L R AS Published on Monday 19 September 2022 - n° 416 - Categories:Europe

Objectif d'EnR remonté à 45 % en 2030

Les députés européens ont voté le 14 septembre en faveur de 45 % d’EnR dans le mix énergétique d’ici 2030. Cet objectif est menacé

par l'absence de production photovoltaïque dans l'UE, même si l’invasion russe et les mesures prises par la Commission incitent à remodeler fondamentalement l'appareil énergétique de l'Europe. Le gaz russe qui contribuait pour moitié à l’approvisionnement en gaz de l’Europe, impose de développer les installations d’énergies renouvelables et d’augmenter l’extraction de combustibles fossiles.

Les députés européens affirment que seules les EnR sont synonymes de véritable indépendance :chaque Etat membre devra développer selon les cas deux ou trois projets transfrontaliers.

Lire aussi : Objectif européen de 45 % d'EnR en 2030, mais personne ne prend d'engagements de résultat

La nouvelle législation définit également des "sous-objectifs" pour différents secteurs tels que les transports, les bâtiments et le chauffage / le refroidissement urbains. Pour le secteur des transports, le déploiement des énergies renouvelables devrait conduire à une réduction de 16 % des émissions de gaz à effet de serre, selon les propositions, tandis que l'industrie devrait augmenter son utilisation des énergies renouvelables de 1,9 % par an, et les réseaux de chauffage urbain de 2,3 %.

https://www.pv-tech.org/renewables-only-means-of-true-independence-says-european-parliament-as-it-ups-deployment-targets/

PV Magazine du 15 septembre 2022

 

NDLR   Qu’il y ait des dispositifs à revoir, cela est certain, notamment l’ajustement du prix du kilowatt sur le coût du dernier kWh produit, donc le plus cher. Cela parait normal. En effet, on oublie que durant de nombreuses années, ce dispositif a permis à nombre de producteurs d’électricité de vendre sur le marché libre leur production avec un certain bénéfice. On parlait déjà il y a deux ou trois ans que les propriétaires de centrales solaires en Espagne avaient déjà avantage à vendre sur le marché et non dans des AAE leur production. Alors, ils avaient intérêt à conclure des contrats très courts (un à trois ans) pour lancer la construction, puis après, de céder leur production sur le marché. Ceci était connu sur la place publique mais on n’avait rien fait. La crise du gaz russe a obligé de réagir.

Curieusement, le plan de la Commission vise à satisfaire les utilisateurs d’électricité mais non à lancer un programme de construction d’usines pour fabriquer des panneaux solaires, et donc ultérieurement produire de l’électricité. Si on en reste à la dépendance à 90 % des bons vouloirs chinois d’approvisionnement, on aura un jour ou l’autre le même réveil brutal qu’avec le gaz russe.

Le programme de la Commission indique qu’il y aura 25 milliards d’euros provenant des surprofits des compagnies d’électricité et de gaz. En même temps, elle annonce 117 milliards d’euros provenant de sur-bénéfices sur le marché libre de vente d’électricité. La disproportion entre les deux chiffres est trop énorme pour être crédible. De plus, on sort ce chiffre de 117 milliards d’un chapeau sans qu’on ne l’explique le moins du monde : qui va être mis à contribution ? quelle sorte d’activité ? de quel pays ? Déjà la profession photovoltaïque et éolienne sait que la majorité des contrats sont à prix fixe. Rystad Energy évalue à 60 % cette proportion. Il ne reste plus que 40 % qui pourrait être affectée par ce prélèvement. Ce ne sont pas les méthaniseurs, et autres petits producteurs d’énergie ?????qui pourraient avoir à s’acquitter d’un tel montant. Il dépasse très certainement leur chiffre d’affaires annuel.

Habilement, la Commission affirme que ces 117 milliards seront redistribués aux consommateurs. Quel gag ! Quel sera le véritable montant recueilli par cette mesure qui parait particulièrement gonflée ? Qu’en restera-t-il après qu’on en ait retiré la rémunération des policiers, douaniers, inspecteurs des comptabilités ? Quelle sera la clef de répartition d’une telle somme entre les différents Etats membres ? Va-t-on favoriser les Etats les plus dépensiers ? Ceux qui ont le plus contribué à cette cagnotte ? L’attribuera-t-on aux Etats dans lesquels, ces sommes ont été collectées ? Il y a trop de doutes pour que ce programme de la Commission soit pris au sérieux. Cela sent la démagogie.

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