L R AS Publié le lundi 15 juillet 2019 - n° 285 - Catégories : le Fil de la Semaine

Le Fil de la Semaine n°285 du 15 juillet

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE

S'il n'y avait que quatre textes à lire cette semaine :

FRANCE             *    Exonération pour les petits producteurs autoconsommateurs   

LA FILIÈRE       *   La zone d’activité des équipementiers allemands se réduit constamment

PRODUITS         *   Le taux de recyclage du lithium est bien supérieur à celui de certaines statistiques

LES SOCIÉTÉS *   Le suisse ABB cède sa branche onduleurs solaires et verse 470 M€ à l'acheteur

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Autres articles intéressants :

FRANCE
 

    *  
Le rapport de la mission d’information parlementaire sur les freins au PV
    *  
Aménagement du cahier des charges de l'AO en consommation
    *  
Nouvelle application du film PV souple d'Armor
    *  
Cap Vert Energie recourt au financement participatif
    *  
Contrat de vente de 716 MW par Total-Eren et EDF    
     .
LA FILIÈRE
 

    *  
Le marché mondial de l'ingénierie-construction est très fragmenté
     .
LE MONDE
  
    *  
Programme chinois de construction en 2019/2020
    *  
L’enchère au Portugal constituera une nouvelle référence en Europe
     .
LES PRODUITS
  
    *  
Des panneaux solaires qui fournissent de l'énergie et de l'eau
    *  
Un appareil minuscule pour convertir la chaleur en énergie
     .

LES SOCIÉTÉS
    
    *  
L'espagnol Ingeteam est très (trop ?) diversifié
     .

DIVERS
      
    *  
Recul de 14 % des investissements mondiaux au début 2019
    *  
Le financement du solaire au 1er semestre


     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

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FRANCE
 
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Exonération pour les petits producteurs autoconsommateurs

Le bulletin officiel des douanes a publié la circulaire d’interprétation de l’article du code des douanes sur la TICFE (Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d’Electricité). Il prévoit son exonération pour les petits producteurs autoconsommateurs mentionnées dans les points 18 et 19 ci-dessous :

[18] Sont considérées comme « petits producteurs d’électricité » les personnes qui remplissent les deux conditions cumulatives suivantes : – exploiter des installations de production d’électricité dont la production annuelle n’excède pas 240 millions de kilowattheures par site de production ; – depuis le 1er janvier 2018, consommer elles-mêmes l’intégralité de leur production d’électricité. La loi n’impose pas que l’exploitant soit le propriétaire de l’installation. Dès lors, la circonstance qu’il dispose de l’installation au moyen d’une location ou d’un contrat de crédit de bail n’est pas de nature à faire perdre le bénéfice de la dispense.

[19] Sont également considérées comme « petits producteurs » d’électricité, depuis le 1er avril 2017, les personnes qui exploitent un site sur lequel la puissance de production installée est inférieure à 1 000 kilowatts. La loi n’impose pas que l’exploitant soit le propriétaire de l’installation. Dès lors, la circonstance que l’exploitant dispose de l’installation au moyen d’une location ou d’un contrat de crédit de bail n’est pas de nature à faire perdre le bénéfice de la dispense. Contrairement au cas décrit au paragraphe [18], il n’est pas nécessaire que toute l’électricité produite soit consommée par le producteur. Lorsque tel n’est pas le cas, l’électricité livrée à un tiers est soit hors champ de la TICFE, lorsque le tiers n’est pas un consommateur final, soit soumise au tarif applicable sans bénéfice du régime de dispense de taxe des petits producteurs, lorsque le tiers est un consommateur final.

Tecsol du 10 juillet


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Le rapport de la mission d’information parlementaire sur les freins au PV

Le rapport de la mission d’information parlementaire sur les freins à la transition énergétique a été publié. Il préconise pour le photovoltaïque de « relever le seuil des appels d’offres à 500 kW pour favoriser les petits projets, notamment dans le monde agricole. » Il propose aussi :

- Assurer une visibilité suffisante à la filière au-delà de juin 2019 ;

- Établir une doctrine commune pour l’ensemble des services instructeurs ;

- Réfléchir à l’opportunité de régionaliser les appels d’offres, à budget constant ;

- Modifier les critères des appels d’offres en mettant davantage en avant celui de la pertinence environnementale, notamment le caractère dégradé des sols sur lesquels sont installées les centrales ;

- Prendre en compte les conditions d’extraction des différents matériaux composant les modules dans la notation environnementale des appels d’offres

Tecsol du 9 juillet


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Aménagement du cahier des charges de l'AO en consommation

Après l'échec du cinquième appel d'offres pour les installations en autoconsommation (il a été annulé à cause du petit nombre de projets proposés), le gouvernement a modifié le cahier des charges. A°) Il a décidé de neutraliser les éventuelles décisions qui pourraient être prises dans le cadre de la Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE). B°) Il se réserve le droit de ne sélectionner que 80 % des dossiers reçus en cas de souscription insuffisante.

Un nouvel appel d'offres se déroulera en septembre. Une cinquantaine de projets d’autoconsommation seraient sélectionnés. Ils auront une puissance de 100 à 1.000 kW pour un volume de 25 MW. Les lauréats pourront soit consommer la production, soit la valoriser auprès d'un tiers. Ils recevront une prime qui sera d’autant plus élevée que la part d’électricité autoconsommée sera importante et que la conception de l’installation permettra une bonne intégration au réseau électrique

La PPE fixe entre 65.000 à 100.000 le nombre de sites PV en autoconsommation d'ici 2023 (il y en a environ 40.000 actuellement en France)

Le Monde de l'Energie du 29 juin

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Le ministère de la Transition écologique et solidaire veut atteindre les 450 MW de projets d'autoconsommation prévus au terme de ces appels d'offres.


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Nouvelle application du film PV souple d'Armor

Armor a installé ses films photovoltaïques souples à l’extérieur et à l'intérieur (comme voile d'ombrage) de serres maraichères. 43 m² ont été déployés qui absorbent 70 % de la luminosité. Ces films sont rétractables pour s'adapter aux saisons et aux conditions météorologiques. 

L'électricité produite par la serre servira en autoconsommation, à l'éclairage, à la déshumidification ou au système d'irrigation automatisé.

La société a l'intention d'inclure son film souple dans du verre pour le rigidifier

Le film Armor est constitué de cinq couches d'encres de matière photosensible organique, encapsulées entre deux couches protectrices. Le film ASCA ne pèse que 450 g / m² et obtient un rendement de 4 %. La capacité actuelle de production atteint 1 million de m² par an.

PV Magazine du 12 juillet


    *  
Cap Vert Energie recourt au financement participatif

Cap Vert Energie lance une campagne de financement participatif pour sa centrale solaire de Quincieux (69). La collecte est réservée aux départements 01, 38, 42, 69,71 sur justification de domicile

Tecsol du 10 juillet


    *  
Contrat de vente de 716 MW par Total-Eren et EDF

EDEN Renewables India, la société commune à Total Eren et EDF Renouvelables a signé quatre contrats de vente d'électricité pour une capacité de 716 MW sur 25 ans. Les installations produiront 1.200 GWh par an

PV Magazine du 8 juillet

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LA FILIÈRE
 
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La zone d’activité des équipementiers allemands se réduit constamment

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires des fabricants allemands d'équipements photovoltaïques s'est réparti en 37 % du matériel de production de cellules, 62 % d'équipements de production de couches minces et 1 % de machines pour la fabrication de plaquettes et de panneaux. Le chiffre d'affaires est inférieur de 14 % à celui d'il y a un an. Toutefois les commandes entrantes du 1er trimestre ont augmenté de 21 % sur le début 2018. Les ventes se sont faites à 80 % en Asie, dont 43 % en Chine, 31 % au Vietnam, loin devant Taïwan qui sort d'une grave crise industrielle.

L'importance des ventes de matériel pour couches minces vient de ce qu'il y a plusieurs grands projets d'agrandissement d'usines en Asie et de ce qu'il n'y a pas encore de concurrence chinoise sur ce créneau

PV Magazine du 9 juillet

NDLR    La zone d’activité des équipementiers allemands se réduit constamment. Elle réside dans les zones que les équipementiers chinois n’ont pas encore occupées ! C’est la conséquence du transfert de la production photovoltaïque vers l’Asie. Les fabricants de la filière préfèrent des fournisseurs locaux qui puissent répondre rapidement à leur demande. L’Europe et les Etats-Unis sont cantonnés dans les recherches et les mises au point coûteuses. Les industriels chinois copient alors avec qualité les technologies mises au point à l’étranger. Triste attitude.


    *  
Le marché mondial de l'ingénierie-construction est très fragmenté

Le marché mondial de l'ingénierie-construction a augmenté de 34 % en 2018 sur 2017. La société la plus importante a été l’indien Sterling & Wilson, selon IHS Markit, qui a plus que doublé ses installations en 2018, en partie grâce au projet Sweihan de 1,2 GW réalisé à Abou Dhabi. Son volume d'activité est passé de 1,2 GW en 2017 à 2,7 GW en 2018

Les trente premières compagnies mondiales d'ingénierie-construction ont installé 19 GW en 2018, soit 21% du marché, contre 23 % en 2017.

L'internationalisation est apparue comme une tendance plus large parmi les EPC leaders du marché, avec sept des 15 plus grandes entreprises travaillant sur des projets dans plus d'une région.

PV Magazine du 9 juillet

NDLR   Aucune liste des principaux acteurs n’est fournie dans l’article. On peut surtout remarquer la petite taille des intervenants : les trente premiers n’assurent que le cinquième du marché. Est-ce parce que l’activité ne se prête pas à la concentration, ou bien est-ce que celle-ci n’est pas encore intervenue. C’est probablement cette dernière alternative la bonne

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Sept des quinze plus grandes sociétés hors de Chine (dont Sterling et Wilson, ACS, Acciona et BayWa) sont intervenues dans plusieurs régions géographiques.

PV Tech du 9 juillet

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LE MONDE
  
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Programme chinois de construction en 2019/2020

L’administration nationale chinoise de l’énergie a donné son feu vert pour la construction de 22,8 GW avec un prix allant de 0,0407 $ / kWh à 0,08 $ / kWh. Les projets sélectionnés doivent être connectés au réseau d’ici la fin de 2019. Ils subiront une réduction de prix s'ils sont achevés avant la fin du mois de juin 2020. Ils seront annulés au-delà de cette date.

Il y aura donc une ruée pour achever les projets avant la fin de cette année. Les prévisions de l'AECEA de 32 à 34 GW installés en 2019 sont révisées à la hausse, à 38 - 42 GW. Les installations entre janvier et mai ont atteint 7,6 GW.

PV Magazine du 12 juillet


    *  
L’enchère au Portugal constituera une nouvelle référence en Europe

Les conditions de l'enchère au Portugal sont une offre de 1,4 GW, avec un plafond de 0,045 € le kWh. Le gouvernement a reçu 10 GW de propositions répartis sur 64 projets.

Le gouvernement justifie les 0,045 € le kWh, car la Grèce vient d'arrêter un prix de 0,062 € le kWh. En Espagne, des projets solaires sans subvention ont été conclus sur la base de 0,027 € le kWh

PV Magazine du 12 juillet

NDLR    L’enchère constituera une nouvelle référence en Europe  
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LES PRODUITS
  
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Le taux de recyclage du lithium est bien supérieur à celui de certaines statistiques

Alors qu'un taux de 5 % de recyclage des ions lithium (provenant d'une étude des Amis de la Terre de 2010) est couramment annoncé, ce serait 97.000 tonnes de lithium-ion qui ont été recyclées en 2018 (67.000 tonnes en Chine et 18.000 en Corée du Sud), selon le groupe de recherche et de conseil londonien Circular Energy Storage qui a rassemblé des informations auprès d’une cinquantaine d’entreprises de recyclage de lithium-ion. « Ceci représente environ 50 % de ce qui était en fin de vie. »

« Cependant, beaucoup de ces batteries ont plus de trois ans, ce qui est la base de référence utilisée par l'UE pour calculer le taux de collecte. Cela signifie que le matériel que beaucoup croient perdu dans une décharge ou dans une exportation illégale, aurait plutôt été stocké dans des dispositifs plus longs que prévu, puis exportés légalement, en tant que composants de ces dispositifs ou en tant que batteries pour recycleurs en Asie avec des rendements plus élevés et une capacité de payer des prix plus élevés. Les piles sont recyclées, mais pas ici.

L'étude a constaté une surcapacité dans l’industrie du recyclage sur pratiquement tous les marchés - y compris la Chine, où il existe plus d’une trentaine d’entreprises - principalement en raison du manque de filière pour collecter efficacement les batteries. De plus, de nombreuses batteries échappent aux statistiques en raison de la longue durée de vie du produit ou de leur réutilisation dans de nouvelles applications.

Il existe plus de 50 sociétés dans le monde qui recyclent des batteries lithium-ion. Elles s’étagent de petits centres de laboratoire aux usines à grande échelle. La plupart se trouvent en Chine, mais aussi également en Corée du Sud. On en trouve encore dans l’Union Européenne, au Japon, au Canada, aux États-Unis. La Chine et la Corée du Sud sont devenues des destinations privilégiées pour les déchets de batteries, car les entreprises paient des prix beaucoup plus élevés que les entreprises européennes ou américaines.

« Il existe aujourd'hui plusieurs recycleurs dotés de processus efficaces de recyclage des batteries dans de nouveaux matériaux ». Le plus offrant obtient les batteries. On peut payer davantage si on réutilise les batteries plutôt que de les recycler ».

Le recyclage des batteries lithium ion réduirait la dépendance des fabricants de batteries à l'égard des chaînes d'approvisionnement en matières premières traditionnelles, souvent exposées à des flambées de prix.

Deux méthodes de recyclage existent : a°) le procédé de fusion utilisé par le belge Umicore et le franco-suisse Glencore. Cette méthode récupère facilement plus de 90 % du cobalt, du nickel et du cuivre des batteries. Cette méthode est moins adaptée au recyclage du lithium.

b°) Les procédés hydro-métallurgiques sont la méthode de recyclage préférée en Asie. Le cuivre et l'aluminium sont séparés. Les taux de récupération des autres matériaux seraient très élevés, atteignant 98 %. Le taux de récupération, cependant, n'est pas la même chose que la pureté. Dans le cas du nickel et du cobalt, la pureté est généralement très élevée car les matériaux sont récupérés sous forme de sulfates. Pour le lithium, l'exigence de pureté est élevée

« La plupart des recycleurs chinois et sud-coréens ont la capacité de récupérer le lithium par le biais de procédés hydro-métallurgiques », la pyrolyse étant une étape préalable. « Plusieurs acteurs ne se concentrent que sur le lithium, notamment du fait du nombre croissant de batteries LFP [lithium fer phosphate] à traiter. » 

300 études ont été publiées concernant la séparation de matériaux dans les piles usagées. Plus de 75 % des études ont porté sur des processus hydro-métallurgiques. 70 % ont été réalisées par des scientifiques chinois ou sud-coréens. La plupart de ces études se concentrent sur le traitement des batteries LCO [lithium cobalt] et NCM [nickel, cobalt, manganèse] et uniquement sur les batteries LFP, LMO [oxyde de manganèse lithium ionique] et NCA [oxyde de lithium nickel cobalt]. Les résultats ont montré que tous les matériaux actifs, y compris le lithium, pouvaient être recyclés avec un rendement élevé.

 https://www.pv-magazine.com/2019/07/12/lithium-ion-recycling-rates-far-higher-than-some-statistics-suggest/

PV Magazine du 12 juillet

NDLR     Le colportage d’un faible pourcentage de recyclage du lithium manifeste un manque de connaissance et un manque de curiosité. Il est bon d’apprendre que le lithium se recycle avec un taux élevé d’obtention. La quantité obtenue permet d’atténuer la collecte dans la nature.

L’article met l’accent sur les filières de recyclage opérationnelles en Chine et en Corée du Sud. Qu’attend l’Europe pour créer des filières aussi efficaces ? Les deux firmes citées utilisent des méthodes de fusion qui ne sont pas adaptées à la récupération de lithium. Ceci indique que ce produit n’est pas encore considéré comme stratégique et fondamental pour l’avenir. Qu’attend-on pour en prendre conscience ?


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Des panneaux solaires qui fournissent de l'énergie et de l'eau

En Arabie Saoudite, des chercheurs ont présenté des panneaux solaires qui produisent de l’électricité et de l’eau potable à partir d’eau de mer ou de sources contaminées. La chaleur produite par le soleil est utilisée pour purifier de l'eau.

Près de la moitié de l’eau utilisée en Europe occidentale et aux États-Unis est utilisée pour la production d’énergie. Au contraire, dans les régions arides (le monde arabe), pas moins de 15 % de l'électricité est nécessaire à la production d'eau potable. En combinant les deux utilisations : une centrale de production d'électricité qui est un consommateur d'eau, peut à la fois produire de l'électricité et de l'eau buvable »

https://www.pv-magazine.com/2019/07/10/clean-water-and-electricity-from-one-system/

PV Magazine du 10 juillet


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Un appareil minuscule pour convertir la chaleur en énergie

Les ingénieurs de l'Université de l'Utah ont développé un appareil minuscule qui, selon eux, pourrait augmenter les performances des panneaux photovoltaïques et autres appareils électroniques, en convertissant la chaleur en énergie.

Différentes pistes existent pour traiter cette chaleur perdue, la plupart d’entre elles en sont encore au stade de la recherche. L’une d’elles est la génération thermoélectrique, qui peut produire de l'électricité à partir de différences de température. Les américains de l'Utah ont construit une puce de 5 x 5 mm comprenant deux tranches de silicium distantes de moins de 100 nanomètres. La puce est maintenue sous vide. L'une des tranches est chauffée, et l'autre refroidie, générant de l'électricité à partir du flux de chaleur. La difficulté est de placer les surfaces de silicium plus près que le millième de l'épaisseur d'un cheveu humain sans les toucher. C’est la clé du fonctionnement de la puce. Ce dispositif pourrait diriger l’électricité générée vers la batterie d’un ordinateur portable ou d’un appareil similaire, augmentant de plus de 50 % sa durée de vie. La puce convertirait la chaleur de la lumière solaire en électricité, et réduirait la température du système, empêchant ainsi sa dégradation.

https://www.pv-magazine.com/2019/07/12/waste-heat-is-not-cool-say-us-scientists/

PV Magazine du 12 juillet
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LES SOCIÉTÉS
    
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Le suisse ABB cède sa branche onduleurs solaires et verse 470 M€ à l'acheteur

Le suisse ABB cède sa branche onduleurs solaires et verse 470 M€ à l'acheteur, l'italien Fimer. Le but de cette opération est de se retirer d'un marché soumis à une pression croissante des prix. C'est que les ventes d'ABB d'onduleurs solaires ont considérablement diminué depuis le rachat de cette activité en 2013. L’objectif est de se reporter sur des activités à meilleure marge bénéficiaire que celui des onduleurs solaires.

Cette forte pression sur les prix incite un certain nombre d'industriels à abandonner le secteur : en janvier 2019, Kaco New Energy a vendu sa filiale coréenne d’onduleurs centraux à OCI Power, puis a vendu en février son activité d'onduleurs photovoltaïques à Siemens

En mars 2019, Schneider Electric a confirmé la fin de son activité d'onduleurs pour les centrales pour se repositionner vers les segments résidentiel, commercial et industriel, et vers sa plate-forme Internet des objets, EcoStruxure.

Le chinois Huawei et Sungrow occupent 22 % et 15 % du marché ; SMA est à 8 % du marché ; ABB détenait 5 %. C'est le résultat d'une compétitivité par les prix

GreenTech Media du 9 juillet

NDLR    On faut lire dans ce retrait davantage qu’un simple désengagement. Il s’agit d’un tournant dans la recomposition de l’industrie des onduleurs à l’échelle mondiale. Au profit de la Chine. Conservant son marché intérieur à l’abri de la concurrence étrangère, les sociétés chinoises peuvent facilement instaurer des prix bas à l'étranger tant à cause de leur coût de production que par une volonté systématique de conquête des marchés. Quelle est la part des deux facteurs dans cette situation, il est difficile de le déterminer. Ce qui est certain, c’est que si ABB paie l’acheteur pour se débarrasser de son activité onduleurs, c’est qu’il est en forte perte. Pourtant ABB a des usines de production en Inde qui devraient permettre de proposer des prix bas. Alors, est-ce la gestion lourde et coûteuse d’un grand groupe ? Est-ce la politique de dumping des chinois ?


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L'espagnol Ingeteam est très (trop ?) diversifié

L'espagnol Ingeteam a réalisé un chiffre d'affaires 2018 de 637 M€ ; il est en hausse de 47 % sur 2016. Il est obtenu à 82 % hors d'Espagne, dans 22 pays.

Connu dans le monde photovoltaïque par ses onduleurs, cette société a des activités variées dans la génération électrique : les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, hydroélectrique), centrales de production avec moteurs à gaz et diesel, infrastructures de chargement de véhicules électriques, chemins de fer, marine, fabrication d’acier, industrie, mines et pompage.

A fin 2018, la société a fourni des services d'opération et de maintenance aux centrales solaires pour 6,1 GW dans le monde

Elle a investi 84 M€ en recherche et développement (sans indiquer si c'est sur 2018 seulement, ce qui ferait un taux de 13,2 % du CA, ou sur le plan 2016-2018, soit 3,3 % du CA)

Pour la période 2019-2021, une croissance de 15 % du chiffre d’affaires, à 730 M€, est attendu.

Tecsol du 8 juillet

NDLR     Si la société mentionne une croissance de son activité de 47 % sur trois ans, c’est que la progression de l’année 2018 est modeste ou faible. Ceci est dû à la variété des activités qui peuvent présenter des complémentarités industrielles mais qui rendent les divisions insuffisamment importantes pour être très rentables. Elles n’ont pas assez de poids sur leur marché.

Le taux de recherche et développement indiqué ici est insuffisamment précis : s’il ne concerne que l’année 2018, il est considérable et on peut s’attendre à une forte expansion de la société à horizon de trois à cinq ans. Si le montant de R&D s’étale sur trois ans (ce qui est le plus probable), il est bien faible. Il est tout juste suffisant pour maintenir le groupe concurrentiel. Ceci expliquerait alors le rythme de croissance de 15 % sur trois ans sur la période 2019-2021, soit 4 % par an en actuariel. Si on considère que l’activité onduleurs progresse de 20 % à 30 % par an, et que l’activité d’opération et de maintenance pourrait avoir le même rythme d’augmentation, il ne reste plus beaucoup de croissance pour le reste du groupe. Les autres activités seraient alors presque stagnantes !
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DIVERS
      
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Recul de 14 % des investissements mondiaux au début 2019

Les investissements internationaux dans les énergies renouvelables ont ralenti au premier semestre, selon Bloomberg NEF. Ce développement a été causé en grande partie par le recul des dépenses dans le plus grand marché mondial des énergies renouvelables : en Chine, ils ont reculé de 39 % à 29 milliards de dollars. Ceci a eu pour effet de réduire les chiffres mondiaux de 14 % à 118 milliards de dollars. Les Etats-Unis et l'Europe ont enregistré un recul de 6 % à 22 Mds $ et de 4 % à 23 Mds $

Les investissements français dans les EnR ont diminué de 75 % au 1er semestre et se sont situés à 567 millions de dollars

Ce recul mondial se manifeste malgré quelques gros contrats (Al Maktoum IV Solar de 4,2 milliards de dollars ; deux centrales éoliennes en mer à Taïwan pour 5,7 Mds $)

PV Magazine du 11 juillet

NDLR   Les installations photovoltaïques ont été peu nombreuses au cours du premier semestre. La situation devrait changer au cours de la seconde partie de l’année.

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Le volume des investissements européens varie selon les pays. En hausse : l'Espagne a été la vedette avec 3,7 milliards de dollars, en progression de 235 % par rapport à la même période de l'année précédente ; le Royaume-Uni en hausse de 35 % à 2,5 milliards de dollars ; la Suède en grimpant de 212 % à 2,5 milliards de dollars ; l'Ukraine avec + 60 % à 1,7 milliard de dollars. A l’inverse, les investissements ont diminué aux Pays-Bas avec une baisse de 2,2 %, en Allemagne avec un recul de 42 %, à 2,1 milliards de dollars, en France avec 75 % de moins, à 567 millions de dollars.

Au 1er semestre, le financement mondial de grands projets (parcs éoliens et les parcs solaires) a reculé de 24 % à 85,6 milliards de dollars, en grande partie à cause de la Chine. Le financement des petits systèmes solaires (moins de 1 MW) a augmenté de 32 % pour atteindre 23,7 milliards de dollars.

Bloomberg NEF du 10 juillet


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Le financement du solaire au 1er semestre

Au cours du premier semestre 2019, le financement des entreprises du secteur solaire a augmenté de 11 % à 6 milliards de dollars. L'activité financière a augmenté car les marchés mondiaux sont optimistes. Aux Etats-Unis, la demande est soutenue avant la fin du crédit d'impôt fédéral. La demande en Europe a repris après la fin du prix minimum. En Inde, l'activité devrait reprendre après les élections. La Chine reste l'inconnue.

Le financement du capital-risque atteint 799 M$ au 1er semestre (+ 50 % sur 2018)

Le financement public sur le marché solaire au premier semestre 2019 s'établit à 993 M$ (- 20 % sur 2018)

Le financement par emprunt atteint 4.200 M$ au 1er semestre (+ 16 % sur 2018).

Au premier semestre, le financement annoncé de projets à grande échelle prévoyait 9 milliards de dollars de financement pour 76 projets (contre 8 Mds $ en 2018).

Mercom Capital du 8 juillet
    

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