L R AS Published on Monday 21 February 2022 - n° 394 - Categories:cies d'électricité

La hausse du prix de l'énergie a eu des répercussions néfastes sur les cies d'électricité

Le prix de l'électricité sur le marché européen est passé de 20 à 30 €/MWh il y a un an, à 50 € en novembre-décembre, puis à plus de 100 € le MWh désormais. Cette hausse des cours provient du ralentissement économique lié au covid, puis de la vive reprise économique qui a suivi,

laquelle a entrainé une forte hausse de la demande. De plus, la mise en service du gazoduc, North Stream 2 qui devait apporter du gaz russe en Europe, est retardée par la crise russo-ukrainienne.

Dans ce contexte, les contrats de fourniture d'électricité sont soumis à ces hausses sans précédent. L'avenir du prix de l'électricité est désormais incertain

Les fournisseurs d'électricité qui couvrent leurs contrats, ont été soumis à des appels de marge (pour couvrir la différence entre le prix conclus et le prix du marché). Cela a coûté des centaines de millions d'euros aux entreprises européennes. « Plusieurs entreprises européennes de distribution d’énergies ont dû contracter des prêts à court terme de plusieurs milliards de dollars pour faire face à cette situation, ce qui a mis à rude épreuve la trésorerie de ces entreprises. » Dès lors les compagnies fournisseuses d'électricité revoient leur modèle commercial pour éviter d'avoir de tels emprunts à effectuer pour couvrir les contrats de fourniture.

Ces contrats étaient conclus en général sur dix ans. Les fluctuations de prix sont intervenues. C'est nouveau : « la façon dont on fixe le prix du contrat d'achat d'électricité, et en particulier la façon dont on le fixe de manière défensive, dépend de ce qu’on attend de la volatilité future »

Les compagnies d’électricité ont été obligées de réagir

Les compagnies d'électricité doivent adopter une nouvelle approche des contrats. Elles ne perçoivent pas comment va évoluer le marché et quels seront les effets sur les marges bénéficiaires. Si la volatilité devait rester élevée pendant de longues périodes, cela serait négatif pour les prix des AAE, avec un plus petit nombre de preneurs (offtakers) actifs dans un projet de développement solaire actifs. Les compagnies d'électricité pourraient même arrêter complètement la prise de risque

Les contrats à dix ans jouent donc un rôle dans le bilan des compagnies d'électricité (puisqu’elles doivent couvrir leurs contrats déjà conclus lors des ventes à terme). Les fournisseurs pourraient se contenter de contrats sur deux à cinq ans, afin de réduire l’ampleur du risque, puisqu’on trouve facilement des contrats de couverture sur trois ans. Ainsi, le preneur peut facilement couvrir son risque sur la majeure partie du temps du contrat.

Des contrats plus courts signifient moins de risques pour les bilans, d'où la possibilité pour les entreprises de fixer des prix de manière plus compétitive

Cependant le recours à des contrats courts pose des problèmes de financement des projets : un contrat sur dix ans permet un effet de levier important pour un projet. Le raccourcir fait porter un risque sur le porteur de projet (car, à l’échéance du contrat court, que se passera-t-il pour le propriétaire du projet ?). A moins que les banques estiment que l'énergie solaire ait prouvé qu'elle était compétitive et que l'idée d'un prix de l'électricité très bas serait jugé improbable.

https://www.pv-tech.org/why-europe-should-start-signing-shorter-ppa-contracts-as-its-consensus-on-pricing-falls-apart/

PV Tech du 17 février 2022

NDLR   L'augmentation des prix a impacté les compagnies d'électricité. Elles ont été surprises et ont subi des pertes dans certains cas. Elles vont réagir. Probablement pas en raccourcissant les durées des contrats, mais en les aménageant. Notamment en partageant le surcoût des prix élevés et les bénéfices des prix bas, ou toute autre formule. Les financiers ont l'habitude de limiter les risques. Ils sauront innover pour maintenir une garantie bancaire de dix ans ou davantage. En effet, ce que les compagnies pourraient gagner du côté des acheteurs d'énergie, elles pourraient le perdre du côté des banques. Si elles limitent le risque en le partageant avec l'acheteur, le problème est atténué !

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