L R AS Publié le dimanche 01 décembre 2019 - n° 300 - Catégories : les centrales

Analyser les centrales hybrides d'une autre façon

Le NREL américain a étudié le potentiel des centrales hybrides qui combinent éolien, solaire et stockage. Le développement de telles centrales est motivé par la nécessité d'accroître la rentabilité et de prendre en compte des paramètres dépassant le coût actualisé de l'électricité, en tenant compte des revenus variables dans le temps et en gérant mieux la variabilité inhérente aux énergies renouvelables.

A partir du moment où les EnR représentent 10 à 20 % de la production totale d'électricité, il ne faut plus examiner le coût de l'énergie mais inclure d'autres critères qui maximisent la rentabilité. C'est indispensable car les EnR sont de plus en plus placées en concurrence avec des sources traditionnelles de production d'énergie. Le propriétaire de centrale doit être attentif aux économies à réaliser sur le coût d’utilisation des sols, sur les infrastructures électriques et matérielles, ainsi que sur les dépenses opérationnelles. Il doit aussi augmenter la valeur de son installation afin de capitaliser sur les flux de revenus grâce aux marchés de capacité à terme (le cas échéant), au fonctionnement « dispatchable » sur des marchés où les prix de l'énergie varient dans le temps, et aux services auxiliaires (le cas échéant).

Le principal facteur d'une installation d’énergies renouvelables est la qualité des ressources qui sont fournies et leur répartition dans le temps. Or pour le moment, la plupart des centrales sont conçues autour des contrats de vente d'énergie avec pour objectif principal la minimisation du coût de l'énergie. Pour NREL, cette approche est dépassée. Il faudrait prendre en compte les caractéristiques des ressources énergétiques et le marché sur lequel le système achemine de l'électricité.

Le NREL précise que « la complexité et les incertitudes inhérentes à l'optimisation de la conception physique des centrales hybrides vont au-delà de la pratique actuelle ». Il faut obtenir le plein potentiel des futures centrales hybrides à faible coût et à forte valeur pour le réseau électrique.

PV Magazine du 28 novembre

NDLR  Une nouvelle étape de réflexion est atteinte avec ce constat : il ne suffit pas d’obtenir le prix le plus faible de l’électricité éolienne ou solaire. Il faut tenir compte de l’intermittence tout comme du coût des installations. Dès lors, il faut déterminer ce qui rapporte le plus à la compagnie d’électricité laquelle sera obligée de compenser l’intermittence, de faire voyager l’énergie, de payer pour installer et faire fonctionner les infrastructures de production. On passe d’une considération de l’énergie brute produite (le kWh solaire par rapport au kWh à base de gaz ou de nucléaire), à un prix de revient global qui tient compte de tous les facteurs de production afin de déterminer un prix de revient. C’est à la fois plus réaliste et aussi une seconde étape dans la conception des énergies renouvelables qui sont en concurrence avec les autres sources d’énergies. 

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