L R AS Publié le samedi 05 septembre 2020 - n° 330 - Catégories : stratégie ind.

Verkor précise son projet de production de batteries

Le PDG de la société Verkor (cf Schneider Electric va piloter la production de batteries en France) a été interviewé par BFM. Il précise son projet de production de batteries. Elle sera destinée à l'Europe du sud car cette région est très en retard sur les pays du nord (Scandinavie, Allemagne, Hongrie, Pologne), alors qu'elle produit beaucoup de véhicules.

Ce projet est soutenu par l'Europe à travers l'Alliance Européenne des Batteries et InnoEnergy. Il l’est surtout par Schneider Electric qui dirige l'industrialisation et la digitalisation, et par l’IDEC. Ce dernier est un développeur de projets industriels. Des discussions sont en cours avec d’autres acteurs stratégiques pour compléter ce tour de table de démarrage. L'ambition est de pouvoir lancer le démarrage de l’usine dès 2023.

Le projet mise sur le basculement des consommateurs vers les véhicules électriques lorsqu'ils auront découvert le confort, la qualité des véhicules, la durabilité, et l’extrême faiblesse des coûts d'entretien. En percevant ces qualités, les utilisateurs abandonneront définitivement les véhicules à moteur thermique. C’est pourquoi tous les constructeurs présenteront une gamme de plus en plus large de véhicules électriques.

L'usine produira des batteries pour 120 à 150.000 véhicules par an, alors que l'Europe en produit 20 millions. Chaque véhicule nécessite une batterie de 50 à 100 kWh. Il y a donc la place pour une vingtaine d'usines comparables. L'enjeu est de se doter de capacités industrielles pour tirer toute la filière, des matériaux de base à la production de batteries, puis au recyclage. La France doit disposer de plusieurs usines pour être un pays industriellement puissant sur cette filière.

Verkor veut utiliser les technologies actuelles et les moderniser car la batterie lithium-ion a des réserves d'augmentation de productivité de 5 à 10 % par an. Cela veut dire que les coûts vont baisser et que les voitures électriques vont devenir plus accessibles. Si on se dote de ces capacités de production, elles permettront de basculer sur la technologie suivante, parce qu'il n'y aura pas toute l’usine à redémarrer. Dans la décennie qui vient, il faut s'appuyer sur les technologiques actuelles.

Verkor veut être proche des installations de production et de consommation. Il s’inspire de l'exemple du suédois Northvolt également soutenu par InnoEnergy au démarrage. Elle est déjà compétitive en Europe par rapport aux asiatiques et vend des batteries à Volkswagen ou BMW. Il n’en fournit pas aux véhicules du sud de l'Europe.

Pour installer cette unité de production, il faut un terrain de 200 hectares et un tissu industriel qui puisse être complémentaire du projet de Total et de PSA (appelé ACC). Celui-ci est plutôt basé sur la technologie d'après. Elle est très complémentaire de Verkor pour alimenter toute la mobilité future à base de batteries qui est un bon moyen de décarboner les transports.

https://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2020/08/beno%C3%AEt-lemaignan-dans-les-batteries-lithium-ion-lam%C3%A9lioration-de-la-productivit%C3%A9-est-de-5-%C3%A0-10-par-a.html

Tecsol du 10 août

NDLR   La stratégie de Verkor est sage : utiliser les technologies actuelles, et les améliorer au fur et à mesure des progrès technologiques. Si le projet est bien calibré avec des équipements performants, la rentabilité de la production interviendra. La société s’inscrira dans le paysage industriel, puis évoluera progressivement. Ainsi présenté par Verkor, ce projet est plus réaliste et surtout plus efficace que celui de Total-PSA, même si on souhaite que les deux réussissent.

Cf le concurrent ACC Le projet de batteries de Total-SAFT/ PSA

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