L R AS Publié le lundi 09 décembre 2019 - n° 301 - Catégories : financement

Quelle conséquence y aura-t-il à l'abandon par la BEI du financement des combustibles fossiles ?

La Banque Européenne d'Investissement est l'un des principaux prêteurs du secteur de l’énergie en Europe avec 15 Mds € distribués par an. Or, pour chaque euro investi par la BEI dans un projet ou une entreprise, environ sept autres sont investis par le secteur privé. Cela représente environ 120 milliards d'euros (133 milliards de dollars) d'investissements publics et privés dans le secteur de l'énergie qui découlent des choix de la BEI.  C'est à comparer aux investissements mondiaux dans les énergies renouvelables en 2018 de 300 milliards de dollars.

D'ici la fin de 2020, tous les investissements de la BEI, qu'ils soient dans les écoles ou les transports ou les télécommunications, seront alignés sur l'Accord de Paris. La banque mettra davantage l'accent sur les infrastructures et les technologies permettant de connecter au réseau davantage d'énergie éolienne et solaire.

Selon la BEI, l'éolien en mer devrait jouer un rôle central dans le secteur de l'énergie en Europe. Il y a 20 gigawatts de vent en mer installés contre 600 gigawatts d’éolien sur terre. Chaque projet en mer utilise une fondation différente et une turbine plus grande. Pour l'instant, la BEI continuera de jouer le rôle d'accélérateur de marché pour ce qu'elle considère comme une technologie en phase de démarrage. Les objectifs de l'UE pour l'éolien en mer sont de 100 gigawatts d'ici 2030

Parmi les cibles possibles d'investissement figurent des projets transfrontaliers (tels que la création d'une connexion au réseau couvrant la mer Baltique) ainsi que l’éolien flottant.

Une nouvelle ère s’ouvre pour le secteur de l'énergie : la BEI travaille à développer de nouveaux mécanismes qui lui permettraient de prendre plus de risques, comme des projets de démonstration tels que WindFloat, ou les contrats d'achat d'énergie : à l'heure actuelle, la BEI évalue les formules de contrats d’achat et cherche un moyen de réduire les risques des deux côtés du contrat. La normalisation et un mécanisme qui pourrait regrouper les plus petits utilisateurs sont deux idées à l'étude. Les travaux sont en cours.

Surtout une nouvelle ère s'ouvre pour la structure globale du secteur énergétique européen, qui met l'accent sur la collaboration entre les secteurs public et privé. Il y a 20 ans, le secteur était totalement centralisé et géré par l'Etat. Il a été libéralisé, mais il y a besoin d'une planification centrale : il faut que l'Etat fixe les objectifs et que le secteur privé les réalise.

GreenTech Media du 6 décembre

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