L Publié le dimanche 21 mai 2017 - n° 192 - Catégories : Enerplan/SER

Le président de SER-SOLER veut qu'un industriel relève le défi de la production photovoltaïque

   PV Magazine a interviewé Xavier Daval, président de SER-SOLER. Celui ci a réaffirmé la nécessité de créer un grand groupe industriel européen spécialisé dans la fabrication de panneaux solaires. Si l'Europe ne le faisait pas,

elle dépendrait de l'étranger pour son énergie. M. Daval considère que sa mission est de mobiliser l'ensemble de l'industrie. Il y a de grands groupes industriels en France qui savent produire des biens. C’est avec eux (notamment) qu'il faut organiser la production de l'ensemble de la filière photovoltaïque. C'est que l'énergie solaire est le moteur de la croissance de ce siècle et on ne peut pas laisser à l'Asie l'exclusivité de fournir. Pour lui, il faut prendre en charge cette énergie. Ce n'est pas un problème de coût ou de banque. L'Europe ne peut pas être exclue de ce qui sera le principal moteur de l'économie mondiale.

   Ceci est le défi du siècle. Lorsque la production de panneaux s'est déplacée de l'Allemagne vers l'Asie, les fabricants d'équipements croyaient pouvoir vendre leur matériel aux chinois, Désormais, les usines en Chine sont équipées de lignes de production fabriquées localement. Le départ des fabrications de panneaux d'Allemagne a été une mauvaise décision. Il nous faut corriger cette situation. Si nous ne le faisons pas, nous serons dépendants pour notre approvisionnement énergétique.

   Il faut organiser autour d'industriels l'élaboration de cette capacité de production. Il y a une culture de production comme il y a une culture du service. X. Daval cherche à organiser un rassemblement de bons fabricants de matériels. Il veut au moins un champion européen. Toutes les régions du monde doivent avoir un ou deux champions. Ceci peut passer par la fusion de producteurs européens existants. Ceci aurait beaucoup de sens de regrouper des compétences existantes actuellement dispersées.

 

 

PV Magazine du 18 mai

NDLR   Les propos du président de SER-Soler sont très sensés et ambitieux. Sa volonté est louable. Il a une opportunité d’agir en relançant dans certaines conditions SolarWorld qui a déjà une base industrielle même si sa taille actuelle n'est pas suffisante pour lutter de façon équitable avec les chinois. En supposant que cela se fasse, il faudrait instaurer une préférence européenne dans le choix des panneaux. Or, la conception généralement acceptée (mais qui devient obsolète à la lumière du photovoltaïque) est celle du libéralisme et donc de l'ouverture des frontières à tous les fabricants même ceux qui cherchent à vendre en contournant les règlements européens. Mais comment combiner l’ambition d’avoir un producteur national/européen, avec les décisions des installateurs qui veulent avoir des produits les moins chers possibles ?

   La position de M. Daval est censée et judicieuse mais manifestement il n'y a pas le contexte politique, économique et consensuel permettant d'atteindre l'objectif raisonnable qu'il s'est fixé. On ne peut que le regretter amèrement, d'autant qu'on ne voit pas pourquoi un ou plusieurs industriels se lanceraient dans la fabrication de panneaux ou même de toute la filière dans le contexte actuel de passoire douanière européenne et de volonté systématique des chinois de détruire toute industrie qui ne soit pas celle qu'ils dominent.

  1. Daval est dans son rôle et a une vision juste. Est-ce que cela suffit pour parvenir à un objectif pertinent à long terme ? Malheureusement non !

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