L R AS Publié le lundi 27 avril 2020 - n° 319 - Catégories : prévisions;, divers filière

L’émergence du type N du fait de la crise de surproduction de 2020

De nombreuses extensions de capacité de production de mono PERC P récemment annoncées seront mises en attente jusqu'en 2021, puis probablement ultérieurement annulées. Les annonces des fabricants au cours des deux premiers mois de 2020 vont être réexaminées

du fait de la diminution de la demande en 2020.

Evaluation des pertes de livraisons liée au Coronavirus

Il est difficile d'être précis actuellement. C'est toujours le cas en début d’année, mais particulièrement en ce début 2020. Il est impossible pour toute organisme de recherche d'essayer de déterminer comment le coronavirus affectera plusieurs marchés finaux, sur les produits et sur les installations sur les toits ou au sol. On ne peut pas se fier au dix ou vingt principaux fabricants, ni à des extrapolations à partir du principal fabricant.

Deux points peuvent être retenus : d’une part la quantité de production de la Chine et de ses extensions d’usines en Asie du Sud-est, et d’autre part, la quantité "autorisée" par les autorités chinoises.

Avant la pandémie, la demande mondiale s'annonçait exceptionnelle en Europe, aux Etats-Unis, dans le monde ... On envisageait un volume d'installation de 150 GW contre 120 à 130 GW en 2019, dont 40 GW pour la Chine et 110 GW pour le reste du monde. L'industrie se préparait à disposer d'une capacité de production de 170 GW, ce qui aurait permis une baisse des prix de 10 à 20 % dans l'année.

La demande est surtout constatée dans les pays qui importent 100 % de leurs panneaux. Si la demande de ces pays s'effondre, la production locale n'en est pas affectée. Les chantiers de construction peuvent être repoussés à 2021. Ceci ne fait pas les affaires de la Chine qui a lutté pour acquérir ces parts de marché.

Il se pourrait que la demande mondiale se réduise de moitié, à 55 GW. La production devrait donc s'établir autour de 100 GW, et la Chine absorberait alors la moitié de la demande mondiale. Si cela se produit, les prix s'effondreront sur toute la chaîne de valeur du c-Si et ne se rétabliront pas d'ici 2021. De nombreux fabricants de panneaux chinois cesseront leurs activités. Il convient de noter que des secousses ont eu lieu en Chine au cours des deux dernières années pour la production de silicium, de lingots, de plaquettes et de cellules.

La réduction des coûts

L'autre changement opérationnel évident qui interviendra cette année sera la réduction des coûts, encore appelée la conservation de l'argent.

Le seul exemple passé d'une chute de la production mondiale s’est produit en mars / avril 2012. A l'époque, l'industrie était dominée par la production de cellules p-multi standard (Al-BSF). Il n'y avait aucun effort pour introduire de nouvelles technologies c-Si dans l'industrie. Ce qui s’est alors produit dans le secteur a été plusieurs années de « conservation de l’argent » et de réduction des coûts dans les usines de fabrication. Au moment où cela a été épuisé, LONGi a créé le nouveau paysage monosilicium qui a inauguré le P-PERC mono comme technologie dominante aujourd'hui.

A l'époque, le ralentissement du secteur n'a pas provoqué de cycle d'achat des technologies existantes. Les départements de R & D des entreprises étaient peu développées. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. En 2020, il y a une frénésie de changement qui a laissé les acheteurs de panneaux perplexes sur ce qu'il fallait faire.

Au début de 2020, le type N commençait tout juste à être priorisé par les leaders de l'industrie (JinkoSolar, Canadian Solar, Trina Solar par exemple) au moment où de nombreuses entreprises chinoises peu connues annonçaient des plans de type N de plusieurs GW (en particulier des hétérojonctions).

L’émergence du type N

Par conséquent, le ralentissement de l'industrie en 2020 est très différent de 2012, car le changement technologique peut maintenant se manifester, et va très probablement se produire. Il pourrait effectivement s'agir du premier cycle d'achat de technologies axé sur le ralentissement du secteur, le type N passant finalement à des échelles de production multi-GW.

Le graph distingue les architectures de type n les plus avancées (hétérojonction et rétro-contact) et tous les autres types, similaires au type P tels que n-PERT, TOPCon, ...

Entre 2013 et 2016, la production de type N a été relativement stable, avec un investissement limité des leaders du marché. La trajectoire de croissance a commencé en 2017, tirée initialement par des accords n-PERT de la part de LG Electronics. La principale hausse de la production est prévue pour 2020 et provient pour une grande part, des nouvelles lignes de type N de JinkoSolar.

Si on supprime la production de SunPower et de Panasonic, la trajectoire de croissance du type N est évidente. Les prévisions pour 2020 sont largement basées sur les plans mis en place à la fin de 2019 et sur les nouvelles augmentations de capacité connues au cours du 1er trimestre 2020.

L'impact réel d'un cycle d'achat de technologies lancé par les dix principaux fournisseurs de panneaux en Chine ne sera peut-être pas perçu du point de vue de la production avant 2021. Cependant, le simple fait qu'un plus grand nombre de ces principaux acteurs passent de 500 MW à 1 GW leur nouvelle capacité de type N est probablement le meilleur indicateur avancé que le type N pourrait être la vraie prochaine technologie après le PERC mono-P.

Il faut suivre l’évolution de la demie douzaine d'entreprises qui s'engageront vraiment dans la montée en cadence de production du type N,

Pour la suite, PV Tech renvoie à son étude PV Manufacturing & Technology Quarterly report qui vient de paraitre

https://www.pv-tech.org/news/n-type-expansions-to-benefit-from-2020-downturn-driven-pv

PV Tech du 23 avril rédigé par Finlay Colville

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