L R AS Published on Monday 12 September 2022 - n° 415 - Categories:autre France

La situation délicate de la fourniture d'énergie en France

La hausse du prix du gaz affecte mécaniquement le prix de l'électricité, car celui-ci est fixé sur les coûts de la centrale qui produira les derniers kilowattheures nécessaires. Or les centrales au gaz sont les dernières à être appelées en production, et ont le coût de production le plus cher. Les arrêts de centrales nucléaires

(29 sur les 56 en exploitation) réduisent leur taux de disponibilité à environ 40 %, contre 70 à 80 % habituellement. Le manque de production d'électricité nucléaire oblige à recourir davantage aux centrales à gaz les plus chères. EDF mise sur une disponibilité de 80 à 90 % pour les mois de cet hiver, mais ce taux rechutera après février. Le niveau normal de la production nucléaire devrait revenir à la normale en 2024 ou en 2025.

Cet hiver en France, l'électricité proviendra des centrales nucléaires, de l'hydraulique, des renouvelables, du gaz et du charbon. La production sera complétée par les importations des pays voisins, au moment où ceux-ci pourraient être eux-aussi en difficulté énergétique.

Cette situation se reflète dans les prix à terme pour 2023 qui ont dépassé les 1.100 € le vendredi 26 août, et dépasse les 500 € par kWh pour 2024. Ceci signifie que les opérateurs craignent de gros déficits d'approvisionnement car la situation ne sera pas normalisée fin 2023. Cela indique aussi que le prix du gaz restera très élevé en 2023 du fait des arrêts de livraison de gaz russe, et de la production nucléaire inférieure de 20 % à la production en temps normal.

Qui profite de cette situation ?

Les exploitants de centrales solaires, avec un coût de production faible ou nul, peuvent en profiter s'ils vendent leur énergie sur le marché de gros, mais de nombreux producteurs ont des contrats de livraison à long terme au tarif fixé par l'Etat ou par des PPA déjà conclus. Ils ne peuvent que marginalement profiter de cette opportunité.

Les producteurs d'énergies renouvelables peuvent profiter de cette situation avec la signature de nouveaux PPA parfois conclus au terme d'enchères inversées ! De leur côté, les utilisateurs recherchent des AAE pour obtenir de l'énergie à un prix fixe moindre que celui du marché ! Seulement, l'intermittence reste un problème pour le producteur qui ne peut pas fournir une énergie constante. Une solution pourrait être d'adosser la production solaire à du stockage pour disposer d'énergie en dehors des heures de production.

En France, la part du solaire est limitée. Les centrales ne sont pas pilotables. La production reste intermittente. Elle permet de réduire le prix moyen du kilowattheure électrique

https://www.pv-magazine.fr/2022/09/06/entretien-quelle-perspective-pour-le-solaire-dans-la-crise-energetique/

PV Magazine du 6 septembre 2022

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