L R AS Publié le jeudi 04 juillet 2019 - n° 284 - Catégories : France, autres France

Les coûts des aides françaises aux énergies renouvelables entre 2000 et 2018

Créé en 2015, le Comité de gestion des charges de service public de l’électricité (CGCSPE) a pour objectif d’analyser et d’évaluer les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables électriques et à la cogénération au gaz naturel en métropole continentale. Il a étudié le coût des aides aux énergies renouvelables depuis 2000.

En retenant l'hypothèse d'un prix moyen de l'électricité sur les marchés en 2028, de 0,056 € le kWh ou de 0,042 € le kWh, l'étude conclut

que le total des engagements de l'Etat pris entre 2000 et 2018 atteint 138 à 149 milliards d'euros.

Le photovoltaïque traine les aides antérieures au moratoire. A l'époque, le coût unitaire de soutien s’élevait à 0,505 €/MWh en moyenne. Ces subventions ont permis de lancer le PV en France, mais elles contribuent pour environ 40 milliards à cette facture. Les aides qui ont suivi le moratoire, atteignent 17 à 19 Mds €.

Le photovoltaïque et l'éolien contribuent pour 77 % au montant de la facture. C'est à dire que l'éolien terrestre coûte entre 30 et 34 Mds € et l'éolienne en mer 21 à 23 Mds €

Sur les 138 à 149 Mds € engagés, il resterait à payer 103 à 114 Mds €. L'annuité va diminuer fortement après 2029, suite à la fin des contrats PV pré-moratoires qui mobilisent 2 Mds € par an au cours des dix prochaines années.

La coprésidente du CLER, aussi présidente du CGCSPE, fait remarquer que « d’une part, le coût du soutien public dépend principalement du prix du marché de l’électricité, et d’autre part, l’efficacité ne se mesure pas qu’avec le seul critère du coût, mais aussi en regardant les impacts et les bénéfices induits pour les territoires. »

Le CGCSPE veut prolonger ses travaux en étudiant les charges de service public de l’électricité de la nouvelle PPE pour la métropole continentale.

La présidente fait remarquer que la PPE actuellement proposée par le gouvernement, fait courir le risque de dérégler le marché de l’électricité en organisant une surproduction (et donc une forte baisse du prix de l’électricité) faute de fermer les réacteurs nucléaires en cohérence avec la baisse attendue et nécessaire des consommations et l’essor des renouvelables.  Dès lors, soit on laisse le système péricliter (risques de faillites des producteurs, arrêt des investissements pour préparer l’avenir…), soit on augmente le soutien public et c’est l’ensemble du système électrique, et pas uniquement les EnR, qui coûtera plus cher aux Français. »

PV Magazine du 3 juillet

NDLR     Ces analyses rétrospectives ont le mérite de donner des ordres de grandeur à des opérations. Il était difficile d’imaginer que l’aide au photovoltaïque pré-moratoire aurait coûté aussi cher… A travers ces chiffres, l’éolien a contribué approximativement le même montant que le solaire à cette dépense : 77 % de138 à 149 Mds €, indique que ces deux EnR, ont créé une facture de 106 à 115 Mds €. Or l’éolien terrestre et maritime ont créé une facture de 51 à 67 Mds €, contre pour le photovoltaïque 57 à 59 Mds €. Pour mieux percevoir l’intérêt de ces deux EnR, il aurait fallu rapprocher ces montants des volumes installés sur la période

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