L R AS Publié le samedi 29 août 2020 - n° 329 - Catégories : hydrogène

50 projets viables d'hydrogène vert sont en cours de développement dans le monde

50 projets viables d'hydrogène vert sont en cours de développement dans le monde. Ils ont besoin d’une capacité cumulée d'énergie renouvelable estimée à

50 GW (la moitié des installations solaires mondiales de l’année 2020). Ils auront le potentiel de produire 4 millions de tonnes de ce carburant par an. Ils mobiliseront 75 milliards de dollars, selon l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA).

« La plupart de ces 50 projets sont à un stade précoce, seuls 14 ont commencé à être construits et 34 sont au stade de l'étude ou du protocole d'accord. Un grand nombre de ces 50 projets d'hydrogène vert pourraient être retardés en raison d'un financement incertain, de consortiums d’entreprises ayant des buts différents ou d'une économie défavorable ».

La majorité des projets annoncés entreront en exploitation commerciale au milieu de la décennie, les installations à grande échelle démarreront en 2022-23 et 2025-26.

La Chine, le Japon et la Corée du Sud semblent donner la priorité à l'hydrogène produit à partir du gaz naturel (appelé hydrogène « gris », ou « bleu » si les installations capturent le carbone) plutôt qu'à l'hydrogène « vert » produit à partir d'énergies renouvelables. Pour l'IEEFA, la stratégie de l'hydrogène de l'Union européenne, dotée de 430 milliards d'euros, est la plus ambitieuse et la plus ciblée à ce jour. « L'UE souhaite remodeler son système énergétique et intégrer verticalement la chaîne de valeur de l'hydrogène avec l'énergie éolienne et solaire, l'électrolyse, la distribution et les applications ».

La demande annuelle d'hydrogène vert pourrait atteindre 8,7 millions de tonnes d'ici 2030 (le double de la production), ce qui entraînerait une importante pénurie d'approvisionnement au vu du portefeuille de projets déjà annoncés.

https://www.pv-magazine.com/2020/08/26/global-green-hydrogen-project-pipeline-reaches-50-gw/

PV Magazine du 27 août

NDLR   Que valent des prévisions à dix ans sur un produit nouveau ? Comment ont été faites les prévisions ? N’a-t-on pas accentué un peu le volume de la demande et réduit le montant de l’offre pour affirmer qu’il y aura pénurie d’hydrogène ? Quelle est la fiabilité d’une utilisation qui est à venir ? C’est avec de tels chiffres sans fiabilité et purement imaginés que la Commission Européenne s’est fondée pour décréter l’avenir de l’hydrogène !

Selon cette étude, les projets de construction d’unités de production d’hydrogène en sont à leur début. La prévision d’une production de 4 millions de tonnes en 2030 reste hypothétique. En effet, le coût de construction de ces unités est particulièrement élevé pour un prix de vente de cet hydrogène encore inconnu. Ainsi, les phénomènes d’annonces ont joué à plein. Seuls, les très grands groupes pourront réaliser ces installations.

La construction de 50 GW d’énergie renouvelable (la moitié des nouvelles installations mondiales solaires) pour produire cet hydrogène doit encore être réalisée. Elle exigera là aussi d’importants capitaux. La priorité mise sur l’hydrogène vert est surtout destinée à calmer les écologistes, mais elle risque de faire perdre un temps précieux et des capitaux importants à l’Europe. La politique de passer du gaz naturel à l’hydrogène permet de mieux gérer la transition énergétique, car le produit de base existe et le cycle de production est plus court.

Cette politique volontariste européenne a un coût qui se manifeste aussi dans le recyclage des panneaux. Celui-ci ne s’imposait pas jusqu’à présent et ne s’impose probablement pas pendant encore de nombreuses années. Le petit nombre de produits à traiter nécessite de subventionner la filière. Après ces dépenses, on s’étonne de ne plus avoir d’argent pour des projets directement utiles !

 Cf la NDLR de l'article Le recyclage des panneaux doit être subventionné comme le sera l'hydrogène

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