 50 lauréats ont été choisis pour installer 73 MW à un prix moyen de 0,0807 euros / kWh.

Liste des lauréats : http://tecsol.blogs.com/files/liste-des-laur%C3%A9ats-cre4-innovation---1ere-p%C3%A9riode.pdf

Le Monde de l'Energie du 9 février et Tecsol du 11 février
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    *  Le solaire en France en 2017

Le solaire en France en 2017 présenté par le Syndicat des Energies Renouvelables, RTE, Enedis, ADEeF

En 2017, 2.763 MW d'EnR ont été raccordés au réseau d'électricité métropolitain. L'éolien a représenté 65 % du total et le solaire 32 %, et les deux atteignent 97 % du total. La puissance des parcs éolien et solaire dépasse 21 GW, à comparer aux 25,5 GW de la filière hydraulique.

Actualités du photovoltaïque

En 2017, les premiers résultats des appels d’offres dits « CRE4 » ont été publiés, notamment pour les installations au sol, sur toiture et en autoconsommation. Ces appels d’offres représentent un volume annuel de plus de 1 450 MW pour la filière solaire photovoltaïque, l’appel d’offres dédié à l’autoconsommation étant un appel d’offres « multi-filières ».

Ces résultats montrent une compétitivité grandissante de la filière photovoltaïque, avec des prix moyens pour les installations au sol de 63,9 €/MWh et de 93,4 €/MWh pour les installations en toiture. La dynamique est similaire pour les zones non-interconnectées : le prix moyen des projets lauréats est de 113,6 €/MWh, alors que le coût de production moyen de l’électricité dans ces territoires est de plus de 200 €/MWh.

L’Etat a annoncé début décembre 2017 l’augmentation du volume annuel des appels d’offres pour le porter à 2 450. Les nouvelles modalités des appels d’offres prévoient également des pénalités de retard et une augmentation de la garantie financière pour les projets lauréats afin de sécuriser la réalisation des volumes lauréats.

Enfin, le principe de réfaction des coûts de raccordement applicables aux consommateurs a été acté par la publication de l’arrêté du 30 novembre 2017 relatif à la prise en charge des coûts de raccordements aux réseaux publics d'électricité.

Analyses :

Le parc solaire atteint une capacité installée de 7 660 MW, dont 642 MW sur le réseau de RTE, 6 529 MW sur celui d’Enedis, 342 MW sur les réseaux des ELD et 147 MW sur le réseau d’EDF-SEI en Corse.

Le parc métropolitain progresse de 13,1 % avec 887 MW raccordés en 2017. Ce volume représente une augmentation de 54 % par rapport à l’année précédente. La puissance photovoltaïque raccordée en 2017 se rapproche de ce qui a été observé en 2015 (899 MW). Le volume raccordé au dernier trimestre de l’année représente à lui seul 47 % du volume raccordé en 2017, avec une progression de 419 MW

L'énergie produite par la filière solaire :

En 2017, l’électricité produite par la filière solaire a atteint un nouveau record avec près de 9,2 TWh produits, soit une augmentation de 9,2 % par rapport à l’année précédente. La région Nouvelle-Aquitaine est la plus productrice, avec 2,5 TWh, précédant l’Occitanie et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (respectivement 2,1 TWh et 1,5 TWh). En 2017, la production cumulée de ces trois régions croît de 10,4 % par rapport à l’année précédente.

La production de la filière permet de couvrir 2 % de la consommation en 2017 en hausse de 0,2 % par rapport à l’année précédente. Ce facteur de charge annuel dépasse 5 % sur les régions Corse, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

voir les trois graphiques sur le site  ou sur :

Télécharger le Panorama de l'électricité renouvelable au 31 décembre 2017

Syndicat des Energies Renouvelables du 8 février
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LA FILIÈRE
    *  Vers une forte baisse du prix des plaquettes en 2018 et 2019 ?

La très forte volonté d'expansion de LONGi avec un triplement de sa capacité de production de plaquettes monosilicium d'ici 2020 (à 45 GW) pourrait poser des problèmes de surproduction dès le second semestre 2018 !

Selon certains analystes, la demande mondiale de plaquettes monosilicium devrait s'établir autour de 40 GW. Or, LONGi compte parvenir à 28 GW fin 2018, ce qui ferait passer cette société devant GCL Poly pour le monosilicium qui vise une capacité de 23 GW fin 2018. Ceci ferait passer l'offre globale de plaquettes monosilicium de 44,5 GW en 2017 à 73 GW en 2018.

La demande mondiale s'est établie autour de 100 GW en 2017. Le monosilicium représente 44 % du marché 2017. Pour 2018, les analystes estiment que la demande mondiale n'augmentera pas beaucoup. Dès lors, la capacité de 73 GW serait largement supérieure à la demande, entrainant une baisse des prix. Elle pourrait entrainer la disparition de nombreux petits producteurs de plaquettes monosilicium et devrait même impacter les grands fournisseurs qui subiraient une baisse de leur marge bénéficiaire.

La part de marché des plaquettes monosilicium continuera à augmenter au cours des prochaines années même si la production de plaquettes polysilicium était réalisée avec la coupe au diamant.

Ces analystes estiment que le volume des plaquettes monosilicium atteindrait 83 GW en 2019 (contre 117 GW pour le multicristallin) et 93 GW en 2020 (contre 121 GW de polycristallin).

PV Magazine du 9 février

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    *  Organiser différemment le réseau électrique en Australie

Le gouvernement d'Australie du Sud veut déployer 50.000 systèmes solaires domestiques. Ceci commencerait par un essai sur 1.100 habitations. Chacune recevrait gratuitement 5 kW de panneaux solaires et une batterie Tesla Powerwall 2 de 13,5 kWh. Les installations seront financées par la vente d'électricité. Si le test est concluant, les installations seraient étendues à 24.000 habitations, puis à 50.000 à réaliser en quatre ans. Ceci constituerait une centrale solaire virtuelle de 250 MW. Selon le gouvernement, ces installations réduiront de 30 % la facture d'électricité des participants, et créeront 500 emplois pour installer les systèmes et pour approvisionner les installateurs.

Finergreen publie cinq pages sur « la révolution de la blockchain dans l’énergie ». Il ne nous est pas possible de résumer un texte si dense. Nous renvoyons nos lecteurs à l’ensemble de l’article :

http://www.finergreen.com/wp-content/uploads/2016/07/18-02-06-Insight-7-F%C3%A9vrier-2018-Version-Fran%C3%A7aise.pdf

Finergreen de février 2018

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    *  Une présentation du blockchain (ou répertoire numérique)

Le Monde de l'Energie a publié une présentation du blockchain (ou répertoire numérique), ses utilités et les changements que cela aura sur notre manière de consommer.

L'auteur développe quatre thèmes :

Favoriser l’autoconsommation particulière et collective

Vers un monde de smart contracts

Transaction et certification de gré à gré

Un frein au développement ?

Le texte est à retrouver à http://www.lemondedelenergie.com/blockchains-energie/2018/02/05/

Le Monde de l'Energie du 7 février

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    *  Interview du directeur technique de RES sur la problèmatique du stockage

Bloomberg New Energy Finance a interrogé le directeur technique de Renewable Energy Systems Americas, Andrew Oliver. Cette société est la plus grande société indépendante pour les énergies renouvelables. Elle travaille sur l'éolien terrestre et maritime, le solaire, le stockage et les transmissions. Il a fait un tour d'horizon sur les problèmes qui se posent au stockage.

Le stockage a deux axes actuels de développement : celui du solaire et celui du remplacement des centrales qui répondent aux pointes de consommation. Désormais, presque tous les producteurs d'énergie solaire ajoutent une option de stockage de l'énergie. Sur certains marchés, ils peuvent obtenir un paiement de capacité et fournissent une protection aux émetteurs de contrats d'achat contre la baisse du prix de gros car la pénétration de l'énergie solaire augmente dans les réseaux.

La combinaison de l'énergie solaire et du stockage est difficile sans une grosse capacité de calcul, car il faut tenir compte des systèmes en courant continu ou alternatif, de la relation entre panneaux DC et ceux AC, choisir la meilleure orientation des panneaux, les suiveurs ou l'inclinaison fixe, le degré de ratio du stockage de l'énergie solaire, le nombre d'heures de stockage, et s’occuper de l'après-construction car la batterie lithium-ion se dégrade avec le temps, ce qui implique de déterminer combien il faut construire pour arriver, à la fin, à satisfaire le contrat d'achat.

De plus en plus de compagnies d'électricité comprennent que le stockage peut rivaliser avec les centrales thermiques traditionnelles si le temps d'utilisation est de deux heures par jour. D'ici cinq ans, on ne devrait plus construire beaucoup de centrales à gaz pour servir durant les pointes de consommation.

Le pic de consommation arrive en milieu d'après-midi. L'énergie solaire arrive aussi à ce moment et décale le pic vers la soirée, ou même lorsque le soleil disparait et que la climatisation continue de fonctionner. C'est à ce moment que l'ajout du stockage est important et que l’énergie solaire emmagasinée est utilisée.

Dans ce contexte, RES a décidé de ne plus développer de projets pour lui-même, et d'être simplement un intégrateur pour ceux qui ont besoin de stockage. RES les aide dans la conception, le dimensionnement des projets, la construction. Le but est que la réalisation corresponde aux besoins. Ceci pose de gros problèmes : si on augmente la quantité de batteries, le système est non compétitif. S'il est trop petit, il ne parviendra pas à tenir durant sa durée de fonctionnement. Il faut proposer une taille qui durera vingt ans ou bien la durée que veut le client.

Pour les deux ou trois prochaines années, le lithium reste la technologie dominante. Le défi pour toute technologie concurrente est d'atteindre des mesures de performance similaires à un meilleur prix. Il y a plusieurs technologies du lithium. Les plus fréquentes sont à base de nickel-cobalt-manganèse (NCM) ou en lithium-fer-phosphate (LFP). Les batteries NCM ont une plus grande densité énergétique mais les prix de ses matières premières se renchérissent, comme le cobalt qui est passé de 15 $ à 35 $, ce qui a fait rendu cette technologie plus chère que la LFP laquelle absorbe moins d'énergie. Lorsqu'on a fait tous les calculs, les deux technologies ont des coûts assez similaires.

Dans l’analyse de RES, les problèmes géopolitiques ne sont pas pris en considération. Seuls sont calculés des modèles en fonction de prix ascendants fondés sur la quantité de cobalt, nickel et manganèse pour les batteries. De même est étudié comment l'équilibre des coûts se fera dans le temps. La prochaine étape sera de voir comment le cobalt va évoluer pour déterminer ce qui devrait intervenir à horizon de deux ou trois ans en termes de chimie pour déterminer ce qui devrait être installé.

Les batteries serviront-elles au stockage d'énergie solaire ou seront-elles pour les véhicules électriques ? Celles-ci donnent au stockage stationnaire l'opportunité de grandir. Elles ont élevé le volume de la fabrication pour permettre de réduire les coûts. Dans une ferme solaire, il est judicieux d’augmenter le stockage au fil du temps. Le système d'origine peut être complété en s'adressant à un fournisseur différent. Le problème est intéressant car il faut déterminer l'évolution du prix du stockage et envisager l'évolution de la dégradation de la batterie : faut-il surdimensionner à l'origine ou, s'adapter à la baisse des prix pour compenser la dégradation des capacités de stockage ? Faut-il envisager un ajout tous les trois ans ? à intervalle plus long ?

Le paysage concurrentiel évolue. Pour le moment, RES a installé 250 MW de stockage dans quatre pays. D'autres projets importants vont sortir. La société doit investir constamment dans la plateforme de contrôle Resolve. Elle doit étudier toutes les technologies, concevoir des solutions sur mesure pour les clients afin de leur offrir la solution dont ils ont besoin. Les demandes d'étude augmentent à un rythme phénoménal. La taille des projets aussi : il y a quelques années un projet de 10 MW était énorme. Désormais, les compagnies veulent des projets de 30 MW, de 50 MW ou de 100 MW pour les années à venir. Tous les Etats américains ont des projets de stockage à grande échelle.

Au-delà du stockage de l'énergie solaire, il y a l'utilisation du report de la transmission et de la distribution, la régulation des fréquences, la réduction des frais de pointe. Certains opérateurs de centrales thermiques veulent utiliser le stockage pour améliorer leurs générateurs, pour disposer de l’énergie à un moment différent de la journée pour les utilisateurs ou pour vendre plus cher leur énergie sur le marché. Les perspectives d'utilisation du stockage sont considérables.

Bloomberg NEF du 5 février
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LE MONDE
    *  Installations PV en Europe en 2017

Les installations en Europe se sont établies à 6,0 GW dans les 28 pays de l'Union Européenne (donc hors Turquie), en hausse de 6 % sur 2016. Elles ont été de 8,6 GW dans l'ensemble de l'Europe (y compris la Turquie qui a installé 1,8 GW en 2017, + 213 % en un an), selon SunPower Europe.

L'Allemagne a installé 1,75 GW (+ 23 % sur 2016), suivi du Royaume Uni avec 0,91 GW (- 54 % du fait de la réduction des subventions solaires). Au 4ème et 5ème rang se place la France avec 887 MW et les Pays-Bas avec 853 MW avec une croissance à deux chiffres. L'Espagne a installé 135 MW.

PV Magazine du 9 février

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    *  Le gouvernement chinois pousse à la hausse le rendement des panneaux

Le gouvernement chinois par l'intermédiaire du 3ème programme "les Meilleurs", oblige les industriels chinois à augmenter le taux de conversion de leurs panneaux. Pour satisfaire aux exigences technologiques, les fabricants vont être obligés de passer aux cellules de type N en 2018 afin de respecter l'échéance d’installations avant la fin juin 2019. En effet, dans l’évaluation des appels d'offres, l'indicateur de technologie ou la puissance en watts des produits de nouvelle génération, représente la plus grande partie de la notation. Pour respecter le cahier des charges, les fabricants peuvent choisir les technologies qu'ils souhaitent telles que le PERC, le silicium noir, ou bien augmenter la puissance de sortie avec des cellules coupées en deux, avec des cellules multibarres, ou bifaciales…

La cellule de type N est plus novatrice pour les candidats. La technologie de type P PERC monocristalline devient mature : la capacité de production nouvellement construite en 2017 atteint 42 GW, soit une hausse de 160 % sur 2016 qui était à 16 GW. La proportion de cellules PERC monosilicium est de plus de 75 % en 2017.

Pour atteindre un taux de conversion plus élevé, les entreprises intégreront des cellules PERC de type P avec d'autres technologies avancées, ou développeront des cellules bifaciales de type N. Cependant, les cellules bifaciales de type N, HJT, IBC, … sont encore au stade précoce du développement. De plus, les prix actuels de la plaquette mono-Si de type N sont 20 % à 30 % plus élevés que ceux de la plaquette mono-Si de type P, de sorte que la cellule de type N est davantage adaptée au programme technologique "les Meilleurs".

Le panneau PERC bifacial de type P est également au centre du développement de nouvelles technologies dans l'industrie. Les entreprises sont en mesure d'améliorer l'efficacité à moindre coût. La clé pour une application à grande échelle réside dans la normalisation de la puissance en watts sur le côté arrière de la cellule.

En 2018, le rapport coût / performance des cellules mono-Si PERC restent meilleures que les multisilicium. Les cellules bifaciales, en particulier de type N, remplaceront progressivement les cellules unifaciale après la normalisation des spécifications. En outre, les technologies de cellules solaires de nouvelle génération comme le type N, guidées par les spécifications du programme technologique "les Meilleurs", devraient devenir la nouvelle norme dominante.

 

EnergyTrend du 7 février

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    *  Forte réduction du projet de budget 2018 américain pour les EnR

Dans son projet de budget, D. Trump invite le Congrès américain à réduire de 72 % le budget des EnR. Il passerait de 2,04 Mds$ à 0,57 Md $. Si le budget est approuvé, l'Office de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables (EERE) verrait son budget largement amputé en effectifs et en moyen de recherche & développement. Le budget R & D pour l'énergie solaire chuterait de 78 %.

Par rapport à la première présentation du budget qui prévoyait une enveloppe de 636 M$ pour les EnR, le nouveau budget l'a réduit à 575 M$.

L'Administration veut favoriser l'énergie thermique et nucléaire, capable de constituer une production énergétique de base.

EnergyTrend du 9 février

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    *  Par rapport à 2016, le solaire américain a été difficile en 2017

2017 a été une année difficile pour l'industrie solaire américaine, en comparaison avec l’année 2016 qui avait été particulièrement brillante. 2017 a été marqué par le fort ralentissement des installations résidentielles, par un certain nombre de faillites, et aussi du fait que la reconduction du crédit d'impôt fédéral a été annoncé trop tardivement fin 2016 pour permettre le lancement de la construction de nouvelles centrales de grande taille.

Il en résulte une baisse de 3,8 % des emplois solaires au cours de l'année, soit 9.800 emplois perdus. La Solar Foundation qui réalise l'étude chaque année, estime que ce repli est surtout un mouvement à court terme plutôt que l'annonce d'une tendance durable car l'emploi a augmenté de 168 % depuis 2010. Tous les Etats mentionnent leur intention d'augmenter les installations d'EnR. L'étude envisage une remontée des emplois en 2018.

L'affaire Suniva (section 201) a eu des effets au long de l'année et pas seulement lors de l'annonce de l'instauration des droits de douane. Elle pourrait surtout affecter les petites entreprises d'installation. Celles-ci pourraient ne pas être en mesure de stocker un grand nombre de panneaux avant les hausses. Ceci arrive après que les clients résidentiels se soient précipités en 2016 pour bénéficier du crédit d'impôt fédéral. En 2017, ils ont moins acheté.

Les Etats américains qui auront la politique la plus volontariste, seront en mesure de résister à une déprime en 2018.

GreenTech Media du 6 février

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    *  Installations PV américaines en 2017

Les Etats-Unis ont installé environ 4 GW au cours du quatrième trimestre, portant à 11,8 GW les installations 2017, ce qui représente un recul de 22 % sur 2016, selon GTM Research. Ce recul est lié à l'importance des installations en 2016 qui devait être la dernière année du crédit d'impôt fédéral (il a été reconduit fin 2016). Ceci porte à 54,5 GW le volume installé aux Etats Unis.

Les installations résidentielles ont chuté de 13 % en 2017.

PV Magazine du 6 février

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    *  Les salariés du secteur solaire sont moins nombreux aux Etats Unis fin 2017

La population salariée dans le secteur solaire aux Etats-Unis en 2017 indique un recul de 3,8 % de son nombre à un peu plus de 250.000. La diminution constatée par Solar Foundation est la première en sept années. Ce recul est bien plus faible que la baisse du volume d'énergie solaire installée dans le pays, estimée par GTM à 22 % entre 2016 et 2017. Le recul des effectifs a trois raisons : l'explication principale est à chercher dans la baisse programmée du crédit d'impôt fédéral (ITC) fin 2016, qui avait incité les développeurs à construire massivement en 2016, d'où les 15 GW installés. Bien que le crédit d'impôt ait été prolongé en fin d’année, il faut du temps pour organiser la construction de centrales, d'où la diminution des installations réalisées en 2017. Ainsi, les emplois pour l'installation ont reculé de 5,9 % alors que l’effectif pour développer les projets n'a baissé que de 3,9 %.

Autre motif, la baisse des installations résidentielles du fait de la mutation du marché : le recul des installateurs nationaux a été significatif, notamment en Californie où la baisse atteint 14 %. Les installations résidentielles utilisent un effectif nombreux.

Le troisième facteur explicatif de la baisse des effectifs solaires provient de l'incertitude liée à l'article 201 (Suniva). Les opposants au dossier commercial, menés par l'Association des industries énergétiques solaires (SEIA), ont mis en garde à plusieurs reprises contre les pertes d'emplois généralisées dues à des actions commerciales potentielles. Ceci a peut-être joué, car 86 % des personnes interrogées ont indiqué que les droits de douane auraient une influence néfaste sur leur activité.

Le secteur industriel contribue aussi à la baisse des effectifs. Le recensement n'a trouvé que 15 % des emplois dans le secteur manufacturier et 2/3 d'entre eux ne concernent pas la production de cellules ou de panneaux, mais la fabrication d'autres composants destinés aux installations PV telles que les structures de montage, les rayonnages et les traçages.

Pour le moment, il est difficile d'évaluer si les droits de douane relanceront l'emploi aux Etats-Unis, mais trois fabricants de panneaux ont déjà annoncé des augmentations de capacité de production.

Malgré la perception négative des droits de douane, les répondants au sondage indiquent que l'emploi doit augmenter de 5 % en 2018. Si les grands marchés de l’Etat se sont effondrés, 29 Etats signalent une augmentation de l'emploi solaire, de façon répartie à travers les Etats-Unis.

Le secteur solaire emploie maintenant deux fois plus de travailleurs que l'industrie charbonnière, presque cinq fois plus que l'énergie nucléaire, et presque autant que l'industrie du gaz naturel.

PV Magazine du 8 février

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LES PRODUITS
    *  Panneau qui ne pèse que le tiers d'un panneau normal

OPES Solutions et Fraunhofer CSP en Allemagne ont développé un panneau qui ne pèse que 20 grammes par watt. En comparaison, les panneaux solaires cristallins conventionnels pèsent environ 60 grammes par watt. Cette diminution de poids est surtout liée au changement de la feuille de fond qui utilise du PET.

Lors de la production en série, les coûts de production des panneaux sans cadre « O-Lite-Plus » seraient comparables à ceux des modules conventionnels. Cette technologie permet également la production de panneaux courbes, utilisables pour les applications sensibles au poids, telles que les véhicules, les bateaux et les petits appareils. La demande pour des panneaux solaires ultralégers et durables provient déjà des constructeurs automobiles et des fournisseurs de partage de vélos.

En option, les panneaux peuvent être équipés de boîtes de jonction et des prises pour l'interconnexion, ce qui signifie que les modules peuvent être assemblés de manière modulaire. Ces panneaux sont produits dans les installations de la société à Changzhou (Chine). Des séries pilotes sont en cours de production. La production en série est prévue au second trimestre 2018 dans l’usine de la société.

Les panneaux d'OPES ont un rendement de 22 % (monocristallin) ou de 19 % (polycristallin).

PV Magazine du 5 février
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LES SOCIÉTÉS
    *  Vestas évolue vers des centrales hybrides (éolien + OPV + stockage)

Le producteur danois d'éoliennes Vestas évolue vers des centrales hybrides qui combinent l'éolien, le solaire et le stockage sur un seul site. Cette hybridation prend tout son sens avec le développement jusqu'à présent séparé de ces deux EnR. La société constate une augmentation assez rapide de l'intérêt en faveur de l'hybride. C'est une nouvelle source de revenus à exploiter.

C'est peut-être le sens de l'investissement de Vestas (pour 10 M€) dans l'usine de batteries Northvolt en Suède, et la coopération avec Tesla sur le développement de solutions spécifiques de batteries pour les éoliennes,

La réunion en un même lieu des centrales solaires et éoliennes est certainement un marché sous-exploité : Siemens Gamesa construit actuellement une installation solaire de 28,8 MW dans un parc éolien existant de 50 MW en Inde. L'espagnol Fotowatio a récemment été sélectionné pour construire un projet hybride vent-solaire au Chili, lors d’une enchère de 600 MW.

Le finlandais Wärtsilä construit des centrales hybrides solaires, à gaz et à batteries, mais jusqu'à présent, sans inclure l'éolien.

Bloomberg NEF estime que l'orientation vers les centrales hybrides (éolien, solaire et stockage) reflète les nouvelles opportunités de la transition énergétique mondiale.

PV Magazine du 8 février

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    *  Les pertes 2017 de Tesla sont considérables

Au cours de l'année 2017, Tesla a réalisé un chiffre d'affaires de 11,8 milliards de dollars, en hausse de 70 % par rapport aux 7 milliards de dollars de chiffre d'affaires générés en 2016. En 2017, seulement 1,12 milliard de dollars (10 %) provenaient de sa division réunissant stockage d'énergie et solaire. Le groupe Tesla a perdu 2,2 milliards de dollars l'année dernière, contre une perte de 773 millions de dollars en 2016. Malgré ce résultat net négatif, le PDG de Tesla, Elon Musk, a déclaré qu'il était « optimiste » et estimé que Tesla pourrait être rentable bientôt.

La construction du système de batteries de 100 MW en Australie fin 2017, aurait, selon Tesla, provoqué une augmentation de la demande pour les batteries Powerpack, incitant la direction à percevoir une énorme opportunité pour le stockage d'énergie à grande échelle.

Au 4ème trimestre, Tesla a déployé 143 MWh de produits de stockage d'énergie (+ 45 % sur le trimestre précédent). Les 129 MWh construits en Australie du Sud seront comptabilisés au 1er trimestre 2018.

La baisse des ventes de panneaux solaires provient de la fermeture de certains canaux de commercialisation afin de se concentrer sur des voies à meilleure marge bénéficiaire. De plus, la pénurie de batteries a retardé les installations solaires chez les clients.

Tesla annonce sa volonté d'augmenter le volume de production de son véhicule Modèle 3

GreenTech Media du 8 février

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    *  Panasonic met l'accent sur les batteries

Le japonais Panasonic ferme fin mars sa dernière usine de production de lingot de silicium (située aux Etats-Unis) et ferme aussi l'unité de production de panneaux à Shiga (Japon). En revanche, le groupe va continuer la production de cellules solaires (avec une capacité de 1 GW au Japon auquel s’ajoute la fabrication dans la giga-usine de Tesla aux Etats-Unis) et de panneaux car ces deux produits sont un élément clé pour la réalisation de la maison intelligente qui est l'activité de la filiale PanaHome. Panasonic va développer la vente de cellules et étudie la réalisation de cellules solaires à la pérovskite.

L'axe de développement de Panasonic est la batterie. Celle-ci avec le photovoltaïque fait partie de la branche Eco Solutions. Le groupe fournit les véhicules Toyota Prius hybride. Il va étudier la faisabilité de la production de batteries prismatiques automobiles.

Au 3ème trimestre de l'exercice au 31 mars 2018, le groupe a augmenté son bénéfice net de 16,7 % sur l'an dernier. La division Eco Solutions a augmenté ses ventes de 19,5 % pour atteindre 417 milliards de yens (3,9 Mds$) sur cette période.

PV Magazine du 6 février

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    *  First Solar et SunPower vont vendre leur filiale commune 8point3 Energy Partners

First Solar et SunPower vont vendre leur filiale commune 8point3 Energy Partners au groupe Capital Dynamics et à d'autres co-investisseurs. La transaction se fera sur la base de 977 M$ de valeur nette et 1,7 milliard de dollars en valeur d'entreprise, pour un actif de 710 MW en exploitation.

8point3 Energy Partners estime parvenir lors de l 'exercice au 30 novembre 2017 à un chiffre d'affaires de 66 à 69 M$ (61,2 M$ en 2016), et à un bénéfice net de 32 à 34,5 M$ (12,9 M$ en 2016).

Photon du 6 février

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    *  Enphase obtient 20 M$ de la vente d'actions

Enphase Energy obtient 20 M$ de la vente d'actions de la société, afin d'augmenter les ressources financières de l'entreprise. Le but est d'accélérer la réduction des coûts et d'augmenter la part de marché d'Enphase.

PV Magazine du 5 février
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DIVERS
    *  Cellule solaire de type P au taux de conversion de 26,1 %

Des allemands de l'ISFH et de l'Université Leibniz ont mis au point une cellule solaire au silicium cristallin de type P. Ils ont obtenu un taux de conversion de 26,1 % sous un seul soleil. Un tel taux de conversion n'a été établi qu'avec des cellules de type N en combinaison avec des diffusions de bore, ou avec des cellules en hétérojonction de silicium amorphe.

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    *  Pourquoi ne pas poser des panneaux PV sur la mer ?

Un consortium de sociétés néerlandaises étudie la faisabilité d'installer des panneaux PV sur la mer. Elles estiment que le taux de conversion serait de 15 % supérieur à celui installé sur la terre. Ils envisagent de réaliser leur première installation pilote d'ici trois ans.

S'il y a déjà de nombreuses installations flottantes sur des lacs ou des retenues d'eau, il n'y a pas encore eu d'installations en mer car il y a d'énormes vagues.

PV Magazine du 7 février
    
     Le Fil de l'Actu n°221 du 12 février 2018
 
   

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