L R AS Publié le mardi 11 juin 2019 - n° 280 - Catégories : le Fil de la Semaine

le Fil de la Semaine n°280 du 11 juin

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE

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S'il n'y avait que cinq textes à lire cette semaine :

FRANCE   

    *   Voltalia se fixe des objectifs pour 2023    **

LE MONDE   

    *   La politique chinoise vis à vis du photovoltaïque en six points :   **

    *   Faible activité des fabricants chinois au 1er trimestre   **

PRODUITS    

    *   Tendance à augmenter la taille des plaquettes    **

    *   Examen de la fiabilité des panneaux par PVEL   **

 

Autres articles intéressants :

FRANCE

    *   Cap Vert Energie se crée un fonds de commerce   *

    *   Total Eren va pouvoir construire une centrale de 256 MW en Australie

    *   Technique Solaire va pouvoir construire 32 MW en Inde
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LA FILIÈRE
 
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Nouvelles annoncées lors du salon SNEC   **
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LE MONDE
  
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La politique chinoise vis à vis du photovoltaïque en six points :   **

    *   Faible activité des fabricants chinois au 1er trimestre    **

    *   Doublement des installations de stockage au 1er trimestre aux Etats-Unis   **

    *   Préférences nationales en Inde et rétorsions américaines    **
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LES PRODUITS
      
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LONGi lance des cellules superposées     **   
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DIVERS
      
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Les entreprises sont les moteurs de la transition énergétique    **

    *   On aurait trouvé pourquoi il y a dégradation induite par la lumière (LID)    *

    *   Protéger l'Europe par l'empreinte carbone n'est pas une bonne idée    *

     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES


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FRANCE
 
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Voltalia se fixe des objectifs pour 2023

Voltalia a présenté son programme de développement à horizon 2023, en faisant un rappel sur les objectifs 2020

  2018 2020 2023
       
capacité installée MW 911 1.000  
capacité installée + construction 911 1.600 2.600
ebitda en M€ 76 160/180 275/300
solaire dans le groupe 14% 19% 30%

 

Pour cela, Voltalia s'appuie sur un marché en forte croissance, sur les grands besoins en énergie et sur la compétitivité des énergies renouvelables. Il vend son énergie dans le cadre de contrats à long terme indexés sur l’inflation qui ont une échéance moyenne résiduelle de 17 ans. Ceci permet un taux de rentabilité interne supérieur à 10 % dans les pays développés et de 15 % dans les pays émergents.

Le projet d'acquisition d'Helexia, détenu par la famille Mulliez via Creadev aussi actionnaire de Voltalia, apportera une compétence d'installation de grandes toitures solaires pour les entreprises. Ceci créera un nouveau pôle de développement

Pour parvenir à cet objectif 2023, la société fera appel à ses actionnaires ou à des prêteurs.

La société

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Cap Vert Energie se crée un fonds de commerce

Les offres de co-construction de Cap Vert Energie dédiées aux collectivités et territoires rencontrent le succès, car elles répondent à leurs besoins d’impulser une démarche de transition énergétique sur leur territoire. Cap Vert Energie les accompagne de façon pragmatique et opérationnelle dans leurs projets de production d’énergies renouvelables locales.

Il s'agit d'une association entre les collectivités locales qui connaissent les besoins de leur territoire, et la compétence technique de Cap Vert Energie qui veut devenir un acteur de référence des territoires pour la production d’énergies renouvelables décentralisées consommées localement dans une logique de circuit court.

Déjà, huit collectivités ou EPL ont fait confiance à CVE et dix autres s‘apprêtent à le faire.

Tecsol du 6 juin

NDLR   La stratégie de Cap Vert Energie est intéressante car elle établit des collaborations avec les collectivités. Celles-ci ont des chantiers de petite ou moyenne taille qui correspondent aux savoirs faires de l’entreprise. Lorsqu’un chantier se sera bien déroulé, les responsables locaux feront à nouveau appel à cette entreprise. Un fonds de commerce se crée, ce qui n’est pas le cas avec la construction de centrales où lorsque le chantier est achevé, il faut trouver un autre client.


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Total Eren va pouvoir construire une centrale de 256 MW en Australie

Total Eren obtient le financement de la centrale solaire de 256 MW de Kiamal en Australie (Etat de Victoria). L'électricité sera vendue dans le cadre de quatre contrats de vente et sous forme de certificats d'énergie renouvelable. La centrale devrait être mise en service courant 2019

PV Magazine du 5 juin


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Technique Solaire va pouvoir construire 32 MW en Inde

Technique Solaire a obtenu un financement pour la construction de deux centrales totalisant 32,5 MW en Inde. Ces deux centrales bénéficient d'un contrat de vente d'électricité avec deux sociétés indiennes de distribution.

La société aurait déjà installé 75 MW solaires et aurait 250 MW en cours de développement en France et à l’étranger.  

PV Magazine du 6 juin

NDLR    Ces deux centrales représentent près de la moitié des installations de la société. Ce n’est pas rien. De plus, toute activité à l’étranger renforce la présence en France.
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LA FILIÈRE
 
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Nouvelles annoncées lors du salon SNEC

- Au Salon SNEC de Shanghai, plusieurs collaborations ont été annoncées comme celle de Tongwei avec LONGi pour fournir à ce dernier du polysilicium de haute qualité. De même, Zhonghuan Semiconductor a conclu un accord avec GCL Poly pour accroitre la capacité de production de plaquettes monosilicium de 25 GW au cours des trois prochaines années.

- Des rumeurs font état de soutiens financiers par des entités appartenant à l'Etat à d'importants fabricants de systèmes photovoltaïques, ainsi que de la réduction d'activité afin de mieux faire face à l'évolution des conditions du marché

- L'innovation accentue sa pression sur les fabricants de panneaux et semble plus intense que lors des éditions précédentes.  Des panneaux présentés ont une puissance supérieure 300 W et même à 400 W. La technologie PERC est toujours privilégiée. Les panneaux sont selon les cas à bardeaux, à cellules demie coupée, recouvert de verre, de verre avec des feuilles de fond transparentes.

- Les technologies hétérojonction et TOPCon ont également été mises en évidence. Même des cellules pérovskites ont fait leur apparition. Pourtant, certains intervenants lors de tables rondes ont incité à être attentif à la stabilité requise de la pérovskite et à l'utilisation de plomb pour atteindre un rendement élevé, alors que de plus en plus de pays exigent des produits sans plomb.

Des panneaux utilisant la technologie MWT (Metal Wrap Through) ont constitué un autre groupe de panneaux à haute performance.

- Si les fabricants de premier plan ont fait preuve d'innovation, les entreprises à faible marge et à trésorerie réduite devraient avoir des difficultés pour faire face à la concurrence. Certains grands fabricants veulent passer à des cellules de 166 mm de côté (contre 156,75 mm précédemment) pour obtenir davantage de surface d'insolation. LONGi a annoncé qu’il allait convertir 30 % de sa capacité de production à des cellules de cette dimension. Ceci obligera le reste de la profession à passer à de telles cellules. Les fabricants devront changer leur équipement, depuis les producteurs de silicium jusqu’au producteur de panneaux. Bon nombre de fabricants n’auront pas les moyens financiers de changer leur appareillage.

- LONGi estime que le marché chinois va se stabiliser entre 40 et 50 GW au cours des prochaines années. Pour 2019, il anticipe un volume d'installations en Chine de 35 à 40 GW, dont 25 GW au cours du second semestre 2019. Un premier lot de projets à parité réseau, d'un volume de 15 GW sera installé d'ici la fin 2020. Certains observateurs estiment que ce chiffre est optimiste et attendent des indications du gouvernement. Ceci incite les fabricants à chercher des débouchés à l’étranger.

PV Magazine du 7 juin

NDLR   Le changement de taille des cellules est dans la ligne de l’évolution de la filière : de petits pas pour augmenter le rendement des cellules et donc des panneaux. Seulement la modification de la taille oblige à revoir toute l’installation industrielle, ce qui a un coût. S’il n’est pas certain que ce changement de taille ait été uniquement décidé pour éliminer une partie des concurrents, cela y participera, et contribuera à concentrer un peu plus le secteur
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LE MONDE
  
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La politique chinoise vis à vis du photovoltaïque en six points :

La politique chinoise en six points :

  1. Tous les projets solaires photovoltaïques en Chine seront triés et gérés en deux catégories : subventionnés et non subventionnés (projets de parité réseau). Aucun financement public ne sera disponible pour les projets de parité réseau, mais les quotas ne seront soumis à aucune limitation. Ils doivent être gérés par les gouvernements provinciaux, avec une gestion administrative et un réseau local avec contrôle de connexion.
  2. Tous les projets photovoltaïques subventionnés sont classés en cinq catégories : (a) toit résidentiel, (b) installations photovoltaïques à grande échelle, (c) projets photovoltaïques de réduction de la pauvreté, (d) systèmes photovoltaïques distribués, et (e) projets spéciaux, y compris Top Runner et les projets soutenant le réseau.
  3. Une subvention annuelle totale de 30 milliards RMB (445 millions USD) a été confirmée par le Ministère des Finances de la Chine en 2019. Ce budget couvrira les installations des catégories a, b, d et e. Les projets photovoltaïques de réduction de la pauvreté (c) ont reçu la plus haute priorité, sans quotas de limitation des subventions, et seront soutenus par un financement supplémentaire.
  4. Pour les quatre catégories, les paiements et les budgets sont les suivants : a) résidentiel : 0,18 RMB / kWh avec un budget alloué de 750 millions RMB, soit environ 111 millions USD ou environ 3,5 GW, selon un calcul de la China Photovoltaic Industry Association (CPIA). Ce montant budgété doit être prélevé sur un total de 30 milliards RMB. (b) Installations photovoltaïques à grande échelle : trois régions sont définies avec respectivement 0,40 RMB, 0,45 RMB et 0,55 RMB pour les régions 1, 2 et 3, soit une diminution par rapport à 0,50 RMB, 0,60 RMB et 0,70 RMB en 2018 (NDLR il s’agit probablement d’unprix par mégawatt). (d) Projets PV distribués : administrés via un système de vente aux enchères, avec des prix plafonds de 0,10 RMB / kWh.
  5. Tous les projets (b) d'installations photovoltaïques utilitaires et (d) de projets photovoltaïques distribués et (e) de projets spéciaux participeront à des enchères pour obtenir la subvention d'un pool de fonds unique au niveau du pays. Les projets enchérisseurs soumettront à la National Energy Administration (NEA) un prix / kWh et entreront ainsi dans un système de classement de tous les projets photovoltaïques chinois. Les projets gagnants seront ceux ayant le prix le plus bas. Les prix plus élevés seront exclus. Les règlements pour le processus d'appel d'offres sont en cours de rédaction et seront publiés par l'ANE prochainement. Lorsque le pool de financement est épuisé, les projets avec des offres plus élevées ne recevront aucune subvention.
  6. La politique entrera en vigueur le 1er juillet 2019. Les projets de type utilitaire achevés entre juillet 2018 et juin 2019 peuvent recevoir des paiements de subvention en 2018.

PV Magazine du 8 juin


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   Faible activité des fabricants chinois au 1er trimestre

Les incertitudes sur la politique de subvention de la Chine au 1er trimestre a incité la plupart des acteurs chinois à attendre une clarification et à interrompre les installations. Dès lors, la demande chinoise s'est effondrée après la réalisation du programme les Meilleurs autour du Nouvel An lunaire.

Cette faible activité a été compensée par la haute saison traditionnelle en Inde et au Japon. Les marchés étrangers (les États-Unis, le Vietnam, l’Espagne, l’Australie, le Mexique, le Brésil et l’Ukraine, …) ont enregistré une forte demande. Ceci a porté les exportations chinoises à un record : 16 GW au 1er trimestre. Au début du second trimestre, la demande au Japon et en Inde n’a pas faibli. La forte demande s'est portée sur les panneaux mono-PERC

La raison du choix des acheteurs est simple : un panneau multisilicium a une puissance de 275 W. Les panneaux mono-PERC peuvent atteindre 310 W. Si ces derniers utilisent des demies cellules, la puissance de sortie atteint 315-320 W. Ainsi, un écart de 40 W existe entre les deux types de panneaux pour un écart de prix de 0,05 $ / W : le choix est vite fait au profit du mono-PERC. Les différents fabricants ont donc converti leurs lignes de production. En 2019, la capacité mondiale du mono-PERC va doubler, atteignant 100 GW.

Or, la priorité chinoise pour les projets à parité réseau et l'absence de programme les Meilleurs inciteront les installateurs à revenir au multicristallin (pour des raisons de coût).

Le gouvernement chinois vient de confirmer une série de projets sans subvention. Dès lors, la demande va reprendre en juin-juillet, avec une haute saison entre le troisième trimestre 2019 et le premier trimestre 2020.

Dans la filière, les prix ont diminué de février à avril. Depuis l'annonce du gouvernement chinois, les prix se sont stabilisés. La pénurie de cellules multicristallines a entrainé une remontée des prix en mai, restaurant les marges malmenées au cours des premiers mois. La demande pour le monosilicium fournit des marges bénéficiaires confortables en début d'année. Cela persistera au second semestre du fait de la forte demande attendue, mais il n'y aura pas de rebond significatif des prix.

PV Magazine du 5 juin

NDLR     Si on retient le chiffre des exportations de 16 GW, auquel on ajoute les installations de 5,2 GW en Chine au premier trimestre, les producteurs ont donc utilisé leur capacité de production sur une base annuelle de 85 GW, soit la moitié (ou avec la mise en service, moins de la moitié) de la capacité de production de chinoise qui était précisé par l’Administration Nationale de l’Energie à 175 GW fin 2018. Comme certains fabricants ont travaillé davantage que d’autres, l’annonce de difficultés dans la filière n’est pas une invention. Les producteurs ont l’habitude de ces coups d’accordéon dans leur plan de travail. Ils augmenteront leurs rythmes d’activité au second semestre, mais certains d’entre eux ayant privilégié le marché chinois, sont en difficulté.


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Doublement des installations de stockage au 1er trimestre aux Etats-Unis

Le marché du stockage est encore petit, mais de plus en plus d'États américains se lancent dans l'aventure. Le marché américain établit un record de déploiements au premier trimestre. Lors des trois premiers mois de l'année, 149 MW de stockage pour le réseau ont été mis en service (+ 232 % sur le 1er trimestre 2018), selon Wood Mackenzie. Ceci prépare à un doublement des installations en 2019 par rapport à 2018. Les déploiements en 2020 vont tripler par rapport à 2019. Les prévisions ont été rehaussées par rapport à celles du trimestre dernier.

Le chiffre d'affaires du stockage aux Etats-Unis devrait atteindre le milliard de dollars.

Le stockage résidentiel représente près de la moitié des mégawatts déployés au cours du trimestre et plus de la moitié des mégawattheures.

Le stockage commercial et industriel derrière le compteur a établi un record personnel : 45 mégawatts et 108,7 mégawattheures au premier trimestre.

La capacité énergétique globale, mesurée en mégawattheures, a diminué de 23 % par rapport au trimestre précédent, alors même que le nombre de mégawatts déployés augmentait.

Les contraintes d'approvisionnement en batteries ont durement touché l'industrie au second semestre de 2018, en grande partie grâce à une augmentation soudaine de la demande de capacité sur le marché sud-coréen, qui a réduit le volume de cellules disponibles à l'exportation. Cette pénurie a fait reporter certains projets en 2019, contribuant à la forte activité au premier trimestre habituellement peu actif.

La demande des compagnies d'électricité a représenté 60 % des mégawattheures. Le New Jersey a construit deux projets de 20 MW / 20 MWh, afin d'assurer la régulation de la fréquence de PJM. New York a aussi mis en place un système de régulation de la fréquence de 20 mégawatts. La compagnie d'électricité de l'Arizona, Salt River Project, a réalisé un projet de stockage autonome de 10 mégawatts / 40 mégawattheures, lui conférant ainsi la deuxième place en termes de capacité énergétique.

GreenTech Media du 4 juin

NDLR    Cette expansion du stockage montre que les besoins sont encore loin d’être satisfaits tant du côté des compagnies d’électricité que des particuliers qui recourent de plus en plus au stockage. Sio on peut comprendre la volonté des compagnies de réguler le réseau électrique, la demande des particuliers indique un changement profond de comportement, au profit d’une individualisation de leur attitude


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Préférences nationales en Inde et rétorsions américaines

L'exigence indienne d'un contenu local dans certains systèmes de toit, de pompes à eau ou de commandes publiques sert les intérêts de l'industrie locale, notamment photovoltaïque. D. Trump a réagi en privant l'Inde de son privilège d'exportation en franchise de droits aux Etats-Unis. Ceci affectera les exportations indiennes de produits photovoltaïques, mais les programme de contenu local pourrait absorber les ventes perdues à l'étranger.

Ainsi, le 5 juin, D. Trump a annulé le statut spécial de l'Inde et supprimant son exemption de l'application des mesures américaines de sauvegarde. Il justifie cette décision car l'Inde n'assure pas un accès équitable à ses marchés aux Etats-Unis.

Cette décision aura un effet, car en 2018, 47 % des exportations solaires indiennes ont été destinées aux Etats-Unis. Le coût est un critère majeur de choix des acheteurs américains de PV. L'Inde avait un avantage de prix. La taxe de 30 % réduira l'avantage de prix que les fabricants indiens avaient par rapport aux autres fournisseurs étrangers. Il sera difficile d'être compétitif. Les fabricants indiens auront du mal à trouver d'autres marchés car ils seront en concurrence avec les produits chinois. L'Europe en supprimant le prix minimum à l'importation favorise les produits chinois : il faut s'attendre à une forte baisse des exportations indiennes. Tous les fabricants indiens ne partagent pas cette perspective négative : Vikram Solar se concentre sur les systèmes installés sur les toits industriels et commerciaux aux Etats-Unis ou en Europe

 Les fabricants indiens vont vendre sur leur marché intérieur, notamment pour les systèmes sur les toits, les pompes solaires et les produits destinés au secteur public. Ceci est un grand défi

PV Tech du 4 juin

NDLR    L’Inde n’a pas le choix. Si elle veut développer une industrie photovoltaïque, elle doit privilégier ses productions nationales. Cette attitude ne peut pas faire plaisir aux fournisseurs étrangers qui voient des clients disparaitre. Les Etats-Unis sont très sourcilleux à ce sujet car ils ont l’habitude d’imposer leur volonté aux autres pays. D. Trump en fait sa politique.

 La mesure de rétorsion américaine n’aura probablement pas beaucoup d’effet, compte tenu de la taille du marché indien et de la volonté du gouvernement de développer fortement les installations photovoltaïques sur son territoire ce qui constitue un débouché naturel pour la production locale.
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LES PRODUITS
  
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Tendance à augmenter la taille des plaquettes

Alors que la taille habituelle des plaquettes et des cellules est de la taille M2, certains fabricants chinois de plaquettes monosilicium sont passés à la taille M3 qui est à peine supérieure. C'est que plus la surface de la plaquette est grande, plus la production d'énergie est conséquente. Plus il y a d'insolation, plus la production d'énergie sera importante. Il faudra voir si le matériel actuel permet l'emploi de cellules un peu plus grandes. Déjà, la taille M3 est largement adopté sur les chaines de production de cellules monosilicium existantes.

LONGi propose des plaquettes de monosilicium de taille M3 et aussi du M6, la plus grande taille actuelle. L'emploi de M6 exigera un ajustement des équipements de production de cellules

Digitimes du 4 juin


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Examen de la fiabilité des panneaux par PVEL

PV Evolution Labs (PVEL) a publié la 5e édition de son tableau de bord de fiabilité des modules PV en partenariat avec DNV GL. C'est la comparaison la plus complète des résultats des tests de fiabilité des panneaux PV disponibles sur le marché. Par rapport aux années précédentes, certains tests ont été durcis, rendant la mention "performance supérieure" plus difficile à atteindre. Dans certains domaines, plus de 30 % des types de panneaux ont échoué à un ou plusieurs critères de test.

PVEL a observé des taux élevés de dégradation de certains panneaux utilisant la technologie PERC en particulier lors des tests de chaleur humide. PVEL souligne que ses études sont les seules qui permettent de connaitre la qualité des panneaux. Pour les fabricants, ce sont les seules à détecter les risques potentiels de certaines technologies, de certaines conceptions ou de certains matériaux.

Le cycle thermique : les panneaux sont placés dans une chambre où la température est abaissée à - 40° C, arrêtée, puis élevée à+ 85 °C. Le courant électrique maximal est appliqué aux panneaux pendant que la température augmente ou diminue. Ceci est répété 800 fois pour le programme de qualité de produit (PQV) de PVEL (les cycles du CEI 61215 n’effectuent que 200 cycles). La performance du cycle thermique s'était améliorée de 42 % dans le tableau de bord 2019. Les panneaux de neuf fabricants ont été les plus performants : 2 panneaux chez Boviet Solar, quatre chez GCL-SI, deux chez Q CELLS, trois chez JinkoSolar, trois chez LONGi Solar, deux chez REC Group, deux chez Silfab et quatre chez Trina Solar.

La chaleur humide : les panneaux sont placés dans une chambre à 85°C et à une humidité relative de 85 % pendant 2.000 heures (84 jours). Chez IEC, la durée est de 1.000 heures. Les panneaux de cinq fabricants sont les plus performants : quatre panneaux chez Adani, deux chez GCL-SI, un chez JinkoSolar, trois chez LONGi Solar, deux chez Phono Solar et quatre chez Vikram Solar. Le résultat des tests 2019 ont montré une dégradation des résultats par rapport à ceux de 2018 lesquels étaient moins bons que ceux de 2017. En 2019, un nombre significatif de panneaux testés présentant une dégradation supérieure à 4 %, La plupart des panneaux ayant présenté une dégradation anormale auraient été fabriqués avec des cellules PERC (normales ou coupées). Tous les panneaux PERC ne sont pas défaillants, certains les plus performants utilisent cette technologie. Plus généralement, 30 % des panneaux ont échoué sur un ou plusieurs critères d'essai.

La charge mécanique dynamique : les panneaux sont soumis à mille cycles de chargement alterné à 1.000 Pa. Ensuite, le panneau est soumis à 50 cycles thermiques (à - 40° C) pour provoquer des microfissures. Ensuite, on réalise trois séries de dix cycles de congélation de l'humidité (température de 85°C et humidité de 85 % pendant 20 heures suivie d'une diminution rapide jusqu'à - 40°c pour stimuler la corrosion. Le panneau est ensuite inspecté visuellement. PVEL constate une diminution de 37 % des résultats des plus performants, et ajoute que c'est la première fois qu'il pratique 30 fois la congélation alors qu’il ne pratiquait que 10 cycles les années précédentes, ce qui augmente les défaillances par rapport à 2018. Les panneaux de neuf fabricants ont été les plus performants : deux panneaux d'Adani, deux de Boviet Solar, deux de GCL-SI, un de Q CELLS, un de JA Solar, deux de LONGi Solar, un du groupe REC, deux de Silfab et deux de Vikram Solar.

La dégradation potentielle induite (PID) : les panneaux sont placés dans une chambre avec la tension maximale, appliquée à 85° C et à une humidité relative de 85 % pendant deux cycles de 96 heures. Les plus performants ont été trois panneaux d’Adani, deux de Boviet Solar, quatre de GCL-SI, deux de Q CELLS, trois de JinkoSolar, deux de LONGi Solar, deux de Phono Solar, deux de REC Group, deux de Seraphim Solar, deux de Silfab, deux de Wuxi Suntech, deux de Trina Solar, deux de Vikram Solar et deux de ZNShine.

Plusieurs sociétés, telles que Q CELLS, GCL-SI, REC, Suntech et Trina Solar, ont reçu le statut de Top Performer dans les tests PID

GCL-SI semble avoir été le fabricant phare de systèmes photovoltaïques, la seule entreprise à avoir obtenu le statut de « Meilleur exécutant » pour deux panneaux (GCL-P6 / 60Hxxx et GCL-P6 / 72Hxxx /) dans chacun des quatre régimes de test.

Le vietnamien Boviet Solar s'est également distingué en obtenant le statut de « Meilleur Exécutant » pour ses panneaux de la série BVM6612M-xxx-H / et BVM6610M-xxx-H dans trois des quatre régimes de test.

Le tableau de bord de fiabilité des modules PV 2019 est disponible en téléchargement gratuit sur www.pvel.com/pv-scorecard.

PV Tech du 3 juin

NDLR    Ces tests sont très importants afin d’améliorer la qualité des panneaux et pour avoir un repère sur l’attrait de tel ou tel modèle. On imagine que le fabricant est averti des résultats des tests, afin de pouvoir corriger d’éventuels défauts.

Pour des raisons de distribution, le nom des modèles n’est pas fourni, ce qui prive l’acheteur de la connaissance de ce qu’il achète. Mais alors à quoi servent ces tests s’ils ne sont destinés que pour les fabricants et non pour ceux qui les utilisent ?


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LONGi lance des cellules superposées

LONGi Solar entamera au second semestre, la production en série de la technologie d'interconnexion de cellules fixées sans soudure récemment développée. Cette technologie est censée réduire considérablement les pertes de cellules à panneaux. Combiné avec des cellules PERC à haut rendement, les panneaux pourraient atteindre 500 Wc selon les tests effectués par TÜV SÜD, le 30 mai dernier.

Cette technologie utilise un ruban de soudure pour réaliser une interconnexion en mosaïque de la cellule, éliminant ainsi complètement l'architecture typique d’écart de 2 mm de large entre les cellules. Elle est compatible avec les processus et équipements d'encapsulation des panneaux existants. Elle peut pour passer à la production de masse.

Cette technologie serait aussi utilisable avec des cellules de taille M6 de grande surface, son fil de soudure et sa technologie de ruban réfléchissant.

PV Tech du 2 juin

NDLR    Là encore on adapte, on évolue, on grappille quelques dixièmes de taux de conversion, tout en restant à l’intérieur de la même technologie

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DIVERS
      
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Les entreprises sont les moteurs de la transition énergétique

La transition vers une énergie 100 % renouvelable est déjà en cours. Ce sont les entreprises qui l'organisent. Elles se tournent vers les énergies renouvelables du fait de la volatilité des cours des énergies fossiles, et pour réduire leurs risques. En 2019, plus de 170 entreprises se sont engagées à passer à une énergie 100 % renouvelable, dont 37 d’entre elles déjà à 95 % qui sont proches d'atteindre leur cible. Ce sont souvent les entreprises les plus influentes au monde (Ikea, Unilever, Anheuser-Busch, ...) remarque le PDG de Solarcentury

Les entreprises vont vraiment de l’avant avec les accords d’achat d’électricité (PPA) en particulier. Cet approvisionnement en électricité renouvelable est non seulement positif pour la réduction de CO², mais a également un impact significatif sur l'économie mondiale.

Selon l'IRENA, plus de 10 millions de personnes travaillent maintenant dans le secteur mondial des énergies renouvelables. Les engagements des entreprises vis-à-vis des énergies renouvelables augmentent ce nombre et fournissent de nouvelles injections de capital significatives. Selon Bloomberg NEF, les membres de RE100 investissent à eux seuls plus de 94 milliards de dollars.

Bloomberg NEF calcule que les signataires de la RE100 devront acheter 197 TWh d'énergie renouvelable supplémentaire en 2030 pour atteindre leur objectif à 100 % - ce qui devra être atteint avec 100 GW de nouvelles centrales renouvelables. Cette demande générera un investissement d'environ 90 milliards de dollars dans les énergies renouvelables au cours de la prochaine décennie. 

Ces sociétés de premier plan ont une philosophie zéro carbone intégrée à leur culture et communiquent désormais sur leur mutation : Anheuser-Busch, s'est fixé pour objectif de s'approvisionner en électricité à partir de sources renouvelables d'ici 2025 et a même lancé une étiquette d'électricité 100 % renouvelable pour Budweiser.

Le management d'Unilever est convaincu que les pratiques durables sont le seul moyen d'avancer pour les entreprises. En 2017, leurs marques durables ont généré 70 % de sa croissance.

Ikea s'est engagé à produire autant d'énergie renouvelable qu'elle en consomme d'ici 2020. Ikea vend maintenant des systèmes solaires clé en main à ses clients situés aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Pologne et plus récemment en Italie. Ikea voit dans les énergies renouvelables. Elle considère que c'est une opportunité fantastique d'accomplir des progrès rapides. L'entreprise a donc placé le développement durable au premier plan dans sa stratégie à l'horizon 2020.

Ikea est déjà indépendant de l'énergie dans les pays nordiques et produit plus d'énergie qu'il n'en consomme. Il en ira de même aux États-Unis. À l'échelle mondiale, la société a déployé plus de 1,5 milliard d'euros dans des projets de production d'énergie renouvelable. Elle possède et exploite plus de 400 éoliennes et a installé près de 900 000 panneaux solaires dans ses magasins et ses centres de distribution, y compris son magasin britannique Greenwich. Ikea va plus loin en aidant ses clients à utiliser des panneaux solaires dans différents pays européens

Au lieu de discuter, les entreprises montrent la voie. Beaucoup visent notamment cet objectif de 100% d'ici une décennie, ce qui montre qu'une transition rapide est non seulement essentielle, mais possible.

 Les gouvernements doivent donc non seulement accepter ce changement mais l'organiser en supprimant les obstacles au changement dans les entreprises

PV Magazine du 5 juin

NDLR   Le PDG de Solarcentury met l’accent sur un phénomène qui a émergé sans faire de bruit, la conversion des grandes entreprises, au début américaines, aux énergies renouvelables. Elles y trouvent peut-être une certaine notoriété, mais certainement un avantage économique : au lieu d’avoir un prix du carburant fluctuant selon des facteurs politiques, elles obtiennent un prix fixe à long terme, et probablement inférieur au prix du réseau. L’avantage économique de ce prix fixe et inférieur au coût du réseau entraine une augmentation de compétitivité face aux sociétés n’ayant pas franchi le pas. Cet écart ne peut qu’augmenter avec le temps puisque les grands producteurs d’énergie doivent augmenter leurs prix au fur et à mesure que des gros clients utilisent moins leur énergie …


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On aurait trouvé pourquoi il y a dégradation induite par la lumière (LID)

La dégradation induite par la lumière (LID) existe depuis des décennies et s'accentue avec les cellules PERC. La perte de rendement peut atteindre 10 %, au cours du premier mois suivant l’installation.

Des chercheurs de l’Université de Manchester affirment avoir identifié l’origine du processus (LID) dans les cellules solaires au silicium. Il résulte d’un défaut dans la masse du silicium qui sommeille jusqu’à l’exposition au soleil, ce qui crée un obstacle au flux des électrons.

Les chercheurs ont également constaté que le défaut était réversible et que la durée de vie du support du matériau augmentait à nouveau par chauffage dans l’obscurité

https://www.pv-magazine.fr/2019/06/04/des-scientifiques-britanniques-observent-le-lid-en-action/

PV Magazine du 4 juin


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Protéger l'Europe par l'empreinte carbone n'est pas une bonne idée

Les représentants de l'industrie photovoltaïque européenne (ESMC) mettent l'accent sur la protection du climat avec la prise en compte de l'empreinte carbone afin d'égaliser les chances de l'industrie européenne face à l'industrie chinoise. La mise en place de mesure de l’empreinte carbone compenserait les désavantages en termes de coût par rapport aux importations en provenance de pays très émetteurs et favoriserait de nouveaux investissements en Europe.

Cinq éléments devraient selon eux être pris en considération :

  1. Une tarification du carbone ajustée à la frontière et sans incidence sur les revenus
  2. Application plus large du cadre de l’UE pour les achats durables
  3. Prise en compte de l’empreinte carbone dans les programmes de soutien politique et les aides d’État
  4. Application plus large de l’écolabel et de l’écoconception
  5. Meilleur accès du secteur au financement et au soutien à la R & D

Mais, ils le reconnaissent, des politiques volontaristes de l'Europe sont nécessaires pour relancer l'industrie.

Plein Soleil du 10 juin

NDLR   Il ne faut pas se tromper. Mettre l’accent sur l’empreinte carbone fournit un avantage en trompe l’œil. Il permet d’écarter des concurrents lorsqu’il y a un décideur (l’Etat par exemple) qui   tient compte de ce facteur. En revanche, un investisseur qui calcule son prix de revient et sa production se moquera du critère de l’empreinte carbone préférant avoir un taux de retour sur investissement le plus élevé possible.

Ce qu’il faut parvenir à faire est de rendre les entreprises européennes compétitives face aux importations. Ceci passe souvent par une protection tarifaire comme D. Trump l’a bien compris, le temps que les structures des différentes entreprises européennes soient consolidées et qu’elles aient initié des progrès technologiques. Il est surprenant qu’aucun fabricant européen de panneaux ou de produits PV n’ait présenté à Intersolar ou au SNEC d’innovations valables au niveau mondial. Il n’y a eu que les chinois qui ont montré de l’inventivité. Les entreprises européennes sont trop petites pour pouvoir se payer une recherche et développement digne de ce nom. Elles sont donc condamnées à vivoter à l’ombre d’appels d’offres conçus sur mesure.
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 le Fil de la Semaine n°280 du 11 juin

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