L R AS Publié le samedi 24 août 2019 - n° 286 - Catégories : sociétés fr, enchères

Akuo Energy a-t-il été trop ambitieux ?

A la suite de la publication des résultats de l'enchère au Portugal, nombreux sont les analystes qui estiment que le prix obtenu est trop faible pour obtenir des bénéfices, et que les profits seront obtenus au-delà du contrat de 15 ans qui a été conclu lors de l’enchère, par la vente d'électricité sur le marché au cours de la période allant de la 16ème à la 30ème année.

Selon Wood Mackenzie, les enchérisseurs portugais auraient besoin de prix de gros de l'électricité moyens d'au moins 30 € (34 $) par mégawattheure pour obtenir un taux de rendement interne (TRI) positif. Ils se basent sur un prix de construction de 600 € (670 $) /kW installé ; un taux de conversion de 24 % qui ne pourrait être atteint qu'avec des panneaux bifaciaux sur des suiveurs à un axe. Ils estiment donc que les développeurs prennent un risque important en raison des nombreuses incertitudes entourant la prévision des prix de gros au cours de la période allant de la 15ème à 30ème année, avec notamment une érosion prévisible importante des prix de gros de l'électricité durant la journée.

D'autres commentateurs rappellent que le rôle des développeurs est de gagner des projets, même peu rentables.

Bloomberg NEF confirme que les enchères font souvent apparaitre des offres trop basses. Calculer le coût actualisé de l'énergie correspondant aux résultats de nombreuses enchères est « incroyablement difficile avec les hypothèses formulées par les fournisseurs traditionnels ». Parfois il s'agit d'hypothèses trop optimistes. Elles escomptent la réduction du coût de la technologie et de la maintenance avant la mise en service du projet.

Il se peut aussi que la durée de l'installation dépasse les trente ans, ce qui réduit le besoin de revenus immédiats provenant des ventes aux enchères.

En définitive, si les investisseurs obtiennent du 4 % au lieu du 6 % espéré, l’auteur conclut que ce n'est pas si mal.

GreenTech Media du 9 août

NDLR     Lors des précédents records de prix, Wood Mackenzie avait eu la même réaction, estimant impossible de rentabiliser un tel niveau de rémunération.

 Si trois sociétés ont proposé des prix très comparables (0,0147 à 0,0171 €/kWh), c’est que les conditions de l’offre permettaient de telles propositions. Les sociétés ont peut-être réduit à zéro la rentabilité des projets proposés, mais le fait même qu’elles soient plusieurs à avoir proposé un prix inférieur à 0,02 €, indique qu’elles considèrent que le prix est raisonnable et rentable.

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