L R AS Publié le lundi 11 janvier 2021 - n° 345 - Catégories : Europe, évolution-stat

Les cinq tendances de la transition énergétique européenne

2020 a été une année charnière pour la transition énergétique de l'Europe. Même le covid 19 n'a pas réussi à en ralentir l'élan. Le nouveau groupe de commissaires européens a créé un espoir vert en parallèle à la pandémie.

1°)  : l’ancienne ministre allemande de la Défense s’est retrouvée à la tête de la Commission sans avoir fait campagne

pour obtenir ce poste. Le manque d’accord entre dirigeants européens sur les candidats qui se sont présentés, lui a permis d’imposer sa vision. Elle a présenté le 2 décembre 2019 son Plan Vert qui comprenait un fonds conçu pour favoriser le changement pour les économies et les communautés qui dépendent de secteurs d’activité à forte intensité de carbone. Des objectifs climatiques plus ambitieux pour 2030 ont également été énoncés, avec un objectif de réduction des émissions de 55 % pour 2030, contre 40 % auparavant, ainsi qu'un objectif de zéro net pour 2050.

L’émergence de la pandémie a nécessité la mise en place d’énormes plans de relance. Le budget 2021-2027 s’établit à 1.800 Mds €, dont 750 Mds € pour la relance après la pandémie. 550 Mds seront utilisés pour des projets "verts".

Désormais, l'action climatique et la transition énergétique sont considérées comme des partenaires pour surmonter le coronavirus.

2°) Les grandes compagnies pétrolières se sont jointes à la transition énergétique : fin 2020, tous les grands groupes pétroliers européens avaient pris des engagements à long terme en matière de climat.

BP annonce vouloir investir 5 Mds $ par an dans des projets à faible intensité de carbone. Equinor prévoit d'investir 11,6 milliards de dollars uniquement dans les énergies renouvelables d'ici 2030. Iberdrola s'est engagé à porter ses investissements annuels dans les énergies renouvelables à 11,8 milliards de dollars.

BP et EDF se fixent le même objectif pour 2030, atteindre 50 GW d’EnR. Seulement, la pandémie a retardé le lancement de ce processus d’investissement

3°) L’hydrogène vert est passé de l’évocation au futur probable. Les nombreuses objections (trop cher, peu de demande, difficile à stocker car peu dense, la capacité renouvelable submergerait le réseau) ont été balayées. Un peu comme le solaire en 2007. De grandes entreprises européennes s’engagent au profit de l’hydrogène.

Il reste beaucoup de problèmes à résoudre, comme celui de trouver un produit odorant qui fait que l'hydrogène sente mauvais sans pour autant détruire les infrastructures d’acheminement.

4°) L'éolien offshore ne fait que commencer : certains objectifs majeurs de déploiement pour 2030 ont été allongés dans l'Union Européenne (60 gigawatts), ainsi qu'au Royaume-Uni (40 gigawatts) et en Allemagne (20 GW). L'UE et le Royaume-Uni visent désormais 100 GW d'ici 2030, puis 300 GW d’ici 2050. L'éolien offshore flottant promet plus à l'avenir. Le plus grand projet de ce type au monde, le Hywind Tampen de 88 MW, a reçu l'approbation du gouvernement norvégien.

5°) L'énergie solaire est devenue l'électricité la moins chère au monde... La renaissance solaire européenne s’est poursuivie. La Pologne a rejoint l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne et la France parmi les cinq premiers marchés finaux pour 2020. Solar Power Europe prévoit pour 2021, une fourchette d’installation comprise entre 14,9 et 28,8 GW, et une croissance supérieure à 20 % pour 2021 et 2022.

https://www.greentechmedia.com/articles/read/2020-europes-energy-transition-in-five-trends

GreenTech Media du 30 décembre 2020

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