L R AS Publié le dimanche 01 décembre 2019 - n° 300 - Catégories : hydrogène

La réalité de l'hydrogène vert derrière le battage médiatique.

L’hydrogène est de plus en plus considéré comme un atout essentiel pour la décarbonisation des réseaux et des transports. L'intérêt pour cette technologie est en hausse : Shell estime que le secteur de l'hydrogène mérite les mêmes niveaux de soutien que ceux accordés à l'énergie dans le passé.

A moyen terme, le potentiel de décarbonisation de l'hydrogène est limité. Dans certains domaines, ce n'est « pas économique, et ce ne sera pas », estime Wood Mackenzie. L'hydrogène vert reste inefficace et coûteux aujourd'hui, avec une efficacité globale de 30 % seulement. Il ne sera pas utilisé aux Etats-Unis car le prix du gaz naturel devrait rester à un bas prix dans un avenir prévisible : il sera plus économique de le produire à partir du gaz naturel.

Un des obstacles pour son utilisation par le transport réside dans la nécessité d’avoir à la fois un électrolyseur et un vaste réseau de distribution.

L'IRENA affirme aussi que l'hydrogène ne sera pas le carburant dans un proche avenir.

Wood Mackenzie estime que les électrolyseurs d'hydrogène vert atteindraient une capacité de 3,2 gigawatts d'ici 2025, à comparer aux 253 mégawatts installés à la fin de 2019.

L'hydrogène vert est produit par de l'énergie renouvelable dans le processus d'électrolyse. L'hydrogène obtenu peut être utilisé ultérieurement pour renvoyer de l'électricité sur le réseau via une pile à combustible.

À l'heure actuelle, environ 99 % des quelque 130 millions de tonnes d'hydrogène utilisées chaque année pour les procédés industriels – principalement obtenu par le raffinage du pétrole et la production d'ammoniac - sont obtenues à l'aide de procédés de gazéification du lignite, du charbon ou de la transformation du méthane à la vapeur. Mais l'industrie de l'hydrogène cherche à s'éloigner de ces méthodes de production à forte intensité de carbone.

Wood Mackenzie s'attend à ce que la production d'hydrogène vert soit compétitive avec la gazéification et la formation du méthane à la vapeur d'ici 2030 en Australie, en Allemagne et au Japon.

Étant donné que les méthodes de production actuelles représentent environ 2,5 % de toutes les émissions de carbone dans le monde, une fois que l'électrolyse à base d'énergies renouvelables deviendra compétitive, « l'hydrogène vert sera utilisé pour remplacer d'autres formes d'hydrogène. »

L’efficacité de l’aller-retour de l'hydrogène vert pour la production d'électricité varie de 45 à 50 %, selon le type de pile à combustible, de turbine ou de moteur à gaz utilisé pour alimenter le réseau. (NDLR  le rendement est bien faible)

L'efficacité pourrait être supérieure si l'hydrogène était utilisé pour le chauffage plutôt que pour la production d'électricité, car l'émission de chaleur pourrait être conservée. Il peut être conservé et stocké sur des bateaux

GreenTech Media du 28 novembre

NDLR  Le décalage entre les messages quotidiennement rapportés et l’avancée technologique est particulièrement élevé. A entendre les uns ou les autres, on aurait pu croire que l’avènement de l’hydrogène était imminent. Il faudrait attendre au moins une dizaine d’années avant de pouvoir utiliser l’hydrogène de façon habituelle !

De plus, la faiblesse des rendements (actuellement, car des progrès peuvent être faits) rendrait bien élevé le coût de l’hydrogène, même s’il était produit par l’énergie solaire qui, elle, est gratuite (mais il faut installer des centrales qui sont payantes).

Il faut donc envisager une autre solution pour éviter la carbonisation du monde !

S'inscrire à la newsletter "Le Fil de l'Actu"