L R AS Publié le lundi 04 mai 2020 - n° 320 - Catégories : le Fil de la Semaine

Le Fil de la Semaine n°320 du 4 mai

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE

S'il n'y avait que cinq textes à lire cette semaine :

FRANCE  

    *  La baisse de la demande d'électricité affecte les distributeurs alternatifs       

LA FILIÈRE

     *  BloombergNEF constate des gains spectaculaires sur le solaire et le stockage

     *  L'état du photovoltaïque selon le VDMA

LE MONDE         

     *  Les installateurs résidentiels américains prêts à tout pour obtenir des clients

PRODUITS    

    *  Les avantages d'une batterie à flux
    

 

Autres articles intéressants :

LA FILIÈRE

    *  Même l'énergie solaire est affectée par la pandémie

    *  La crise va favoriser les grands acteurs disposant de liquidités

    *  Financer les constructions d'EnR avant, plutôt qu'après   
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LE MONDE

    * 
Un tour du monde des perturbations PV causées par le virus

    *  Les grands projets solaires sont de retour aux États-Unis

    *  Révocation de l'exemption tarifaire pour les panneaux bifaces
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LES PRODUITS

    * 
Le marché des onduleurs a augmenté de 18 % en 2019

    *  Les multiples et récentes avancées dans la connaissance de la pérovskite

    *  Le panneau Vertex de Trina Solar atteint 516 Wc
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LES SOCIÉTÉS

    * 
Sungrow a développé l'exportation en 2019
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DIVERS

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Des nanofils de diamant, nouvelle source de stockage ?

 

     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

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FRANCE
 

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La baisse de la demande d'électricité affecte les distributeurs alternatifs

La baisse de 15 % (selon RTE) de la demande d'électricité en France durant le confinement met en danger un certain nombre de petits distributeurs d'énergie. ekWateur vient de s'adresser à la ministre de la Transition Energétique.

ekWateur comme ses confrères s'approvisionne auprès d'EDF dans le cadre du dispositif ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) qui permet à tous les Français de disposer de l'électricité d'origine nucléaire à bas prix.

La baisse de la demande entraine un surplus d'énergie que les distributeurs ne peuvent pas vendre. EDF accepte de reprendre ces invendus à 40 % du prix de livraison. Les distributeurs voudraient qu'EDF applique la clause de force majeure établie par la Commission de Régulation de l'Energie (CRE). Cette clause, d’après eux, a vocation à s’appliquer à EDF comme aux fournisseurs alternatifs lorsqu’un événement de force majeure ne permet pas à l’une des parties l’exécution de ses obligations dans des conditions économiques raisonnables. De son côté, EDF considère que les critères de force majeure ne sont pas remplis. Pourtant, l’article 10 de l’accord-cadre définit la force majeure comme « un événement extérieur, irrésistible et imprévisible rendant impossible l’exécution des obligations des parties dans des conditions économiques raisonnables », ce qui va bien au-delà de ce que prévoit le code civil.

On attend la réponse de la ministre qui aura une grande importance sur l'avenir des fournisseurs alternatifs et indépendants

Tecsol du 28 avril
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LA FILIÈRE

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BloombergNEF constate des gains spectaculaires sur le solaire et le stockage

Des gains récents "spectaculaires" ont fait chuter le coût de l'électricité solaire à un niveau inférieur à 30 $ / MWh. Les nouvelles constructions solaires et éoliennes terrestres sont devenues l'option la moins chère pour les deux tiers de la population mondiale. Les EnR deviennent un "risque" pour les générateurs d’électricité à base de combustibles fossiles.

Le coût actualité de l'électricité a été établi en mélangeant 25 technologies de 7.000 projets dans 47 pays. BloombergNEF a constaté des progrès « spectaculaires » pour le solaire, l’éolien et le stockage au cours des six derniers mois.

Le solaire

En dix ans, le coût moyen actualisé de l’électricité (LCOE) solaire a chuté de 362 $ / MWh pour les projets à support fixe, à 50 $ au 1er semestre 2020. Le coût dans les centrales solaires équipées de suiveurs a chuté de 347 $ / MWh à 39 $ / MWh.

Le coût des projets à support fixe est tombé en Chine à 38 $ (- 9 % sur le 2ème semestre 2019) ; celui en Inde à 33 $ / MWh. Ainsi, l'énergie solaire est devenue un concurrent particulièrement compétitif par rapport aux combustibles fossiles

C'est la conséquence de la taille toujours plus grande des projets, de l'amélioration de la technologie et du recours aux enchères qui obligent à baisser constamment les coûts.

Ces données ont été établies avant la pandémie. Celle-ci devrait avoir un effet important sur les coûts de financement à court et à moyen terme, tout comme sur les prix des composants. La baisse du prix du charbon et du gaz pourrait protéger la production de combustibles fossiles pendant un certain temps, en écartant les énergies renouvelables.

L'industrie solaire reviendra en dessous de 20 $ US / MWh dans une décennie (contre 30 $ actuellement), prévoit BloombergNEF.

Le stockage

La réduction de moitié des coûts incite à utiliser le stockage par batterie. Son LCOE moyen mondial est tombé à 150 $ / MWh. C’est la moitié du chiffre d’il y a deux ans. Ces gains ont été rendus possibles par des extensions de fabrication et des « chimies plus denses en énergie ». La taille est également un facteur de la chute du LCOE : un projet de stockage d'énergie présente aujourd'hui une capacité moyenne de 30 MWh, soit plus de quatre fois les 7 MWh qui étaient la règle il y a quatre ans.

La baisse du LCOE à 150 $ US / MWh fait des batteries l'option la moins chère des technologies de pointe proposant une durée de décharge de deux heures en Europe, en Chine, au Japon et dans les régions dépendant des importations de gaz.

À 115 $ / MWh, la Chine possède actuellement le LCOE le plus bas pour le stockage. Ceci s'explique par la « proximité des développeurs avec la chaîne d'approvisionnement des équipements, ainsi que l'utilisation plus répandue des produits chimiques LFP [phosphate de fer lithium] moins chers ».

La présentation de Bloomberg NEF : https://about.newenergyfinance.com/blog/scale-up-of-solar-and-wind-puts-existing-coal-gas-at-risk/

https://www.pv-tech.org/news/solar-hits-new-milestones-as-renewables-become-worlds-cheapest-choice

PV Tech du 30 avril


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Même l'énergie solaire est affectée par la pandémie

Il y a un an, le monde des installateurs PV en Europe se félicitait du succès de l'électricité sans subvention, et affirmait la primauté du marché de gros, surtout en Espagne et en Italie. Les professionnels n'étaient pas aveugles aux défis, à la domination des grands acteurs, aux difficultés d'absorption par le réseau, mais le solaire commercial (vendu sur le marché de gros) paraissait devoir rester durablement en Europe.

Il devenait un pilier fondamental de la croissance des marchés et bénéficiait d’une croissance rapide.

Avec la pandémie, le panorama du solaire a changé. Elle a frappé l'énergie solaire sans subvention là où cela lui fait mal (la rentabilité). Elle a fait chuter les prix de l'électricité à des niveaux inconnus depuis des années. Les financiers sont tentés désormais de supprimer tous les prêts, car le bas prix de l'électricité nuit à la rentabilisation des entreprises solaires dépendantes des ventes sur le marché. C'est une réalité que l'énergie solaire européenne va devoir affronter pendant un certain temps.

Les risques s'étendent aux projets subventionnés. La multiplication des installations d’énergies renouvelables, prioritaires dans l’injection dans le réseau, contribue à faire baisser les prix sur le marché, qui peuvent ainsi devenir négatifs. Or, selon la réglementation européenne, le soutien de l'État cesse lorsque des prix négatifs de l'électricité persistent pendant plus de six heures. Selon Aurora Energy, les prix de gros de l'électricité en Europe pourraient ne pas se rétablir complètement avant 2025.

PV Tech du 28 avril

NDLR   Le changement radical de la physionomie du marché solaire est certes conjoncturelle. Il incite aussi à la prudence car ce qui s’est produit, peut se reproduire sous une autre forme, et entrainer un nouvel effondrement des prix des énergies renouvelables.

Ce changement de panorama va marquer les professionnels du solaire et même de l’éolien


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L'état du photovoltaïque selon le VDMA

La 11e édition de l'organisme allemand VDMA (l’ITRPV) présente la baisse des prix solaires, les améliorations de l'efficacité ainsi que le rôle joué par les plus grandes plaquettes dans la réduction des coûts.

Les installations solaires atteignent 650 GW dans le monde à fin 2019. La vitesse d'apprentissage - la vitesse à laquelle les baisses de prix s'accélèrent avec un déploiement plus large de la technologie - a atteint 23,5 % en 2019, selon le VDMA. Cette cadence devrait se poursuivre dans les années à venir provoquant une baisse des prix des panneaux grâce à l'utilisation de plaquettes solaires plus grandes, à l’optimisation des cellules avant et arrière, à la meilleure disposition des panneaux, au déploiement de cellules bifaciales, aux nouveaux types de cellules, et une technologie améliorée des panneaux.

Cette étude indique que la capacité mondiale de production de panneaux dépasse les 200 GW. Les coûts de production des panneaux mono ou multicristallins ont diminué de 10 % en 2019. Le prix moyen des panneaux solaires monocristallins est tombé de 0,39 $ par watt-crête en 2018 à 0,24 $ cette année, selon la mise à jour de l’ITRPV. Les produits multicristallins sont passés de 0,31 $ à 0,21 $ au cours de la même période. Le coût des cellules a reculé de 20 %.

Les panneaux monocristallins représenteront 75 % du marché mondial en 2020. Le format standard des plaquettes actuellement de 156,75 mm x 156,75 mm sera remplacé par les formats M6 et M12. La popularité croissante de produits PERC et demi-cellules, plus efficaces, s'est poursuivie l'année dernière, bien que des plaquettes plus grandes aient conduit à des panneaux plus grands. Ces dernières amènent à des comparaisons trompeuses. Dès lors, VDMA préconise d'indiquer les performances par m² pour normaliser les efficacités. En utilisant cette méthode, les panneaux PERC monocristallins de type p génèrent en moyenne 203 W / m² cette année, et atteindraient 230 W en 2030. Les produits à hétérojonction offrent actuellement une moyenne de 210 W / m² et offriront près de 240 W d’ici dix ans.

https://www.pv-magazine.com/2020/04/28/solar-costs-set-to-continue-falling-according-to-itrpv-roadmap/

PV Magazine du 28 avril


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La crise va favoriser les grands acteurs disposant de liquidités

La crise sanitaire devrait séparer les gros développeurs, des petits, car la crise resserre les marchés financiers. Elle crée une opportunité pour bon nombre d'opérateurs importants qu’ils soient solaires ou éoliens.

Certains acteurs annoncent à grand renfort de publicité, des accords d'achat d'énergie ou de cessions d'actifs. Ils annoncent le démarrage de nouveaux projets. Est-ce si vrai ?

Les experts estiment que la crise sanitaire a fragmenté les perspectives de financement du marché des énergies renouvelables aux États-Unis et en Europe. Pour ceux qui ont des liquidités prêtes à investir, des projets devenus moins chers sont une opportunité. Mais les contrats soutenus par la dette semblent être moins fréquents des deux côtés de l'Atlantique. Certains intervenants affirment même que les signatures se tarissent.

La compagnie américaine d'assurance sur les projets EnR, Gcube, affirme que personne n'atteint la clôture financière (l’obtention de financement) actuellement. « La plupart des accords sont morts en ce moment », même si les banques et les avocats disent le contraire.

Pourtant, certains des plus grands fournisseurs de fonds propres fiscaux pour les énergies renouvelables aux États-Unis, notamment Bank of America et JP Morgan, affirment qu'ils sont plus actifs que jamais. Les grands développeurs bien capitalisés semblent avoir peu de difficultés à accéder au financement dont ils ont besoin, reflétant la forte demande sous-jacente d'actifs renouvelables de qualité.

Par exemple, Engie a annoncé un financement en fonds propres pouvant atteindre 1,6 milliard de dollars de la part de Bank of America et d’HSBC, permettant la construction de 2 gigawatts d'énergies renouvelables. Autre exemple, le plus grand développeur américain, NextEra Energy, indique disposer de tous les engagements bancaires pour obtenir des crédits d'impôts dont il a besoin pour son vaste programme de construction en 2020.

En revanche, de nombreux petits développeurs auront du mal à obtenir des fonds propres fiscaux (les crédits d’impôt) cette année. Cette situation pourrait les forcer à vendre des projets. « Cela pourrait créer des opportunités de fusions et acquisitions de projets pour nous », remarque NextEra Energy qui ajoute « certains de ces petits développeurs auront besoin d'un plan de sauvetage, car ils vont se heurter à des problèmes financiers à la fin de l'année. »

En Europe

Les transactions sont toujours en cours de négociations. Les investisseurs qui n'ont pas besoin de recourir à la dette pour des projets, devraient bien se porter. « Nous sommes plus occupés que jamais » indique le directeur général de Green Giraffe, qui ajoute : les banques ont un ton négatif, mais cela pourrait faire partie d'une stratégie visant à "augmenter leurs marges". Pour le moment, les transactions sérieuses recevront un financement et des engagements à des conditions financières qui ne sont pas si éloignées de celles d'avant la crise. » Plusieurs exemples de transactions se produisent en ce moment, au profit des acheteurs ayant des liquidités.

 Le marché actuel bénéficie aux acheteurs qui peuvent sélectionner les meilleures offres.

En Europe, comme aux États-Unis,

Comme il existe une attitude attentiste parmi les prêteurs, le marché de la dette est celui où le ralentissement est le plus notable.

https://www.greentechmedia.com/articles/read/mixed-fortunes-for-renewables-investment-emerging-during-coronavirus

GreenTech Media du 27 avril

NDLR   Il y a un constat économique toujours réalisé : en période de crise, les gros poissons maigrissent ; les petits poissons disparaissent !


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Financer les constructions d'EnR avant, plutôt qu'après

Comment sauver les emplois dans les énergies renouvelables ?

La crise des coronavirus a durement frappé les sociétés américaines. Elle a stoppé une grande partie de l'économie. Bien que les impacts les plus visibles se soient produits dans les hôtels et les restaurants, le secteur de l'énergie de pointe a également été durement touché.

Le meilleur moyen de stimuler le retour à l'activité n'est pas de passer par le canal habituel des crédits d'impôts car il faut avoir construit pour en profiter. Il est préférable d'obtenir le paiement direct par l'administration pour financer les nouvelles installations énergétiques. Ceci réduirait le contrôle des banques sur le financement qui prennent 13 % des fonds qui transitent par elles. Seuls les promoteurs les mieux capitalisés peuvent accéder aujourd'hui au financement par actions fiscales (crédits d’impôts). Même ce système pourrait ne pas durer longtemps.

Avec le paiement préalable, il n'y aurait pas de différence dans le montant dépensé. Surtout ce procédé aurait un effet immédiat sur l'économie américaine puisqu'une majorité d'entreprises ont cessé d'embaucher ou ont réduit leur main-d'œuvre ; 84 % des entreprises déclarent que leurs projets ont été arrêtés, retardés ou annulés. Près des deux tiers des entreprises affirment que les mesures de secours fédérales n'ont apporté aucune aide.  Près de la moitié des entreprises déclarent des revenus de 25 à 50 % inférieurs aux prévisions.

GreenTech Media du 29 avril

NDLR Il est plus simple de dédommager une réalisation effectuée, que de prêter à quelqu’un pour construire. Qui dit qu’il ne va pas empocher l’argent et disparaitre ?

En revanche, sur le plan de l’efficacité économique, la formule du paiement d’avance permet de rassembler plus facilement les capitaux nécessaires et de lancer plus rapidement une construction. Elle est plus efficace et relance plus rapidement l’économie. C’était ce qui s’était passé en 2008/2009 aux Etats-Unis qui s’étaient redressés plus rapidement que l’Europe, qui a privilégié l’avantage à postériori. L’inconvénient de cette formule est qu’elle décale le contrôle des banques vers l’administration.
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LE MONDE

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Un tour du monde des perturbations PV causées par le virus

La Chine, qui abrite plus de 70 % de la capacité de production mondiale de plaquettes et de cellules solaires, ressentira de plus en plus les conséquences économiques de la pandémie au deuxième trimestre. Alors que la maladie s'aggrave en Europe, en Amérique du Nord, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, les marchés photovoltaïques étrangers devraient connaître un second trimestre sombre, et ne percevoir aucun signe de rebond du marché au 3ème et au 4ème trimestre.

La construction de projets sur de nombreux marchés a été suspendue. Bien que l'Europe et le Vietnam aient commencé à lever les mesures de confinement, de nombreux facteurs tels que les restrictions de voyage et l'auto-isolement obligatoire à l'arrivée ou au retour interdisent aux développeurs tout voyage d'affaires à court terme.

En Europe, un membre de SolarPower Europe a déclaré début avril : « le covid19 affecte les industries à travers l'Europe. Dans le secteur solaire, il y a un ralentissement de la demande. Les projets retardés à court terme en raison de la diminution de l'offre de matériaux et des perturbations liées au coronavirus.

L'Espagne, l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark et la République tchèque ont exprimé leur intention de lever les restrictions sur le coronavirus. En 2020, les Pays-Bas devraient augmenter d’environ 30 à 40 % leur capacité photovoltaïque avec des installations sur les toits résidentiels ou professionnels et au sol.

La baisse de la demande d'énergie en Europe a entraîné une baisse des prix de l'électricité qui se répercutera sur le LCOE, ralentissant le développement des énergies renouvelables.

Aux Etats-Unis, de nombreux installateurs solaires résidentiels dont Sunrun et Sungevity ont licencié leurs employés. SunPower a arrêté la fabrication de panneaux pour réduire ses coûts d'exploitation, et a supprimé ses prévisions financières pour 2020. Certains petits fabricants de panneaux en Californie ont fermé leurs portes.

La pandémie n'empêche pas les investissements et les transactions de se produire sur le marché local de l'énergie solaire. Ainsi, IKEA investit encore. Lightsource BP a obtenu un financement de 250 millions de dollars pour une centrale photovoltaïque de 260 MW au Texas, et va construire une centrale de 132 MW en Arkansas.

En Inde, le nombre quotidien de nouveaux malades s'accroit, en particulier dans les zones densément peuplées. Les entreprises ont été obligées de fermer pour respecter le confinement. Les médias locaux s'inquiètent de la propagation de la maladie dans les zones rurales, où les infrastructures de santé sont fragiles. La Fédération nationale de l'énergie solaire de l'Inde (NSEFI) a déclaré qu'environ 4 GW de projets en cours ont été retardés en raison de la livraison tardive de panneaux en provenance de Chine.

Le Vietnam connaît la croissance solaire la plus rapide de l’Asie du Sud-Est. Il a récemment publié de nouveaux tarifs. Pour en bénéficier, les développeurs doivent mettre en service leurs installations avant la fin de cette année. Or, les développeurs peuvent difficilement faire avancer leurs projets du fait de la pandémie : les négociations commerciales ne peuvent se faire que par téléphone ou par courrier électronique. Elles ont du mal à avancer du fait des questions liées à la signature du contrat.

Chaînes d'approvisionnement perturbées

Les Philippines, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande ont imposé un confinement national qui dure entre quinze jours et un mois. Ceci perturbe la chaîne d'approvisionnement, entraînant le report ou l'annulation des projets photovoltaïques en cours.

Le Brésil suspend les enchères photovoltaïques alors que le pays est en récession. En Amérique latine, l'imposition de mesures pour contenir la pandémie et les ralentissements économiques ont des effets sans précédent sur les marchés photovoltaïques. En effet, la région connaît une baisse de la demande photovoltaïque, ainsi qu'une augmentation des coûts des installations en raison de la dépréciation de la monnaie. Selon la Banque Mondiale, la pandémie devrait diminuer de 4,6 % le produit intérieur brut de l’Amérique latine et des Caraïbes. Le Brésil, le Mexique et l'Argentine sont les trois pays les plus durement touchés.

La pandémie affecte la construction de grands projets photovoltaïques au Moyen-Orient, mais l'impact est relativement faible par rapport à d'autres marchés. Les différentes enchères en Arabie Saoudite ont révélé que le marché est dominé par des investisseurs dans le domaine de l'énergie, tels qu'ACWA Power, Marubeni, Total… qui figurent à plusieurs reprises dans les listes finales.

Au Japon, en Corée du Sud et en Australie, où des mesures restrictives strictes ont été imposées au début de l'épidémie de coronavirus, la construction de projets photovoltaïques est toujours en cours, malgré un rythme plus lent.

PV InfoLink du 21 avril


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Les grands projets solaires sont de retour aux États-Unis

Le nombre de projets solaires d'au moins 100 MW augmente rapidement aux États-Unis. Wood Mackenzie prévoit que le nombre de projets solaires supérieurs à 120 MW-ac mis en service aux États-Unis passera de 11 en 2019 à 32 en 2021 (un triplement).

Ces tailles de projets sont motivées par les acheteurs d'entreprises et par le prix compétitif du solaire ou du solaire + stockage. De plus, ce genre de projets peut résister à la pandémie. Les chaines d'approvisionnements sont retardées mais non interrompues. Il est plus facile de travailler en toute sécurité sur un projet solaire de 1.000 acres que sur une maison.

D'où une liste de projets compris entre 100 MW et 300 MW. Par exemple, BayWa r.e. a obtenu un investissement en fonds propres fiscaux et un financement à terme pour la construction du projet Fern Solar de 134 MW dans le comté d'Edgecombe, en Caroline du Nord - avec RBC

PV Magazine du 29 avril


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Les installateurs résidentiels américains prêts à tout pour obtenir des clients

Pour trouver des clients, Sun Power propose des installations solaires résidentielles avec 0 $ d'acompte et les six premiers mois gratuits (c'est-à-dire payés par la société), à condition que les contrats d’installations sur 20 ans soient signés avant le 31 mai 2020. Cette offre est destinée à accélérer la décision des propriétaires de maisons. Une offre sur 10 ou 15 ans est aussi possible avec une remise.

EnergyTrend du 28 avril

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Du fait de la crise, des installateurs proposent des offres sans précédent aux propriétaires et aux entreprises. Sunrun propose un contrat de location qui ne coûte que 1 $ par mois au cours du premier semestre. Le californien Sustainable Capital Finance, financé par NextEra Energy, ne facture rien au cours de la première année de son contrat sur 15 à 30 ans.

Dans l'industrie solaire, où les marges sont serrées et le volume est un atout, ces prix cassés sont sans précédent. Mais l'ère du coronavirus l'est aussi.

Les ventes de contrats d’installation d'énergie solaire ont fortement baissé ces dernières semaines, notamment dans le secteur résidentiel.

Sacrifier une partie des revenus pour recruter des clients peut s'avérer utile pour les entreprises disposant des moyens financiers suffisants pour traverser la pandémie. Ce type d'offres à taux réduit proposées par Sunrun et Sustainable Capital Finance est conçu pour reconstituer leurs portefeuilles de commandes à un moment où la conclusion d'un accord est difficile. La structure du contrat permet à Sustainable Capital de verser de l'argent aux installateurs et développeurs plus tôt que d'habitude, même si certains permis restent bloqués.

« Nous proposons une solution pour inciter les consommateurs à agir rapidement afin que nous puissions avancer plus vite dans la file d'attente une fois le permis accordé. Nous leur fournissons aussi un mécanisme pour réduire les dépenses d’énergie au cours de la première année : ils peuvent ensuite utiliser ces économies », propose Sustainable Capital Finance

Dans tous les États où elle opère et pour les installations solaires et solaires-plus-stockage, Sunrun propose 1 $ par mois pendant les six premiers mois du contrat. Les clients obtiennent des crédits sur leur facture régulière, ne leur laissant que 1 $ à payer. Les clients peuvent également choisir de recevoir une carte-cadeau en espèces de 1.000 $ à 1.250 $ pour les systèmes solaires + stockage, et 500 $ à 1.000 $ pour les installations solaires uniquement. Au cours du septième mois, loyer remonte à son niveau normal.

Le défi des sociétés d’installation n'est pas le manque de demande, a déclaré Sunrun, mais plutôt l'incapacité à atteindre les clients de manière traditionnelle, comme les ventes à domicile. En revanche, les observateurs sont sceptiques et s'interrogent : Suffit-il de proposer des économies supplémentaires pour convaincre de nouveaux clients de passer au solaire en cas de pandémie, alors qu’ils savent depuis longtemps que les baux solaires et les accords d'achat d'électricité permettent d'économiser de l'argent ?

Bien qu'il y ait une demande d'énergie solaire résidentielle, la situation économique globale - mise en évidence par des dizaines de millions d'Américains déposant une demande de chômage depuis fin mars - devrait l’emporter et inciter au report de la signature de contrats.

Si l’économie se resserre davantage, les analystes ne s’attendent pas à ce que les consommateurs se précipitent pour signer des contrats d’installation d’énergie solaire (malgré certains signaux indiquant que la demande soit marginalement en baisse).

L'arrêt des permis et de la construction pourrait avoir une incidence sur 10 % à 30 % sur le portefeuille de commandes de 200 mégawatts de Sustainable Capital Finance. Après la fin de la pandémie, les clients professionnels (C&I) peuvent être lents à s’intéresser à l'énergie solaire. Certains n’auront pas besoin d'autant d'électricité, à cause de la persistance du télétravail. Beaucoup de ces sociétés n’auront plus la possibilité d’emprunter. Le volume de clients professionnels (C&I) potentiels va probablement se réduire.

« À l'heure actuelle, il existe un problème de trésorerie extrême pour certains de ces petits installateurs », a déclaré Wood Mackenzie. « C'est le gros problème de l'industrie. »

https://www.greentechmedia.com/articles/read/one-response-to-the-coronavirus-giving-solar-away-for-free

GreenTech Media du 23 avril

NDLR   Pour que deux sociétés de premier plan (Sunrun et SunPower) se lancent dans une chasse aux contrats, il faut que le volume de signatures se soit effondré. Il est vrai que le nombre de chômeurs augmente de façon vertigineuse ce qui n’incite pas les propriétaires de maison à se lancer dans une dépense conséquente. Il faut donc en déduire que la crise va frapper fortement les installateurs résidentiels américains (mais probablement aussi européens) au cours du second semestre et peut-être aussi au début de 2021.


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Révocation de l'exemption tarifaire pour les panneaux bifaces

L'administration Trump a officiellement révoqué l'exemption tarifaire pour les panneaux bifaciaux après avoir déterminé que « l'exclusion des panneaux solaires bifaciaux mine les objectifs de la mesure de sauvegarde ». Le changement de politique prendra effet le 18 mai 2020.

Après de nombreux changements, L'incertitude sur les modules bifaciaux est éliminée lors de la publication de l'avis par le Bureau des représentants commerciaux des États-Unis (USTR) le 17 avril.

PV InfoLink du 29 avril
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LES PRODUITS

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Le marché des onduleurs a augmenté de 18 % en 2019

Selon Wood Mackenzie, le marché des onduleurs a augmenté de 18 % en 2019. Huawei, Sungrow et SMA sont restés les leaders du marché des onduleurs solaires pour la cinquième année consécutive.

Power Electronics occupe la quatrième place du classement. Il a conservé sa première place sur le marché américain des onduleurs solaires en 2019.

Fimer (ABB), le n° 5 mondial, a connu les gains de parts de marché les plus importants l'an dernier, en raison de l’acquisition de l’activité onduleurs photovoltaïques d'ABB.

Le marché a enregistré deux facteurs importants : 1°) les fournisseurs ont expédié un gros volume d’onduleurs et d'autres équipements aux États-Unis en fin d’année, afin que leurs projets puissent demander l'admissibilité au crédit d'impôt fédéral à l'investissement avant la réduction de 2020.

2°) Les améliorations techniques des onduleurs ont contribué à la croissance du marché. Les propriétaires d’actifs et les équipes d’exploitation et de maintenance ont remplacé les onduleurs anciens qui avaient atteint la fin de leur durée de vie.

La concentration des cinq principaux acteurs a légèrement reculé (- 1 %) à 56 % de parts de marché. La part des dix principaux fabricants (76 % de parts de marché) reste quasi-identique à celle des quatre années précédentes.

GreenTech Media du 28 avril


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Les avantages d'une batterie à flux

Le directeur commercial d'Invinity Energy Systems (issue de la fusion entre RedT Energy et d'Avalon Battery) indique avoir à l’étude une quarantaine de projets de stockage de batteries à flux de la taille du mégawatt. Elles sont destinées

aux producteurs d'énergie solaire qui veulent stocker leur production.

La batterie VS3-022 d'Invinity a une capacité de stockage déclarée de 220 kWh et une puissance continue maximale de 76 kW. La dégradation annuelle de la capacité de stockage serait inférieure à 0,5 %. La dégradation annuelle de l'efficacité énergétique est inférieure à 0,1 %, selon le fabricant. La plage de température de fonctionnement est comprise entre - 5 et + 45 degrés Celsius. Cette batterie a une durée de vie de 25 ans et 20.000 cycles.

Les batteries à flux, selon la société, sont parfaitement adaptées aux usages intensifs et bien sûr à l’utilisation avec charge et une décharge de longue durée pendant plus de trois heures, par exemple lorsqu'elles sont couplées à des énergies renouvelables intermittentes ou pour fournir des services au réseau. « Elles sont bien adaptées pour une utilisation aux côtés de centrales solaires photovoltaïques à grande échelle et dans des applications commerciales et industrielles. »

La société dispose de 10 MWh de systèmes installés.

PV Magazine du 29 avril

NDLR   A la lecture des avantages des batteries à flux, on peut se demander pourquoi elles ne sont pas plus installées. Elles ne représentent que 1 % des installations de stockage dans le monde

   *  Les multiples et récentes avancées dans la connaissance de la pérovskite

Pour connaitre les multiples et récentes avancées dans la connaissance de la pérovskite :

L'article résume une dizaine de travaux dans https://www.pv-magazine.com/2020/04/28/the-week-in-perovskites/

PV Magazine

PV Magazine du 28 avril


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Le panneau Vertex de Trina Solar atteint 516 Wc

Le TÜV Rheinland a vérifié que le panneau Vertex de Trina Solar atteint une puissance de sortie de 516 Wc. La capacité de production de Vertex devrait être d'environ 5,5 GW d'ici la fin de l'année

PV Tech du 30 avril

NDLR   Les chinois savent faire leur publicité
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LES SOCIÉTÉS

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Sungrow a développé l'exportation en 2019

Le second fabricant mondial d'onduleurs photovoltaïques Sungrow Power Supply a exporté 9 GW d'onduleurs photovoltaïques vers les marchés étrangers en 2019, soit une augmentation de 87 % d'une année sur l'autre. Ces ventes à l’étranger ont compensé la baisse significative (de 32 % à 8,1 GW) des installations solaires en Chine provoquée par le changement de politique intervenu en mai 2018. Les expéditions totales de la société en 2019 ont atteint 17,1 GW, en hausse de seulement 2 % d'une année sur l'autre.

Sungrow a publié un chiffre d'affaires de 1,8 Md $ (+ 25 % sur 2018). Celui-ci se répartit en 556 M$ pour les onduleurs (+ 7 %), soit 30 % du chiffre d'affaires global (contre 35 % en 2018), et en 1,1 Md $ (+ 35 % sur 2018) pour l’intégration de systèmes (EPC et O&M) qui représente 61 % du CA consolidé (57 % en 2018). La troisième division, celle du stockage n'a représenté que 77 M$.

Le bénéfice net atteint 350 millions en 2019, soit une augmentation de 10 % par rapport à l'année précédente.

PV Tech du 27 avril
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DIVERS

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Des nanofils de diamant, nouvelle source de stockage ?

Des chercheurs de l'université de technologie du Queensland (Australie) ont proposé une nouvelle conception du stockage. Ils proposent l'utilisation de faisceaux de nanofils de diamant (DNT). Ceux-ci fournissent des capacités de stockage d'énergie qui pourraient révolutionner l'ingénierie mécanique et biomédicale.

Des fils de carbone ultrafins unidimensionnels stockent de l'énergie lorsqu'ils sont tordus ou étirés. Ils ont comparé les nanostructures à une bobine compressée ou à un jouet à remonter pour les enfants.  « L'énergie peut être libérée au fur et à mesure que le faisceau torsadé se déroule ».

Le potentiel de stockage d'énergie par ces nanofils est saisissant. Pour le même poids, la densité d'énergie de ce stockage mécanique - c'est-à-dire la quantité d'énergie qu'il peut stocker pour sa masse - est de 1,76 MJ par kilogramme, soit trois fois plus que les batteries lithium-ion.

Dans les trois ans à venir, l'équipe veut construire un système pour tester la torsion et l'étirement du nanofil, et donc contrôler la libération de l’énergie.

https://www.pv-magazine.com/2020/04/29/australian-researchers-shine-light-on-potential-storage-solution/

PV Magazine du 29 avril
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