L R AS Publié le samedi 24 août 2019 - n° 286 - Catégories : pays europ.

L'Espagne fait face à une bulle spéculative de projets solaires.

L'Espagne fait face à une bulle spéculative de projets solaires.

En juin, le régulateur avait reçu des demandes de raccordement au réseau pour une capacité de 196 GW. Ce niveau augmente d'environ 15 GW par mois. Il n'y a aucune chance que toute cette capacité soit construite. Cette année, la demande d’électricité de l’Espagne a culminé

le 22 janvier à 40,5 gigawatts. Le plus haut niveau jamais enregistré de la demande était de 45,5 gigawatts en décembre 2007.

Le plan énergétique et climatique national du pays prévoit un développement de l’énergie renouvelable de 55 gigawatts jusqu’en 2030, ce qui équivaut à environ quatre mois de présentation de projets solaires au taux actuel.

Cet engouement indique que les investisseurs ont confiance dans les projets dans ce pays. L'Espagne installera entre 4,1 et 4,9 GW en 2019, contre 288 MW en 2018. Les prévisions pour 2020 et 2021 portent sur 1,6 à 3 GW. Le gouvernement souhaite modérer l'appétit des investisseurs, même si la grande majorité des projets ne verra jamais le jour : la plupart des investisseurs n’ont pas dépassé le processus de demande de connexion au réseau, ce qui est relativement facile. Les candidats ne sont même pas tenus d'avoir un plan viable de projet. Le gouvernement va imposer des exigences et des délais plus stricts au processus de candidature.

L'intérêt pour la construction de centrales en Espagne est renforcé par les conditions économiques favorables : le prix du marché au comptant de l'énergie est plus élevé que le coût moyen de l'électricité solaire. Les développeurs ont ainsi intérêt à éviter les enchères du gouvernement et à vendre leur énergie sur le marché au comptant, sans même disposer de contrat de vente à long terme.

GreenTech Media du 15 août

NDLR     La bulle spéculative est bien présente. Un grand nombre de projets se présente. Il faudra voir lesquels seront construits et surtout lesquels obtiendront des contrats de vente d’électricité. Si de nombreuses centrales entrent en service sans contrat, le marché de gros sera déséquilibré avec une baisse brutale du prix du kWh qui ne permettra pas de rentabiliser l’installation. De plus, toute nouvelle installation, qui aura forcément un prix de revient inférieur aux anciennes, exercera une concurrence victorieuse… Le marché de l’électricité a besoin de régulation pour éviter la concurrence à mort.

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