L R AS Publié le lundi 23 mars 2020 - n° 314 - Catégories : le Fil de la Semaine

Le Fil de la Semaine n°314 du 23 mars

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE

S'il n'y avait que cinq textes à lire cette semaine :

LA FILIÈRES        
      
    
Le coronavirus pourrait ralentir le développement du secteur solaire

LE MONDE         

     *  Le monde court à la récession économique

     *  Les installations solaires aux Etats-Unis en 2019

PRODUITS        
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      *  Très forte expansion des installations de production à hétérojonction

 

Autres articles intéressants :

LA FILIÈRE

    *  D'où viennent les défaillances des systèmes solaires

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LES PRODUITS

    * 
Statistiques sur le cobalt et le nickel pour batteries
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LES SOCIÉTÉS

    * 
Meyer Burger voit son salut dans l'investissement dans des unités de production
     .

DIVERS

    * 
Placer des miroirs à proximité des panneaux pour augmenter de 20 % leur efficacité

     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

LA FILIÈRE

    * 
Le coronavirus pourrait ralentir le développement du secteur solaire

Jusqu'à l'émergence de l'épidémie, il semblait que rien ne pouvait ralentir l’avancée irrésistible des énergies renouvelables dans le monde.

Au début, elle a sévi en Chine, perturbant la production. De loin, il a été difficile de percevoir les dommages qui intervenaient et leurs conséquences. La préoccupation alors semblait la fourniture d'équipements : y aurait-il assez de panneaux, d'éoliennes et de batteries pour la demande mondiale afin de répondre aux échéances des projets compte tenu des arrêts généralisés d'usines ? Peu à peu, la question de la fourniture d'équipements se règle au fur et à mesure que les usines chinoises reprennent leur production. La pénurie que subissent certains développeurs, est probablement limitée.

Après la propagation de l'épidémie en Europe et aux Etats-Unis, l'attention se déplace désormais vers la demande, car l’opinion commence à penser qu'un ralentissement économique mondial sera inévitable.

La semaine dernière, BloombergNEF a abaissé de 9 % ses prévisions de demande solaire mondiale pour 2020. Cela pourrait signifier la première année de baisse depuis les années 1980.

La Chine a reporté sur juin sa méga-mise aux enchères solaires. L'épidémie va provoquer de nouveaux retards. De plus la récession, inévitable, pourrait causer des problèmes aux fabricants solaires, car il s'agit d'un secteur d'entreprises fortement endettées et à faibles marges.

Le problème apparaitra si l'économie faisait un plongeon : un manque de financement pour les projets d'énergies renouvelables. Sur le marché américain, cela pourrait signifier une pénurie de fonds propres fiscaux. La nature des crédits d'impôt pour les énergies renouvelables aux États-Unis - le CTP éolien et l'ITC solaire - rend les développeurs tributaires d'un nombre relativement limité d'investisseurs désireux de fournir des fonds propres fiscaux pour les projets. La disponibilité de capitaux propres fiscaux est un point de discussion et de préoccupation constante pour les développeurs d'énergies renouvelables aux États-Unis, bien que le marché ait été sain ces dernières années. Cela pourrait changer rapidement en période de récession. « La question est de savoir si nous retournons à 2009, au moment où les capitaux propres étaient limités ? » évoque un professionnel.

https://www.greentechmedia.com/articles/read/for-clean-energy-industries-biggest-coronavirus-risk-may-be-a-damaged-economy

GreenTech Media du 15 mars


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Les exportations de panneaux chinois en 2019

Les exportations de panneaux chinois en 2019

1°) Demande croissante sur les marchés européens et émergents

Selon le rapport douanier de PV InfoLink Chine, la Chine a exporté 66,8 GW de panneaux en 2019, soit une augmentation de

60 % par rapport aux 41,3 GW de l'année précédente. Cette croissance marquée a été attribuée à la ruée des installations au 1er semestre au Vietnam, à l'exécution de projets photovoltaïques dans les pays émergents d'Amérique latine et du Moyen-Orient, ainsi qu'à la suppression des mesures de prix minimum à l'importation (MIP) en août 2018, qui a depuis permis aux panneaux chinois d'être expédiés sans barrière commerciale sur les marchés européens.

 

2°) Les 10 principaux marchés d'exportation de la Chine pour les panneaux (2018-2019)

L'Europe a importé 22,8 GW de panneaux ; ce chiffre représente 34 % de la demande totale. Outre les Pays-Bas, la Chine a exporté 3,7 GW en Espagne, 3,7 GW en Ukraine et 1,7 GW en Allemagne ; ces pays figurent sur la liste des 10 principaux marchés d'exportation en 2019.

 

3°) Les 10 principaux exportateurs de panneaux

Ces fournisseurs ont réalisé des volumes d'exportation plus élevés en 2019 qu'en 2018. Les cinq principaux exportateurs représentaient environ 50 % des exportateurs chinois de panneaux au cours de la période de deux ans. Les cinq premiers ont apporté les améliorations techniques les plus marquées.

 

4°) Les panneaux mono PERC éclipsent les panneaux multicristallins

Les panneaux mono PERC ont dépassé les panneaux multi-Si pour dominer les marchés étrangers. Les exportations de panneaux multi-Si sont revenues de 6,9 GW au 1er trimestre 2018, à 4,7 GW au 4ème trimestre 2019 ; celles de mono PERC sont passées de 1,3 GW à 7,9 GW sur la même période. Les exportations de panneaux multi-Si PERC ont également augmenté au cours de la période ; la plupart d'entre eux étaient des panneaux à haute puissance expédiés par Canadian Solar. Parmi les dix principales destinations en 2019, les Pays-Bas, le Japon, l'Australie et le Mexique représentaient les principaux pays importateurs de panneaux mono PERC chinois ; l'Inde et le Brésil ont été les principaux importateurs de panneaux multi-Si.

Grâce à une technologie de pointe et à une demande croissante de cellules plus grandes, la puissance des panneaux mono-PERC 72 cellules s'est améliorée de manière significative, passant de 370 W à 380 W au premier semestre, puis à 385 W à 400 W en décembre.

5°) Le marché naissant des panneaux de type n

L'année 2019 a vu l'adoption de projets à grande échelle de panneaux de type n, avec environ 621 MW livrés au cours de l'année. La plupart de ces panneaux comprenaient des panneaux PERT de Jinko et des panneaux TOPCon de Jolywood : ils ont été expédiés au Brésil. Les panneaux de type N ont été expédiés en grande quantité à Oman et au Salvador.

Cependant, les panneaux de type N ne se comparaient pas bien en parts de marché aux panneaux PERC, dont les coûts diminuent et l'efficacité augmente.

6°) Tendances 2019

a°) Une demande croissante de panneaux constitués de cellules plus grandes : en 2019, les cellules de taille M2 (156,75 mm) étaient prépondérantes, et ont représenté 86 % des exportations de panneaux chinois en 2019. Les panneaux utilisant des cellules de taille 158,75 mm ne représentaient que 13 % du total. La proportion de cellules de plus grande taille augmente chaque trimestre.

b°) Les exportations de panneaux spéciaux de demi-coupe, MBB + HC (multibarres + demie coupe) ont été multipliées par six : Les exportations chinoises de panneaux spéciaux sont passées de 2,5 GW en 2018, à 18,5 GW en 2019. Ceci se répartit en panneaux semi-coupés qui sont passés de 2,1 GW à 13 GW ; en panneaux assemblés avec des cellules MBB + demi-coupées pour 2,4 GW ; en panneaux en bardeaux qui sont également passées de 0,3 GW à 1,6 GW.

A l'exportation, Jinko et Risen ont représenté le volume le plus élevé de panneaux PERC mono demi-coupe ; Canadian Solar occupait la plupart des panneaux multi-Si à cellules à moitié coupées ; Trina dominait les panneaux mono PERC avec MBB + conception de cellules demi-coupées ; Huansheng Solar, Canadian Solar et LONGi ont assuré la prépondérance des panneaux en bardeaux.

c°) Les exportations bifaciales ont augmenté chaque mois, du quatrième trimestre 2018 au quatrième trimestre 2019, l'essentiel de la croissance ayant eu lieu au deuxième semestre 2019. La Chine a expédié 2,7 GW de panneaux bifaciaux en 2019. Le Mexique, les Émirats Arabes Unis et le Brésil sont les trois principaux marchés d'exportation. Les exportations cumulées de panneaux bifaciaux vers les États-Unis ont bondi à 337 MW fin 2019 après que les panneaux aient été exemptés des tarifs de la section 201 en octobre. Ainsi, les États-Unis ont devancé l'Égypte pour devenir le quatrième plus grand importateur de panneaux biface.

d°) Les cinq principaux fournisseurs exportateur des panneaux bifaces en 2019 : Il s'agit de JA Solar, LONGi, Jinko, Risen et Jolywood

7°) conclusion :

- Les exportations de panneaux chinois ont bondi en 2019 grâce à une demande soutenue sur les marchés européens et émergents. Les panneaux mono PERC G1 72 cellules assemblés avec des cellules demi-coupées ou MBB + demi-coupées peuvent atteindre une puissance de 400 W.

- Du fait du nouvel an et de l’épidémie, les exportations de panneaux devraient ralentir cette année, puis reprendre, tout en étant inférieures à celles de 2019. La taille G1 devrait devenir le format standard pour les panneaux mono PERC cette année ; les cellules demi-coupées MBB + pourraient dépasser les cellules demi-coupées pour devenir courantes. Les exportations de panneaux bifaces vers les Etats-Unis ont augmenté au second semestre du fait de leur exclusion des tarifs de la section 201.

PV InfoLink du 3 mars


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D'où viennent les défaillances des systèmes solaires

Le NREL américain a étudié le comportement de 100.000 installations sur cinq ans (soit l'équivalent de 7 GW de capacité de production). Il voulait observer les points de défaillance les plus courants des grandes centrales, des installations commerciales et des systèmes résidentiels.

Le point clé à retenir est qu'une surveillance étroite et une réparation rapide peuvent atténuer efficacement les effets financiers des pannes.

80 % à 90 % des systèmes photovoltaïques aux États-Unis fonctionnent à 10 % en dessous de leur niveau de production prévu. Quelque 56 % des installations ont fonctionné dans le cadre de leur « attente P50 » - une mesure statistique qui indique que les projets à 50 % généreront plus qu’un chiffre de sortie spécifié. D'un autre côté, cependant, 7.000 des systèmes étudiés (soit 7 %) ont fonctionné en dessous de leur « attente P90 ».

Les problèmes de panneaux interviennent dans 0,02 à 0,2 % de cas. Un problème d'onduleurs a surgi avec une régularité de 4 à 6 %.

Les compteurs ont également été signalés comme potentiellement problématiques, en raison de perturbations allant des problèmes de communication, de l'enregistrement précis des données, aux pannes complètes. Dans l'ensemble, les problèmes de matériel ont affecté 9 % des systèmes étudiés au cours de la période de cinq ans.

Les systèmes résidentiels sont plus fiables que les grandes centrales des services publics, ou que les installations commerciales et industrielles (C&I). Cependant, lorsque des problèmes se sont produits, les installations résidentielles subissent des pertes de puissance en proportion plus importantes car les systèmes de surveillance des grandes centrales détectent les problèmes plus tôt. De plus, les services d'exploitation et de maintenance (O&M) sont beaucoup plus rationalisés.

Le NREL également observé un nombre important de problèmes liés aux disjoncteurs, aux fusibles et au câblage qui se sont produits au cours de la première année d'installation. Ils ont conclu qu'ils découlaient de mauvaises pratiques d'installation de la part d’opérateurs peu expérimentés.

https://www.pv-magazine.com/2020/03/18/study-of-100000-arrays-finds-proactive-om-preferable/

PV Magazine du 18 mars
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LE MONDE

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Le monde court à la récession économique

Les perturbations quasi simultanées résultant du coronavirus chez les fabricants, les chaînes d'approvisionnement, des flux du commerce international, des voyages, de la demande, ainsi que les blocages du monde bancaire et financier ont porté un coup dur à l'économie mondiale. Les États-Unis, l'Europe et le Japon se dirigent vers une récession.

Les prévisions d'IHS Markit pour la croissance du PIB mondial en 2020 ont été révisées à la baisse à 0,7 % en réponse à la propagation du virus. (Or, une croissance inférieure à 2,0 % est classée comme une récession mondiale). Le nombre de personnes contaminées dans le monde devrait atteindre son sommet au troisième trimestre.

Pour le moment, l’évolution de l’économie mondiale suivra plus certainement un cycle en U plutôt qu'en V, car une forte réduction de la croissance à court terme sera suivie d'une lente reprise. La récente et forte baisse des prix du pétrole aidera les consommateurs d'énergie, mais nuira aux producteurs d'énergie. L'effet net sur la croissance mondiale devrait être négatif, mais faible. Les perspectives de l’économie mondiale dépendront essentiellement de la manière dont les gouvernements réagiront et aux mesures qui seront prises. Pour le moment, les banques centrales ont déjà pris des mesures d'urgence, mais la réponse budgétaire est plus incertaine.

    États-Unis : une récession va commencer au deuxième trimestre : La peur et le stress financier liés à la propagation du virus ont annulé la confiance qui existait au début 2020. La valeur des actions a chuté de plus de 25 % depuis le début de l'année, effaçant des milliers de milliards de dollars de richesse des ménages. La croissance du PIB réel sera gravement affectée au deuxième trimestre, les consommateurs dépensant plus prudemment et les entreprises mettant en attente certains investissements jusqu'à ce que les perspectives s'éclaircissent. Les interdictions de voyager et de rassemblements publics seront également préjudiciables. La croissance ne devrait pas revenir avant la fin de l'année.

Un allégement budgétaire sera nécessaire. L'effet net de la forte baisse des prix du pétrole sera de ralentir un peu la croissance, d’un côté les consommateurs sont favorisés, de l’autre, les producteurs de pétrole et leurs fournisseurs en souffriront. Tout compte fait, le PIB réel américain devrait chuter de 0,2 % sur une année civile, en 2020.

En Europe : la récession est imminente. Les économies de la zone euro et du Royaume-Uni étaient déjà dans un état de faiblesse avant l'impact du virus. Le PIB réel de la zone euro n'a augmenté que de 0,1% en rythme trimestriel (trimestre sur trimestre) et de 1,0 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2019. C’est la performance la plus faible en six ans. La production de l'Allemagne était restée stable, tandis que l'Italie et la France ont subi des contractions trimestre après trimestre. IHS Markit s'attend à ce que le virus se propage sérieusement, via le commerce, les voyages et le tourisme, les marchés financiers et la perception de la population. L'Italie est particulièrement vulnérable, compte tenu de son économie fragile, de la forte incidence de l’épidémie et des restrictions d'activité qui en résultent. L'Allemagne sera durement touchée par une baisse des exportations vers la Chine continentale, en particulier la forte baisse des ventes de véhicules légers, la récession dans la zone euro, le PIB réel diminuant pendant une grande partie du reste de 2020. Pour l'année entière, IHS Markit s’attend à une baisse du PIB réel de la zone euro de 1,5 %.

Le Japon est déjà en récession : Le PIB réel du Japon a chuté de 7,1 % (en taux annualisé) au quatrième trimestre de 2019 par rapport au trimestre précédent. C’est la conséquence d’une forte baisse de la consommation des ménages et de la réduction de l'investissement fixe privé. Le PIB réel devrait de nouveau baisser au premier trimestre en raison du coronavirus. Le tourisme tant étranger que national a diminué et plusieurs événements majeurs ont été réduits, reportés ou annulés. Néanmoins, les prévisions d’IHS supposent que les Jeux Olympiques d'été de Tokyo de 2020 auront lieu. Après une expansion de 0,7 % en 2019, le PIB réel du Japon devrait se contracter de 0,8 % en 2020 avant de remonter de 0,6 % en 2021 et 0,5 % en 2022.

La Chine : premier entré, premier sorti ? L'incidence de l'épidémie s'est répandue du Hubei aux autres régions en raison de perturbations de la chaîne d'approvisionnement. De plus, les pénuries de main-d'œuvre ont entravé la reprise du travail, car une bonne partie de la main-d'œuvre s'était rendue dans sa région d'origine pendant le nouvel an lunaire et n’a pas pu retourner au travail rapidement en raison des restrictions de voyage et des exigences locales de quarantaine. Les données de janvier et février révèlent une chute brutale de l'activité économique.

Une mesure clé consiste à coordonner la reprise du travail entre les régions. Les autorités ont également indiqué qu'elles intensifieraient la relance monétaire, qu’elles accéléreraient et augmenteraient les dépenses d'investissement. IHS Markit prévoit que la croissance du PIB réel de la Chine continentale ralentira de 6,1 % en 2019 à 3,9 % cette année, l'économie se contractant fortement en glissement annuel au premier trimestre. IHS prévoit un rebond de la croissance en 2021.

Le monde connaitra le pire ralentissement de la croissance depuis la crise financière de 2008-2009.

IHS Markit du 18 mars


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Quand est-ce que le monde découvrira-t-il le danger du monopole chinois du silicium ?

Le producteur taïwanais de silicium polycristallin Powertec a déposé son bilan le 27 février

EnergyTrend du 16 mars

NDLR  Les coréens OCI et Hanwha, fabricants reconnus viennent d’annoncer la fin de leur activité de production de silicium. L’américain REC Silicon a arrêté une de ses usines. Wacker subit de lourdes pertes. Bientôt, il ne restera plus que des fabricants chinois qui avec leur puissance de production (cf Tongwei qui vient d’annoncer un objectif de capacité de production autour de 250.000 tonnes par an en 2023, soit quatre fois sa capacité 2019. Daqo a doublé sa capacité en 2019). Les concurrents étrangers attendent leur mise en faillite, sans rien faire. Les gouvernements regardent ailleurs ! Bientôt seule la Chine produira ce qu’il faut pour la filière photovoltaïque, sans aucune concurrence, sans réaction du reste du monde. Même le coronavirus aura produit ce qui s’est passé avec le SRAS, de beaux discours, soulignant la nécessité de briser la dépendance vis-à-vis d’un seul pays ! Mais cela restera un vœux pieux car les bases ne seront plus disponibles. Où y a-t-il une vision stratégique ailleurs qu’en Chine ?


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La fabrication en Chine commence à revenir à la normale

Les activités de fabrication en Chine commencent à revenir à la normale. Il y a l’utilisation des capacités à 80 % sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement en mars. Désormais, l'offre est quasiment revenue à la normale. Mais maintenant, la demande de mars et d’avril commence à être affectée par le coronavirus.

Les autorités chinoises ont reporté à fin juin, les délais de soumission aux enchères. Elles envisagent également une extension d'un trimestre, des délais de connexion au réseau. Pour le moment, on envisage que la demande chinoise revienne en dessous de 40 GW en 2020.

Ainsi, la demande ne reprendra pas avant le second trimestre. Pour le moment, il y a peu de changement dans les prix des plaquettes et des cellules. La vente de panneaux dépendra de la demande aux Etats-Unis et en Europe. Jusqu'à présent, il n'y a pas de changement marqué dans le volume des commandes étrangères de panneaux. Cependant, l'Europe et d'autres régions où le virus est très répandu, devraient voir leurs projets reportés.

Actuellement, il est impossible de prévoir l’importance de la demande. Elle reprendra au moment où l'épidémie pourra être contenue.

https://www.pv-magazine.com/2020/03/20/ripple-effects-of-covid-19/

PV Magazine du 20 mars


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Les installations solaires aux Etats-Unis en 2019.

Les Etats-Unis ont installé pour 13,3 GW de solaire en 2019. C'est la deuxième fois que le PV est plus important que toutes les autres sources de production, selon le SEIA et Wood Mackenzie. Il atteint une part de marché de 39,8 %, un peu plus que les générateurs au gaz (32 %). C'est dû en partie aux succès des installations résidentielles. Au total, les Etats Unis compte 76 GW solaires, à comparer aux 100 GW éoliens

Ces 13,3 GW se décomposent : * en centrales pour les compagnies d'électricité et les entreprises (8,4 GW dans l'année et 48 GW en total installés). Les accords d'achat d'énergie solaire ont été conclus sur un prix compris entre 0,016 $ et 0,035 $ le kWh selon les Etats.

* En installations résidentielles avec 2,8 GW installés. La Californie a installé à elle seule 1 GW. Le solaire a bénéficié des pannes de courant provoquées par les incendies de forêts. Il a été souvent couplé au stockage résidentiel d'énergie. La Floride s'est distinguée par les caractéristiques propres des installations et non par des avantages fiscaux.

* En installations commerciales et industrielles pour 2,1 GW.

Pour 2020, les installations photovoltaïques aux Etats-Unis devraient augmenter de près de moitié (+ 47 %) pour atteindre 20 GW du fait de la fin des incitations fiscales fédérales, mais cette prévision a été formulée avant l'épidémie de coronavirus qui pourrait limiter les installations.

https://www.greentechmedia.com/articles/read/the-us-residential-solar-market-got-its-mojo-back-in-2019

GreenTech Media du 17 mars


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Le coronavirus menace l'industrie solaire américaine

A son tour, la propagation du coronavirus menace la réalisation des projets de l'industrie solaire américaine en plein essor. L'énergie solaire a représenté 40 % des nouvelles capacités de production électrique des Etats-Unis en 2019, contre 32 % pour le gaz naturel et 27 % pour l'éolien.

Le SEIA, principal syndicat solaire, estime déjà que les prévisions de croissance de 47 % en 2020 devront être revues à la baisse dans les mois à venir.

Les entreprises solaires sont confrontées non seulement à des retards dans l'approvisionnement des composants, tels que les panneaux photovoltaïques et les onduleurs, mais le secteur doit faire face également à des pénuries de main-d'œuvre, car les Américains sont invités à limiter les contacts sociaux pour réduire la propagation du coronavirus. Ils sont obligés de rester à la maison en raison de fermetures d'écoles.

Sur le segment de marché de l'énergie solaire sur bâtiments, les maîtres d’ouvrages suspendent pour le moment leurs investissements.

Tecsol du 19 mars


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Comment réagiront les ménages face à la dépense en toits solaires en période d’épidémie ?

Quelle sera l'attitude des ménages américains face à l'investissement en toits solaires en période d’épidémie ?

Les réactions sont diverses.

Pour les uns, une récession réduit les dépenses non essentielles et donc les dépenses pour l'installation de toits solaires.

Pour d’autres comme l'installateur américain Sunrun, la récession est un moment de difficultés au cours duquel on regarde comment économiser de l'argent. Un toit solaire peut être un produit contra-cyclique. Il est un produit d'épargne pour un ménage : Sunrun pense aux baux solaires dans lesquels les clients paient des frais mensuels en échange de la possession et de l'exploitation de l'équipement sur le toit.

Pour départager, il faudrait examiner une période de récession passée. Or il n'y en a pas eu aux Etats-Unis sauf en 2008 ; c’était au tout début des installations solaires et de Sunrun. A l'époque, le toit solaire était adopté car il ne coûtait rien aux propriétaires de toit, mais à l'époque il y avait peu de suivi sur les ventes.

Le marché des toits solaires américains est passé de 310 MW installés avant 2010, à 2,8 GW, au cours de la seule année 2019, portant la capacité installée à 15,8 GW.

Une crise économique incite à ralentir ses dépenses et donc à reporter l'installation sur son toit. Comme tout bon vendeur, Sunrun indique que l'installation PV est le moyen de gagner de l'argent en réduisant la facture d'électricité et en évitant les hausses ultérieures du prix de l'énergie.

GreenTech Media du 17 mars


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Le coronavirus stoppe les installations solaires en Allemagne

Il y a un mois, les développeurs espéraient le redémarrage de la fabrication de panneaux en Chine afin d'éviter des retards dans la livraison des modules ou composants. Depuis février, la situation a radicalement changé. Les restrictions de circulation en Europe commencent à avoir un effet massif sur les entreprises quelques jours après leur entrée en vigueur. Les effets sont de plus en plus marqués. Les chantiers de construction se figent. En conséquence, de nombreux ouvriers d'assemblage d'Europe de l'Est retournent dans leur pays d'origine car il n'y a plus de panneaux à installer. Il est également difficile d'apporter sur les chantiers de construction, des outils d'assemblage tels que des tournevis sans fil, car on ne peut plus transporter facilement des équipements ou des composants à travers les frontières nationales ou même fédérales.

La disponibilité des panneaux est variable selon les entreprises. Certaines ont encore suffisamment de panneaux en stock. Aucune entreprise n'évoque le manque de panneaux. Pourtant, l'arrêt de la production en Chine a eu un impact au cours de ces dernières semaines, avec un retard important dans la chaine d'approvisionnement de panneaux. Il y a eu des reports allant jusqu'à six semaines. Les livraisons tardives de panneaux ainsi qu’un manque de personnel d'installation pourraient avoir chacun un impact négatif sur la réalisation de projets. Il semble encore trop tôt pour que les entreprises puissent estimer l'ampleur de l'impact. Mais tout retard coûtera beaucoup d'argent aux propriétaires des centrales.

Certains ingénieurs indiquent que quelques gestionnaires de réseau de distribution leur ont annoncé qu'ils n'accepteraient plus de connexions pour les systèmes PV. Cela concerne principalement les projets à grande échelle en Allemagne. De nombreuses municipalités ont suspendu leurs réunions et ont renvoyé leurs employés chez eux. Les approbations de projets sont reportées. Les plans de développement ne sont plus en cours d'élaboration ; les réunions extérieures nécessaires aux projets n'ont pas lieu. Or on ne sait pas combien de temps seront maintenues les mesures actuelles de protection contre l'épidémie.

Les syndicats professionnels allemands s'activent pour prolonger les délais de développement et de construction des projets, alors que les développeurs ont un maximum de 24 mois pour connecter leurs systèmes PV au réseau. Ils réclament un étalement sur six mois à un an. Les projets réalisés dans le cadre d'un contrat d'achat sans subvention donnent lieu à des négociations avec les acheteurs. On peut alors faire jouer la clause de la force majeure.

PV Magazine du 20 mars


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Le marché du stockage en Allemagne

Le marché germanique a réalisé un chiffre d'affaires de 5,5 Mds € en 2019, avec 13.300 collaborateurs. Il a connu une croissance de 10 % par rapport à 2018.

Le stockage dans l'industrie et le commerce est de plus en plus utilisé pour l'alimentation électrique sans coupure, pour l'alimentation de secours, pour la gestion des pics de charge, pour l'optimisation des processus de production, ou pour la décarbonisation et le couplage sectoriel. Il est au second rang des motifs de vente avec 1,3 Mds €

La demande de stockage de chaleur augmente fortement. Ce sont les premiers effets du prix du CO2 à venir dans le secteur industriel. Le « stockage d'énergie thermique » se poursuit et est dopé par des applications de plus en plus étendues du stockage de chaleur.

La croissance du marché du stockage à domicile est toujours très forte. Sa croissance est accélérée par la mobilité électrique. Les technologies de stockage d'énergie jouent un rôle de plus en plus important dans la flexibilité des infrastructures de mobilité, en particulier dans la fourniture de recharge rapide de véhicules électriques.

Le développement du stockage en Allemagne est entravé par des cadres réglementaires obsolètes. Ainsi, les magasins sont considérés comme des consommateurs. En outre, les procédures d'approbation sont longues ; les conditions de connexion au réseau avec des concepts de mesure et de facturation sont peu pratiques. Il y a aussi un manque généralisé de transparence des réglementations applicables. Les professionnels militent pour que le stockage soit considéré comme le quatrième pilier du système énergétique.

La demande d'hydrogène vert augmente. Elle est soutenue par la forte demande des utilisateurs industriels pour un approvisionnement énergétique bas carbone. Cependant, les technologies de conversion au gaz ne sont pas encore utilisées à l'échelle industrielle. La réglementation entrave l'utilisation large et conviviale des dispositifs de stockage d'énergie et des condensateurs à l'hydrogène.

SolarServer du 13 mars
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LES PRODUITS

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Très forte expansion des installations de production à hétérojonction

14 GW d'extensions de capacité de production de cellules et de panneaux à hétérojonction (HJT) ont été annoncés en 2019, contre 1 GW en 2018.

 Le fabricant chinois Jiangsu Akcome Science & Technology augmente son capital social de 242 M$, afin de financer la phase 2 de 1,3 GW de la production de cellules et de panneaux à HJT à Changxing (Zhejiang). La phase 1 avait porté la capacité à 1 GW. A plus long terme, l'objectif est de parvenir à 5 GW dans cette usine.

Depuis le début 2020, les plans d'expansion cumulatifs basés sur HJT ont dépassé 35 GW,

PV Tech du 18 mars

NDLR    Ceci signifie que l’hétérojonction va devenir la technologie dominante en 2021-2022


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Statistiques sur le cobalt et le nickel pour batteries

Le cobalt : Témoignage de son importance sur le marché, le fabricant chinois de batteries CATL a consommé 21 % de l'approvisionnement mondial en cobalt en 2019. Les cinq principaux fabricants ont absorbé 78 % de l'offre mondiale (contre 69 % en 2018)

Company

Consumption Share

Quantity (Tons)

1.      CATL

21%

3,000

2.      LG Chem

20%

2,900

3.      Panasonic

17%

2,400

4.      BYD

11%

1,600

5.      Samsung SDI

9%

1,300


En 2019, CATL a dépassé le leader de l'année précédente, LG Chem. BYD est entré dans le top 5 pour la première fois. Ainsi, celui qui détient le cobalt gagne la guerre de la suprématie de la batterie

Le nickel : En 2019, Panasonic est le premier utilisateur de nickel dans le monde avec 51 % de la demande, suivi par CATL (15 %) et LG Chem (12 %). Panasonic utilise 60 % de son nickel dans les batteries NCA (pour les véhicules Tesla) et 39 % dans des batteries NiMH pour les véhicules hybrides de Toyota

Tesla utilise des batteries NCA alors que les chinois utilisent des batteries NCM, reflétant une consommation de nickel différente. Tous les fabricants essaient de produire des batteries sans cobalt.

EnergyTrend du 16 mars
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LES SOCIÉTÉS

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Meyer Burger voit son salut dans l'investissement dans des unités de production

En raison des importants investissements en recherche et développement de Meyer Burger et des faibles marges obtenues lors des ventes (du fait de la concurrence des équipementiers chinois), la société compte évoluer pour devenir un partenaire de certains fabricants (Oxford PV, REC Group) en augmentant son implication dans les fabricants de produits à hétérojonction, avec partage de résultats. En effet, le coût de changement de technologie au profit de l'hétérojonction est important. REC Group a investi 150 M$  pour mettre en place une capacité de 600 MW. Or REC veut porter sa capacité à 1 GW.

La capacité mondiale de production à hétérojonction augmente rapidement (Très forte expansion des installations de production à hétérojonction)

PV Tech du 16 mars
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DIVERS

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Placer des miroirs à proximité des panneaux pour augmenter de 20 % leur efficacité

Placer des miroirs à proximité des panneaux augmente l'efficacité du système de 20 % pendant la saison estivale. Bien que la technologie soit encore loin d'être économiquement viable, la recherche montre que des rendements plus élevés peuvent être atteints sans affecter de manière significative la température du panneau.

Des chercheurs indiens de l'Institut National de Technologie, du CEEE et de l’Université Shoolini ont amélioré le rendement d’un système photovoltaïque à l’aide de miroirs réflecteurs. Dans le passé, les réflecteurs à miroir ont été utilisés pour augmenter la production d'électricité des panneaux. Ils ont augmenté la production entre 20 % et 30 % selon la saison, le site d'installation et le type de réflecteur.

Ces chercheurs ont mené leur étude dans la zone de l'Himalaya. La température des panneaux a été augmentée entre 0 et 4 degrés Celsius par rapport à un système PV sans réflecteur.

Une production accrue des panneaux a été observée entre 9 h et 13 h. Une moindre efficacité a été enregistrée entre 14 h et 17 h. L'angle d'inclinaison optimal des miroirs a été constatée à 40° en été, et entre 10° et 20° selon les mois de décembre à février. L'étude ne fournit pas de détails sur les coûts de cette technologie de réflecteur à miroir ; elle ne précise pas quel coût moyen de l’électricité (LCOE) peut être obtenu grâce à son utilisation.

 

https://www.pv-magazine.com/2020/03/19/raising-a-pv-systems-yield-by-20-with-mirror-reflectors/

PV Magazine du 19 mars

NDLR   La technologie de réflecteur à miroir montre son intérêt par rapport à un panneau seul, et ses limites face aux suiveurs qui s’adaptent aux mouvements du soleil. C’est certainement la position fixe qui fournit davantage d’énergie le matin que l’après-midi.

L’évolution de l’angle d'inclinaison optimal des miroirs est intéressant car il indique l’intérêt des suiveurs à deux axes, même s’ils sont très difficiles à mettre au point et à gérer
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