L R AS Publié le samedi 13 juillet 2019 - n° 285 - Catégories : matériaux pour batterie

Le taux de recyclage du lithium est bien supérieur à celui de certaines statistiques

Alors qu'un taux de 5 % de recyclage des ions lithium (provenant d'une étude des Amis de la Terre de 2010) est couramment annoncé, ce serait 97.000 tonnes de lithium-ion qui ont été recyclées en 2018

(67.000 tonnes en Chine et 18.000 en Corée du Sud), selon le groupe de recherche et de conseil londonien Circular Energy Storage qui a rassemblé des informations auprès d’une cinquantaine d’entreprises de recyclage de lithium-ion. « Ceci représente environ 50 % de ce qui était en fin de vie. »

« Cependant, beaucoup de ces batteries ont plus de trois ans, ce qui est la base de référence utilisée par l'Union Européenne pour calculer le taux de collecte. Cela signifie que le lithium que beaucoup croient perdu dans une décharge ou dans une exportation illégale, ferait plutôt parti d'utilisations plus longues que prévu, puis exportés légalement, en tant que composants de ces dispositifs ou en tant que batteries pour recycleurs en Asie avec des rendements plus élevés et une capacité de payer des prix plus élevés. Les piles sont recyclées, mais pas en Europe.

L'étude a constaté une surcapacité dans l’industrie du recyclage sur pratiquement tous les marchés - y compris la Chine, où il existe plus d’une trentaine d’entreprises - principalement en raison du manque de filière pour collecter efficacement les batteries. De plus, de nombreuses batteries échappent aux statistiques en raison de la longue durée de vie du produit ou de leur réutilisation dans de nouvelles applications.

Il existe plus de 50 sociétés dans le monde qui recyclent des batteries lithium-ion. Elles s’étagent de petits centres de laboratoire aux usines à grande échelle. La plupart se trouvent en Chine, mais aussi également en Corée du Sud. On en trouve quelques unes dans l’Union Européenne, au Japon, au Canada, aux États-Unis. La Chine et la Corée du Sud sont devenues des destinations privilégiées pour les déchets de batteries, car les entreprises paient des prix beaucoup plus élevés que les entreprises européennes ou américaines.

« Il existe aujourd'hui plusieurs recycleurs dotés de processus efficaces de recyclage des batteries dans de nouveaux matériaux ». Le plus offrant obtient les batteries. On peut payer davantage si on réutilise les batteries plutôt que de les recycler ».

Le recyclage des batteries lithium ion réduirait la dépendance des fabricants de batteries à l'égard des chaînes d'approvisionnement en matières premières traditionnelles, souvent exposées à des flambées de prix.

Deux méthodes de recyclage existent : a°) le procédé de fusion utilisé par le belge Umicore et le franco-suisse Glencore. Cette méthode récupère facilement plus de 90 % du cobalt, du nickel et du cuivre des batteries. Cette méthode est moins adaptée au recyclage du lithium.

b°) Les procédés hydro-métallurgiques sont la méthode de recyclage préférée en Asie. Le cuivre et l'aluminium sont séparés. Les taux de récupération des autres matériaux seraient très élevés, atteignant 98 %. Le taux de récupération, cependant, n'est pas la même chose que la pureté. Dans le cas du nickel et du cobalt, la pureté est généralement très élevée car les matériaux sont récupérés sous forme de sulfates. Pour le lithium, l'exigence de pureté est élevée

« La plupart des recycleurs chinois et sud-coréens ont la capacité de récupérer le lithium par le biais de procédés hydro-métallurgiques », la pyrolyse étant une étape préalable. « Plusieurs acteurs ne se concentrent que sur le lithium, notamment du fait du nombre croissant de batteries LFP [lithium fer phosphate] à traiter. » 

300 études ont été publiées concernant la séparation de matériaux dans les piles usagées. Plus de 75 % des études ont porté sur des processus hydro-métallurgiques. 70 % ont été réalisées par des scientifiques chinois ou sud-coréens. La plupart de ces études se concentrent sur le traitement des batteries LCO [lithium cobalt] et NCM [nickel, cobalt, manganèse] et uniquement sur les batteries LFP, LMO [oxyde de manganèse lithium ionique] et NCA [oxyde de lithium nickel cobalt]. Les résultats ont montré que tous les matériaux actifs, y compris le lithium, pouvaient être recyclés avec un rendement élevé.

 https://www.pv-magazine.com/2019/07/12/lithium-ion-recycling-rates-far-higher-than-some-statistics-suggest/

PV Magazine du 12 juillet

NDLR     Le colportage d’un faible pourcentage de recyclage du lithium manifeste un manque de connaissance et un manque de curiosité. Il est bon d’apprendre que le lithium se recycle avec un taux élevé d’obtention. La quantité obtenue permet d’atténuer la collecte dans la nature.

L’article met l’accent sur les filières de recyclage opérationnelles en Chine et en Corée du Sud. Qu’attend l’Europe pour créer des filières aussi efficaces ? Les deux firmes citées utilisent des méthodes de fusion qui ne sont pas adaptées à la récupération de lithium. Ceci indique que ce produit n’est pas encore considéré comme stratégique et fondamental pour l’avenir. Qu’attend-on pour en prendre conscience ?

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