L R AS Publié le lundi 18 mai 2020 - n° 322 - Catégories : le Fil de la Semaine

Le Fil de la Semaine n°322 du 18 mai

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE

S'il n'y avait que cinq textes à lire cette semaine :

FRANCE  

   Une hausse exceptionnelle du chiffre d’affaires trimestriel de Neoen

LE MONDE         

    *  La conjoncture européenne dans le solaire parait satisfaisante

    *  Les équipementiers allemands traversent des temps difficiles

 

PRODUITS        
          
   *  Placer les panneaux sur des câbles au dessus d'autres infrastructures

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LES SOCIÉTÉS
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  *  Bientôt une unité de production de panneaux en Europe ?     .

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Autres articles intéressants :

FRANCE
 

    * 
SER-Soler estime que recréer une production européenne des panneaux s'impose
    * 
L'effet de la pandémie sur Engie

    * 
Enerplan présente un plan de relance au service du climat
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LA FILIÈRE

    * 
Quelle est l'efficacité respective de panneaux à terre ou en mer ?

    *  Etude de la dégradation des batteries lithium-ion
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LE MONDE

    * 
Augmentation de 44 % de la demande de devis solaires aux Etats-Unis

    *  La Chine et les Etats Unis lanceront-ils des plans de relance des EnR ?

    * 
De l'énergie solaire + stockage au prix de 0,038 $ / kWh
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LES PRODUITS

    * 
DuPont alerte sur la fissuration des feuilles de fond en PVDF. Est-ce vrai ?

    *  La perte d'efficacité des panneaux colorés serait plutôt faible

    * 
Un nouveau système de stockage de l'énergie par gravité

    * 
Une technique naturelle de rafraichissement des panneaux
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LES SOCIÉTÉS

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Comparaison de l'évolution des cinq principaux fabricants d'onduleurs

 

     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

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FRANCE
 

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SER-Soler estime que recréer une production européenne des panneaux s'impose

Le président de SER-Soler estime que recréer une production européenne des panneaux s'impose car la baisse des prix des produits et l'amélioration de l'efficacité augmentent proportionnellement le coût du transport. Avec des processus de fabrication hautement automatisés, le coût de la main-d'œuvre ne suffit plus pour justifier une fabrication exclusivement asiatique.

Le moment est probablement venu de redémarrer l'industrie solaire européenne.

Deux projets sont à l'étude, celui de Meyer Burger et celui de REC Group. « Il considère, aujourd'hui, que la meilleure option pour l'industrie européenne est une usine française. Pour des raisons politiques, une telle décision garantirait sans aucun doute le soutien du gouvernement à notre industrie solaire, de la fabrication en amont aux projets en aval. »

https://www.pv-magazine.com/2020/05/12/a-gigawatt-solar-factory-in-europe-why-it-must-be-in-france/

PV Magazine du 13 mai

NDLR   M. Daval est dans son rôle de promouvoir la filière solaire


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L'effet de la pandémie sur Engie

Début avril, ENGIE avait reconnu les impacts sur son unité ‘‘énergies renouvelables’’, du fait « des contraintes opérationnelles, d’approvisionnement et de partenariat financier ». Mi-mai, le groupe est davantage confiant, affirmant qu'il s'attendait actuellement à un « faible impact » de la pandémie, les projets en cours, les chaînes d'approvisionnement et les opérations des installations, restant « largement inchangées », tout en reconnaissant que « des incertitudes demeurent sur les retards potentiels de mise en service et de cession, les devises et le calendrier des décisions favorables au Brésil. »

Au 1er trimestre, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 16,5 Mds €, un EBE de 3,1 Mds €, et un résultat opérationnel de 1,9 Md €. L'activité renouvelable a vu son résultat opérationnel monter de 17 %. Ceci est dû à la forte production d'hydroélectricité et à la mise en service d'énergie solaire et éolienne

PV Tech du 11 mai

NDLR   Il apparait de plus en plus que la pandémie n’affectera pas l’exercice 2020 chez Engie comme dans d’autres sociétés, mais davantage 2021. C’est la conséquence de la période de deux mois au cours de laquelle les activités ont été réduites ou même inexistantes. La période post-confinement parait ne pas être celle d’un plein retour à une intensité de travail, ce qui reportera d’autant la reprise d’activité.


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Une hausse exceptionnelle du chiffre d’affaires trimestriel de Neoen

Au 1er trimestre, Neoen a augmenté de 61 % son chiffre d'affaires en un an, le portant à 96 M€. La production d'énergie augmente de 59 %. 143 MW ont été mis en service, portant la capacité de la société à 2 GW (+ 8 % en un an). Les actifs en construction s'établissent à 1,1 GW, et les projets gagnés à 1,0 GW. Au total, la société détient 4,2 GW en exploitation, en construction et contrats obtenus à fin mars 2020 (+ 1 %).

Durant le trimestre, la société a bénéficié d'un taux de charge moyen des actifs éoliens qui atteint 41 % contre 36 % il y a un an, du fait d'un fort vent. En revanche, le taux de charge moyen des actifs solaires atteint 18 %, contre 21 % il y a un an.

Le chiffre d'affaires (96 M€) provient du solaire (40 %), de l'éolien (37 %) et du stockage (23 %).

Le chiffre d’affaires de l’activité solaire est ressorti en hausse de 46 % par rapport au premier trimestre 2019 grâce à la contribution des centrales mises en service en 2019 en Australie, en Zambie, en Jamaïque et en France. Cette croissance s’explique également par les premiers revenus obtenus par les centrales solaires de Capella au Salvador et d’El Llano au Mexique.

L'activité stockage a été portée de 7 % au 1er trimestre 2019, à 23 % cette année du fait d'éléments exceptionnels qui ne se reproduiront pas sur l'année.

La société confirme son objectif d'excédent brut d'exploitation de 270 à 300 M€ en 2020, et supérieur à 400 M€ en 2022 avec un actif de 5 GW en exploitation.

Communiqué de la société du 14 mai

NDLR   A regarder superficiellement, la croissance du chiffre d'affaires fait excellente impression. Seulement, il dépend de la mise en service de centrales qui n'ont pratiquement pas augmenté au cours de l'année (+ 8 %). La mise en service de la centrale mexicaine de 375 MW est retardée du fait de la moindre demande d'énergie dans le pays et à fin mars, le portefeuille de centrales en construction reste identique au chiffre de 2019.

 Il faut donc s'attendre à une faible progression des ventes au cours des 2ème et 3ème trimestres.


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Enerplan présente un plan de relance au service du climat

Au moment où il faut sauver le secteur aérien, les constructeurs automobiles, les professionnels de la restauration et des voyages, et bien d’autres activités indispensables à la vie économique nationale, Enerplan présente un plan de relance au service du climat

Il préconise un rythme annuel de raccordement de 3 GW. Ceci passe par :

Libérer immédiatement le segment des petites centrales en élevant le plafond du guichet tarifaire à 1 MW pour tous les segments. Parallèlement pour être efficace, cet élargissement doit s’accompagner d’un allégement des procédures administratives, d’une révision et d’une simplification des arrêtés tarifaires, d’une bonification des petites installations avec stockage et/ou dispositif de recharge de véhicule électrique en zone non-interconnectée.

Débrider les appels d’offres, en élargissant les critères d’éligibilité des terrains qui sont aujourd’hui trop restrictifs et encouragent une hausse démesurée du prix du foncier éligible ; et en maintenant en durée les droits acquis (autorisations, enquêtes publiques, CETI, ...)

Accélérer les cycles du développement des projets, en refondant en profondeur les procédures d’urbanisme : dans un premier temps rappeler la nécessité impérieuse que se poursuivent les procédures de soumission de dossiers d’urbanisme, leur étude par les services instructeurs et les délais liés aux forclusions des délais de recours et de purge des dossiers. Dans un second temps, transmettre aux préfets et collectivités des objectifs départementaux ou régionaux afin de s’assurer du concours de tous les territoires à la réussite de la PPE.

Le but est de bâtir une filière solaire forte et dynamique

Ceci est un résumé d’un texte de huit pages

https://tecsol.blogs.com/files/enerplan-une-relance-au-service-du-climat-vf-mai-2020.pdf

Enerplan
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LA FILIÈRE

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Quelle est l'efficacité respective de panneaux à terre ou en mer ?

L'université d'Utrecht (Pays Bas) a cherché à déterminer l'intérêt d'une installation solaire flottante en mer du Nord, par rapport à une installation terrestre sur le plan de la productivité d'énergie (et non sur le plan des coûts). Il s'agit d'une simulation et non de l'installation physique d’installations.

L'installation en mer pourraient générer 13 % de puissance en plus par an :

Les chercheurs ont tenu compte des températures ambiantes moyennes, de la surface de l'eau, de l'effet des vagues. La mer ainsi que le vent ont été considérés comme un système de refroidissement, d'où une grande amplitude de température de l'air sur la mer : elle est de 4 °C contre seulement 1,1 °C sur terre. A la surface de la mer, l'amplitude est de 1,8 °C à 16,7 °C.

Ils ont tenu compte des variations de l'inclinaison des panneaux par les vagues

L'installation au sol a généré 1.192 kWh par an, par kilowatt installé. Le système flottant était 13 % plus productif, avec 1 346 kWh, selon le modèle. L'irradiance totale reçue sur une surface horizontale était 8,5 % plus élevée pour le système flottant. Si le vent n'oriente pas les panneaux dans la meilleure position constamment, le refroidissement par l'eau augmente l'efficacité, car la température du panneau est plus basse et plus constante aussi.

D'autres études sont en cours par d'autres sociétés ou organismes. La société Oceans of Energy gère un projet solaire offshore de 8,5 kW en mer du Nord.

Un consortium belge comprenant Tractebel filiale d’Engie travaille sur un autre projet solaire offshore en mer du Nord.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/13/offshore-vs-land-based-solar/

PV Magazine du 13 mai

NDLR   Une simulation aussi précise soit-elle est toujours moins convaincante qu’une expérience réelle. Il suffit d’avoir omis ou mal calibré un paramètre pour que le résultat soit faussé. Il est impossible de déterminer de l’extérieur où l’erreur se cache.

L’opération cherchait à déterminer l’efficacité des panneaux sur mer et sur terre. L’écart de gain (13 %) serait probablement supprimé si on considérait aussi les coûts d’installation. Or un développeur ne cherche pas uniquement l’efficacité, mais à combien lui revient une installation.
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LE MONDE

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La conjoncture européenne dans le solaire parait satisfaisante

Plusieurs marchés européens de premier plan ont fait preuve d’une résilience encourageante au cours de la pandémie, avec un espoir certain de retrouver un rythme opérationnel normal

beaucoup plus tôt que certains ne le craignaient initialement, indique Q Cells. Si une récession en Europe semble inévitable, certaines industries ont mieux résisté dans cette conjoncture. On peut déjà distinguer des indications positives d’un redémarrage de l’activité économique dans le photovoltaïque.

De son côté, Wood Mackenzie estime que la demande mondiale d'énergie solaire diminuera de 19 % en 2020 du fait de la pandémie, et que les installations nouvelles atteindront 16 GW. Ainsi, l'impact du coronavirus serait de 3,8 GW en termes de demandes perdues. Les dommages pourraient bien s’avérer relativement minimes.

En Italie, pays le plus touché par la crise sanitaire, Q Cells constate que la demande des ménages et des professionnels est restée forte ces derniers mois avec des volumes supérieurs à 100 MW. Il remarque un fort désir de rattraper le temps perdu. Il s’attend à voir les installations solaires connaître un pic de développement à grande échelle dès la levée des restrictions en Italie.

Au Royaume-Uni, où le nombre de décès lié au virus est élevé, le constat est le même : le recul ne serait que temporaire. Lorsque le confinement sera assoupli, les commandes, suspendues par la crise sanitaire, seront réalisées : un grand nombre d’installations pourraient bien survenir pendant la seconde moitié de l’été. Ainsi, les installations 2020 pourraient dépasser celles de 2019.

En Suède, l'activité a été soutenue au premier trimestre. Bien évidemment, les installations ont été réduites en mai et juin, mais la situation se normalisera à partir de juillet.

En Pologne, une crise profonde a été évitée. Le retour à la normale économique ne semble pas éloigné. La demande d'énergie solaire continue de croître à l’échelle du pays, en particulier dans le secteur résidentiel.

Aux Pays-Bas, selon DNE, le marché a été pénalisé par une faible demande en mars et avril. En juin, une diminution supplémentaire de 35 % des installations est anticipée, largement à cause de problèmes liés à l’approvisionnement en composants. Ces retards pourraient compromettre les projets qui doivent être complétés dans un calendrier serré afin de respecter les critères réglementaires permettant d’obtenir la subvention SDE+.

En France, la levée du confinement à partir du 11 mai permet aux installateurs de reprendre le travail. Pendant quelques semaines, le rythme normal de travail ne sera pas encore rétabli du fait des difficultés d'organisation des clients de Q Cells, qui doivent se procurer des masques et du gel, ce qui reste toujours difficile à trouver en France, alors que le premier trimestre avait été très dynamique.

En Allemagne, les installations d’énergie solaire en mars et avril ont été dynamiques. La crise sanitaire a eu un impact très réduit. La bonne organisation des fournisseurs et le bon travail des installateurs permettent au marché allemand et tenir ses positions malgré la pandémie. Le marché allemand reste quasiment non affecté. La menace se situe davantage du fait de la limite de 52 GW installés, qui au-delà, supprime des avantages fiscaux pour les installations de moins de 750 kWc. Le volume pourrait sensiblement baisser en cas de non-relèvement de ce seuil.

Les marchés solaires d’Espagne et du Portugal ont traversé la période de crise avec des perturbations minimales. Les installations de panneaux PV ont cessé une quinzaine de jours autour de pâques. Comme ailleurs, la demande a été réduite, entrainant une chute des prix de gros, mais ils vont vite retrouver leurs niveaux d’avant. Dans le même temps, le financement des projets PV continue, avec davantage d’investisseurs voyant le PV comme un refuge sûr. Dans le secteur résidentiel, même les mesures spécifiques imposées pendant le confinement n’ont pas ralenti la croissance du PV sur toit en Espagne.

La situation est encore meilleure au Portugal, où le confinement a été beaucoup plus léger et où les activités de construction ont pu continuer sans problème.

Tandis que les mesures restrictives s’assouplissent à travers le continent européen, il y a, au sein de l’industrie, un très grand désir de rattraper le temps perdu. Ceci se constate, selon Q Cells, par exemple au fait que si les taux d’installation ont, bien entendu, beaucoup baissé au tout début, les volumes de commandes et l’activité commerciale générale se sont maintenus à un niveau élevé pendant toute la période.

Les défis qui nous attendent à l’avenir sont de grande ampleur. Nous les connaissons encore peu. Il faut se focaliser sur la grande opportunité et sur la responsabilité inhérente au redémarrage de nos sociétés après le confinement et en particulier en matière de consommation d’énergie post-covid 19. L’énergie solaire est l’une des solutions de pointe vers un âge nouveau, marqué par les énergies renouvelables.

https://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2020/05/tandis-que-leurope-assouplit-le-confinement-d%C3%BB-au-covid-19-q-cells-souligne-la-r%C3%A9silience-du-march%C3%A9-.html

Tecsol du 17 mai

NDLR  Ce tour d’horizon européen redonne espoir, alors que les commentaires sont tous anxiogènes concernant le solaire ou les autres activités industrielles. Il est vrai que celui qui n’annonce pas une crise bien plus grave que celle déjà annoncée ou qu’on imagine, n’est pas écouté, ni entendu !

Ainsi, dans tous les pays il y a une prise de conscience de l’intérêt des énergies renouvelables ; il y a eu une adaptation plus ou moins aisée de la profession solaire aux conditions créées par la pandémie ; il y a un carnet de commandes qui assure un certain volume d’activité. Il y a l’amortisseur de la production d’énergie qui fournit un chiffre d’affaires récurrent aux différents développeurs et propriétaires d’installation. La profession s’en sort bien. Les investisseurs ont bien compris l’attrait de cette activité


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Augmentation de 44 % de la demande de devis solaires aux Etats-Unis

Le coréen LG a constaté une augmentation de 44 % de la demande de devis solaires au cours des mois de mars et avril aux Etats-Unis. Le trafic internet a montré une augmentation (+ 13 %) des clients intéressés par l'énergie solaire depuis le début du confinement contre les coronavirus. Ceci infirme l'idée que la pandémie devait mettre le solaire entre parenthèse.

Si l'intérêt des ménages est plus grand, il faut concrétiser ces intentions en commandes. LG s'intéresse aux visiteurs qui n'envisageaient pas le solaire avant la pandémie et qui considèrent le solaire comme une solution aux questions sur l'énergie et la résilience.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/13/people-in-quarantine-in-the-united-states-are-searching-for-solar-power/

PV Magasine du13 mai


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La Chine et les Etats Unis lanceront-ils des plans de relance des EnR ?

A certains égards la crise sanitaire ressemble à la crise financière de 2008. À l'époque, Pékin et Washington ont lancé d'énormes plans de relance qui ont augmenté la demande, y compris les énergies renouvelables.

En Chine en 2008, les fabricants solaires chinois ont gagné des parts de marché dans le monde

alors que la demande européenne diminuait. La Chine a alors augmenté considérablement ses capacités de production. Les installations cumulées en Chine sont passés de 0,3 GW à 205 GW entre 2009 et 2019, dépassant les autres pays dans la course solaire mondiale.

Aujourd'hui, la Chine n'est plus dans la même situation. En 2009, la Chine a lancé un plan de relance de 590 milliards de dollars. Aujourd'hui, la montagne de dettes est trop élevée. En 2019, les nouveaux emprunts représentent environ la moitié du produit intérieur brut mondial.

Aux Etats-Unis, le plan de relance de l’administration Obama en 2009 a investi 90 milliards de dollars pour promouvoir l’énergie renouvelable grâce à des incitations telles que des crédits d’impôt.

En 2008, une étude du Center for American Progress estimait qu'un investissement de 100 Mds $ dans les énergies propres créerait 2 millions de nouveaux emplois, alors que le même investissement dans les anciennes énergies ne procurerait que 540.000 emplois. Pour le gouvernement, le choix était alors évident.

Le gouvernement américain a élargi le plan de relance pour inclure des prêts fédéraux &fin de favoriser divers projets d'énergie propre. Il a également fourni le premier financement de l'Agence de projets de recherche avancée-Énergie (ARPA-E), contribuant à ouvrir la voie à la technologie et à commercialiser la prochaine vague. Cela a contribué au déploiement de l'énergie solaire photovoltaïque parmi les compagnies d’électricité.

En 2020, les professionnels ont été déçus lorsque l'administration Trump a dénoncé l'accord vert. En mars 2020, le président a signé un plan de relance de 2.000 milliards de dollars pour secourir l'économie et les américains. Mais ce plan oublie les extensions de crédit d'impôt solaire et les paiements directs aux énergies renouvelables.

La profession a essayé de faire prolonger le crédit d'impôt à l'investissement de 26 % ou de prolonger la zone de sécurité de 5 % pour deux ans de plus.

Depuis 2008, le gouvernement américain a changé son attitude envers les énergies renouvelables. Elles ont montré leur capacité à traverser la crise. La vision protectrice du secteur s’est renforcée auprès des investisseurs ainsi que leur image à créer davantage d’emplois que les autres industries.

https://www.infolink-group.com/en/solar/analysis-renewables-issues/Green-stimulus-after-pandemic-A-dilemma

PV InfoLink du 11 mai

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Les équipementiers allemands traversent des temps difficiles

L'association VDMA prévoit une année 2020 difficile à cause de la crise sanitaire. Les ventes avaient déjà considérablement baissé l'an dernier. Le niveau actuel des prises de commandes ne laisse entrevoir aucun espoir.

Les ventes des équipementiers allemands en 2019 ont diminué de 19 % sur 2018. Plus grave, les prises de commandes ont diminué de moitié entre la période comparable de 2018 et le 4ème trimestre 2019.

Malgré des fluctuations habituelles dans les cycles d'équipements, le VDMA estime qu'il ne semble pas que les fabricants allemands d'équipements photovoltaïques pourront se remettre de cette crise dans un avenir proche, en raison de la pandémie actuelle.

Les équipements allemands pour le solaire ont été exportés à 97 % l'année dernière (ce qui constitue un record). Plus de 90 % ont été envoyés en Asie. Les produits en couches minces ont représenté 53 % des ventes, les chaînes de production cellulaire en constituant 43 %.

Le coronavirus devrait provoquer un effondrement des commandes asiatiques d'équipements solaires cette année. En même temps, cette pandémie incite les marchés mondiaux à ne plus dépendre des panneaux solaires d'Extrême-Orient. L'ingénierie photovoltaïque allemande constate une augmentation significative des demandes de renseignements pour la construction d'usines solaires provenant d’autres régions du monde. La production nationale, pour réduire la dépendance à l'égard de la Chine, est une tendance générale. Cette attitude offre d'excellentes opportunités d'exportation pour la fabrication de machines photovoltaïques. VDMA souligne l'exemplarité de l'accord entre REC Group et Meyer Burger pour rétablir la fabrication d'énergie solaire à l'échelle du gigawatt en Europe.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/14/hard-times-for-german-pv-equipment-providers/

PV Magazine du 14 mai


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De l'énergie solaire + stockage au prix de 0,038 $ / kWh

Une enchère portant sur 400 MW de production d'énergie solaire, éolienne ou hybride avec un système de stockage a été gagnée en Inde par Renew Power pour 25 ans. Ce projet vise à fournir de l'énergie renouvelables 24h sur 24h.

Le tarif augmentera de 3 % par an pendant les 15 premières années de l'accord, puis deviendra un paiement fixe. L’approvisionnement en électricité sera garanti par ReNew.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/11/indian-renewables-plus-storage-tender-secures-power-for-0-038-kwh/

PV Magazine du 11 mai

NDLR   La faiblesse du prix de l’enchère fait réfléchir sur l’arrivée prochaine de l’ensemble production d’énergie + stockage.
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LES PRODUITS

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DuPont alerte sur la fissuration des feuilles de fond en PVDF. Est-ce vrai ?

Après avoir inspecté neuf millions de panneaux installés sur 550 centrales photovoltaïques, DuPont Photovoltaic a identifié une augmentation rapide de la fissuration des feuilles de fond en PVDF (polyvinylidène fluorure).

Le taux global de fissuration de la couche extérieure des feuilles de fond en PVDF a quadruplé (de 5 à 23 %) sur les panneaux ayant été installés pendant cinq ans, entre quatrième année et la neuvième année.

Des fissures plus profondes de la feuille de fond avaient également entraîné des problèmes de délaminage de la feuille de fond.

La société précise : « la délamination et la fissuration ont été observées dans plusieurs installations de panneaux à double vitrage. La délamination semble provenir des bords d'un panneau ou de cellules individuelles, tandis que les fissures proviennent probablement des rayures ou des éclats sur les surfaces, les bords du verre ou des élévateurs de contraintes introduits par le système de rayonnage ».

DuPont a noté des échecs de feuille de fond plus élevés lors de l’utilisation de panneaux PET et verre / verre.

PV Tech du 13 mai

NDLR    Est-ce que cette affirmation de DuPont est objective ou partisane ? La société fabrique elle aussi des feuilles de fond. Critique-t-elle ses propres produits ou uniquement ceux de ses concurrents ?

Il est connu que DuPont produit une feuille de fond transparente plutôt qu’une plaque de verre au dos (panneau verre-verre). Comme par hasard, ce sont ces panneaux qui sont visés par cette étude. Que vaut-elle ?


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La perte d'efficacité des panneaux colorés serait plutôt faible

L'Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée (TNO), a menés des tests depuis 2017 sur les panneaux BIPV colorés. Il y a quelques années à peine, on pensait que le rendement énergétique serait inférieur, jusqu'à 50 %, à celui des panneaux conventionnels. Les tests ont montré une différence qui pouvait être réduite à 10 % seulement. Les pertes varient en fonction de la couleur d'un panneau. Il y a deux sortes de panneaux colorés

Les panneaux texturés n'ont aucune perte de performances par rapport à un panneau normal. Les petites pertes dues à la couche supplémentaire de verre texturé sont compensées par le gain de davantage de rendement lors de faibles angles d'incidence.

Un panneau coloré empêche que tout le spectre solaire visible soit transmis à la cellule. Une partie des rayons sera réfléchi ou absorbé.

Dans les panneaux photovoltaïques non colorés conventionnels, toutes les couches au-dessus des cellules solaires (la vitre avant et l'encapsulant) doivent être optimisées pour être aussi transparentes que possible, afin de permettre la transmission de la lumière et d'atteindre les cellules solaires.

Il existe actuellement deux approches principales pour colorer les panneaux PV : une technique consistant en une coloration à base de pigments et une méthode de coloration structurelle. La première technique fait référence à l'application de colorants et de pigments qui absorbent principalement et reflètent partiellement des parties spécifiques du spectre. C'est le cas, par exemple, avec des points colorés imprimés sur le verre PV avant ou sur un encapsulant coloré.

La coloration structurelle est obtenue par l'interaction de la lumière elle-même avec des surfaces nano-structurées ou des revêtements multicouches à couches minces. Les filtres d'interférence déposés sur le verre exploitent l'effet d'interférence pour ne réfléchir sélectivement qu'une partie étroite du spectre visible.

La façon dont une couleur est obtenue et dont elle affecte les performances d'un panneau PV dépend donc fortement de la technologie spécifique utilisée et des phénomènes optiques qui s’y produisent.

Idéalement, un panneau PV coloré devrait pouvoir refléter seulement une bande étroite du spectre visible et transmettre tout le reste.

Les pertes de performance du PV coloré sont principalement dues à la quantité moindre de photons qui sont transmis aux cellules solaires, ce qui entraîne à son tour une baisse du courant et une réduction de la production d'énergie. Les pertes de puissance pour les produits PV colorés désormais disponibles sur le marché varient entre environ 10 % et 40 %. Les pertes dépendent également fortement de la couleur spécifique, car chaque couleur est caractérisée par un spectre de réflexion spécifique.

Les couleurs à base de pigments absorbent toujours une partie du spectre.

En général, un compromis doit toujours être trouvé entre les performances électriques, le coût et la qualité esthétique.

Une des raisons pour lesquelles les modules colorés sont encore beaucoup plus chers que les panneaux conventionnels, est que l'industrie du bâtiment est en fait assez conservatrice. En tant qu'élément de façade, les modules colorés BIPV doivent répondre à des exigences strictes de sécurité et être suffisamment solides pour éviter des défaillances de toute nature. Parce que si quelque chose échoue, les coûts de réparation peuvent être énormes.

Les modules colorés sont considérés comme idéaux pour les applications de façade. Tout d'abord, parce que les façades sont beaucoup plus visibles que les toits. Ensuite, parce que l'euro / m² pour une façade est déjà nettement plus cher que pour un toit en pente. Ainsi, le coût supplémentaire relatif de la couleur est beaucoup plus faible pour l'application de façade. »  Les panneaux BIPV sur les toits en pente sont toujours un marché de niche.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/14/colored-pv-module-performance-is-underestimated/

PV Magazine du 14 mai


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Placer les panneaux sur des câbles au dessus d'autres infrastructures

Après avoir obtenu la chute des prix des panneaux à moins de 0,25 $ / watt, il faudrait examiner s'il n'y a pas une autre façon, moins chère, de les placer. On connait la pose sur les toits et les installations en grandes centrales. Un américain a eu l'idée de positionner les panneaux en hauteur, mais sans autre support que des câbles. Ceci réduit les coûts d'installation et permet de poser les panneaux au-dessus de surfaces déjà occupées, telle que les rivières (en Inde par la société P4P), les lignes de train, routes, ... Le gros avantage est de positionner les panneaux sur une plus grande largeur, sans être limité par des rayonnages fixes et par une longueur limitée

Un seul panneau solaire de 300 W peut faire circuler un train sur 7.000 miles par an, ou 5 miles à 20 miles par jour. Selon la National Transportation Database, un panneau de 300 watts permet de le faire circuler sur 4.000 miles. 1 MW à 3 MW de panneaux solaires peuvent couvrir un mile de voies ferrées, et transporter 2 à 6 millions de passagers par an.

Avec 300 W, un véhicule électrique peut parcourir 1.600 miles par an, ou 4,5 miles par jour, soit 40 % de la capacité d’un train électrique américain. Il est environ 2,5 fois plus efficace que les véhicules électriques personnels, qui sont à leur tour environ 2,5 à 3 fois plus efficaces qu'un véhicule à moteur à combustion interne.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/11/solar-canopies-can-put-pv-panels-in-some-new-and-interesting-places/

PV Magazine du 11 mai


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Un nouveau système de stockage de l'énergie par gravité

La jeune entreprise écossaise Gravitricity propose un nouveau système : une plate-forme de 16 m de haut utilise l’énergie pour élever une masse dans un puits de 150 à 1.500 m. Elle décharge l'électricité ainsi « stockée » en libérant la masse pour faire tourner un générateur électrique. La masse utilisée peut aller de 500 à 5.000 tonnes. L'électricité déchargée pourrait alimenter 30.000 foyers à proximité pendant deux heures.

L'installation peut répondre à la demande de pleine puissance en moins d'une seconde (aussi vite qu'une batterie au lithium)

Un projet pilote sera construit en octobre sur un site industriel à Port of Leith (Ecosse). Son achèvement est prévu pour décembre, le prototype de 250 kW sera connecté au réseau électrique du port et sa vitesse de réponse pour la stabilisation du réseau sera évaluée.

Le système pilote utilisera deux poids de 25 tonnes suspendus par des câbles en acier. Ce programme de test de deux mois confirmera la modélisation et fournira des données précieuses pour ce premier projet à grande échelle de 4 MW, qui sera lancé en 2021.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/11/storing-wind-and-solar-with-new-gravity-based-system/

PV Magazine du 11 mai


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Etude de la dégradation des batteries lithium-ion

Après avoir élaboré un algorithme d'apprentissage automatique, des scientifiques du SLAC National Accelerator Laboratory aux États-Unis ont pu suivre les particules individuelles dans une cellule de batterie lithium-ion.

Ils ont pu observer la façon dont les batteries perdent leurs performances au fil du temps.

Ils ont constaté que les particules de batteries NMC se détachent de la cathode et pourraient être une cause de dégradation des performances. Ils ont observé que des petites et de grosses particules se détachent souvent et que les petites particules ne se comportent pas uniformément.

La perte de performances au fil du temps est l'un des nombreux problèmes communs aux technologies de batterie lithium-ion d'aujourd'hui. L'élimination de cette dégradation est une priorité pour les scientifiques du monde entier.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/13/a-closer-look-at-battery-degradation-assisted-by-machine-learning/

PV Magazine du 13 mai

NDLR   C’est la première fois, à notre connaissance, qu’on évoque la perte de performance des batteries au lithium ion. Il serait bon de connaitre la rapidité de perte de performance et la durée de vie.

En effet, des incitations sont proposées pour l’achat de véhicules électriques mais on évite, bien soigneusement, de dire que le kilométrage annoncé lors d’une recharge diminuera avec le temps. Il ne suffit pas de dire que la durée de vie d’un tel véhicule est bien plus longue qu’un véhicule à essence si la batterie doit être changée du fait de sa perte de charge ! Le renchérissement de l’utilisation est évident.


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Une technique naturelle de rafraichissement des panneaux

Des scientifiques d'Arabie saoudite ont proposé une nouvelle technique de refroidissement des panneaux photovoltaïques. Ils proposent de récupérer l'eau de l’atmosphère.

L'appareil utilise la chaleur perdue du panneau PV pour collecter l'eau la nuit. Il l’utilise pendant la journée pour refroidir le panneau. Les chercheurs affirment que le dispositif peut aussi produire de l'eau pour nettoyer des panneaux.

Ce système réduirait la température de plus de 10 °C et augmenterait la production d'électricité de la cellule solaire jusqu'à 15 % par rapport à la cellule solaire sans récupérateur d'eau.

Le rendement énergétique des panneaux est augmenté de 19 % à 13 %.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/12/harvesting-atmospheric-water-to-cool-down-pv-panels/

PV Magazine du 12 mai
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LES SOCIÉTÉS

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Comparaison de l'évolution des cinq principaux fabricants d'onduleurs

L'étude compare cinq fabricants d'onduleurs cotés en bourse, SolarEdge, SMA, Sungrow, Enphase et Ginlong. Ils ont tous réalisé d’importants gains de chiffre d’affaires en 2019, ce qui contraste fortement avec plusieurs années de fluctuations volatiles.

La croissance de SolarEdge a été remarquable. Il a également dépassé deux principaux concurrents (SMA et Sungrow) depuis 2017.

SolarEdge s'est révélé être un leader dans la croissance des revenus depuis plusieurs années.

SMA a rebondi fortement en 2019. Bien que l'écart de revenus ait continué de se creuser au cours du premier trimestre de 2019, SMA a récupéré une partie des gains de SolarEdge en 2019.

Après avoir longtemps été à la traîne du groupe, Enphase a affiché une forte reprise de son chiffre d'affaires à partir du deuxième trimestre 2018. Il a augmenté rapidement en 2019, affichant un nouveau record en glissement trimestriel.

Ginlong a connu sa première année en tant que société cotée en 2019,

L'étude indique des revenus beaucoup plus faibles pour les onduleurs photovoltaïques au premier semestre, suivis d'une augmentation des ventes au troisième trimestre et d'une hausse massive des revenus au quatrième trimestre 2019. En conséquence, Sungrow a dépassé Enphase au quatrième trimestre de 2019.

Expéditions d'onduleurs photovoltaïques : le volume expédié d'onduleurs photovoltaïques dépend fortement de la gamme de produits des entreprises. SMA et Sungrow fournissent des onduleurs centraux aux compagnies d’électricité. Ils ont donc généralement des livraisons plus élevées contrairement aux fournisseurs de micro-onduleurs. Enphase approvisionne principalement les toits résidentiels dans certaines régions clés telles que les États-Unis et l'Europe.

Bien que Sungrow soit un leader dans les expéditions, ses taux de croissance annuels ont été minimes ces dernières années. Ils ont connu la croissance la plus faible par rapport à ses rivaux en 2019.

Huawei est toujours considéré comme la société ayant une part de marché prépondérante, presque le double en mégawatts de celle du n° 2, Sungrow, et presque le triple de celle de SMA.

https://www.pv-tech.org/editors-blog/rival-revenue-and-shipments-analysis-of-listed-pv-inverter-manufacturers-in

PV Tech du 11 mai


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Bientôt une unité de production de panneaux en Europe ?

REC Group envisage de créer une usine de production de panneaux à hétérojonction de 2 GW. Il a cité Sarreguemines

(nord-est de la France) pour l’implanter. Cette augmentation de capacité serait réalisée avec un partenaire stratégique. La production serait destinée à l'ensemble de l'Europe.

Cette annonce de REC Group intervient peu de temps après que Meyer Burger ait évoqué des plans similaires, en Rhénanie-Westphalie (Allemagne) cette fois (Meyer Burger envisage de construire une usine de panneaux à haute efficacité.) sur les lieux d’une ancienne mine de charbon

Rappelons que REC Groupe et Meyer Burger ont déjà coopéré pour l'installation et l'exploitation d’une ligne de production de 600 MW à hétérojonction.

Bien évidemment, le président de SER-Soler préconise le site français.

https://www.pv-magazine.com/2020/05/13/rec-group-mulls-french-module-gigafactory/

PV Magazine du 13 mai

NDLR   La présence d’un fabricant international donnerait beaucoup de crédibilité à une unité de production en Europe. Elle aurait beaucoup de probabilité de succès. Encore faut-il que la Commission Européenne favorise son implantation par un soutien politique. En effet, la Chine interdit quasiment la vente de panneaux étrangers sur son territoire et exige que le reste du monde ouvre ses frontières. Cette distorsion est inacceptable mais la Commission jusqu’à présent ne s’en était pas rendu compte !

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