L R AS Publié le lundi 14 décembre 2020 - n° 344 - Catégories : secteur stockage, Europe

La Commission Européenne veut organiser le monde des batteries usagées

La Commission Européenne constate qu’environ 800.000 tonnes de batteries automobiles, 190.000 tonnes de produits industriels et 160.000 tonnes de dispositifs de stockage d'énergie grand public entrent chaque année dans l'Union européenne. Ces chiffres

sont constamment en hausse : la demande de batteries pourrait être multipliée par 14 d'ici 2030. La Commission en tire argument pour réduire l'impact environnemental et social de ces batteries tout au long de leur cycle de vie.

La première étape serait une déclaration sur leur empreinte carbone à partir de juillet 2024. Ensuite, une indication sur les batteries serait obligatoire à partir de janvier 2026. Enfin, des seuils maxima de carbone seraient instaurés à partir de juillet 2027.

À partir de janvier 2027, les batteries de véhicules électriques devraient déclarer leur contenu en cobalt, plomb, lithium et nickel. A partir de 2030, la Commission imposerait des seuils minimums de contenu recyclé de 12 % pour le cobalt, 85 % pour le plomb, 4 % pour le lithium et pour le nickel. Cinq ans plus tard, les seuils passeraient à 20 % pour le cobalt, 10 % pour le lithium et 12 % pour le nickel.

45 % seulement des piles portables, celles utilisées dans les ordinateurs portables et les téléphones mobiles, présentes sur le marché européen sont collectées et correctement recyclées. La Commission propose de porter ce chiffre à 65 % dans cinq ans, et à 70 % dans dix ans. Pour les batteries automobiles, industrielles et stationnaires, les taux de collecte et de recyclage devraient bondir à 100 %.

L'organisme européen de l'industrie des batteries lithium-ion, Recharge, a salué la proposition.

Cette proposition est destinée à améliorer la durabilité des piles à chaque phase de leur cycle de vie. Ces batteries sont pleines de matériaux précieux et nous voulons faire en sorte qu'aucune pile ne se perde dans les déchets. Leur durabilité doit croître parallèlement à leur nombre croissant sur le marché européen.

Le plan prévoit également l'utilisation de "passeports de batterie" pour permettre l'utilisation d'applications de seconde vie à grande échelle. Ces informations rendent les paramètres critiques d'une batterie accessibles aux recycleurs et aux entreprises de seconde vie.

La Commission Européenne a également proposé d'imposer des normes minimales de performance pour la stabilité des cycles à partir de 2026.

https://www.pv-magazine.com/2020/12/10/european-commission-proposes-minimum-sustainability-thresholds-for-batteries/

PV Magazine du 10 décembre

NDLR   Nous sommes partagé entre la satisfaction d’organiser la fin de vie des batteries et l’inquiétude d’une décision autocratique, technocratique et dictatoriale sans étude de la rentabilité de ces recyclages. Si c’est pour que ces recyclages coûtent à la collectivité et pénalisent l’économie européenne avec des coûts de fonctionnement supplémentaires qui pénaliseront la compétitivité des entreprises européennes au profit des sociétés étrangères, nous sommes opposés à cette mesure. Pourquoi encore des mesures contraignantes ?

Si ces batteries ont des « trésors » comme l’indique la Commission, les recycleurs sauront en tirer les métaux de seconde main lorsque le coût des produits de première fusion sera élevé. Si cette activité n’est pas rentable, comme c’est le cas actuellement pour le recyclage des panneaux PV, les sociétés se retourneront vers la Commission pour obtenir des subventions, des aides, et des dédommagements en affirmant que le recyclage n’est pas rentable. Ainsi les membres de l'organisme européen de l'industrie des batteries lithium-ion, Recharge, gagnent à tous les coups. Merci la Commission !

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