L R AS Publié le lundi 30 novembre 2020 - n° 342 - Catégories : le Fil de la Semaine

Le Fil de la Semaine n° 342 du 30 novembre

LES POINTS IMPORTANTS DE L'ACTU DE CETTE SEMAINE

S'il n'y avait que cinq textes à lire cette semaine :

FRANCE     

     *  La ministre présente la RE 2020

    *   RE2020 : regrets et satisfaction d'Enerplan et du SER

    *   Un nouveau club des entreprises du PV : IPVF Unite

 

LA FILIÈRE

     *  L'attractivité des pays en matière d'énergie renouvelable

LES SOCIÉTÉS
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    *  L'italien Enel a de grandes ambitions dans les EnR

Autres articles intéressants :

FRANCE


    * 
Au 3ème trimestre, installation de PV, d'éolien, de consommation en France


    *
Aide suisse aux petits systèmes


    *  L'Inde poursuit sa politique de création d'une industrie photovoltaïque
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LES PRODUITS

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Dispositif semble-t-il prometteur


    * 
Les promoteurs de l'hydrogène demandent désormais plus de volume et des subventions.
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LES SOCIÉTÉS

    * 
Daqo au 3ème trimestre   .   
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DIVERS

    * 
Les VE à 10 % des ventes mondiales de véhicules de tourisme en 2025 ?

     LE DEVELOPPEMENT DE CES TITRES

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FRANCE
 

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La ministre présente la RE 2020

Le 24 novembre, le ministère de l’Écologie a présenté les principales orientations de la RE2020. Cette réglementation environnementale devrait révolutionner le secteur de la construction. Principale touchée, la filière gaz qui est quasiment éliminée des logements neufs, dès 2021 pour les maisons individuelles et à partir de 2024 pour les logements collectifs. La Fédération Française du Gaz en est mécontente, car dit-elle « de gros efforts ont été déployés ces dernières années. »

En revanche, la filière bois ou électricité est plutôt satisfaite des orientations proposées, car la filière bois va être privilégiée au détriment du béton. L'électricité le sera aussi, même si RTE alerte sur la disponibilité future en électricité en hiver.

Une analyse du cycle de vie dynamique évaluera le carbone émis aujourd'hui plutôt que le carbone qui sera émis demain. Les fédérations pointent une approche qui « transfère la responsabilité de la bonne gestion des émissions des produits et matériaux des bâtiments construits aujourd’hui aux prochaines générations, ce qui est éthiquement contestable et opposé aux principes du développement durable ». « Cette méthode de comptage est extrêmement favorable aux matériaux bio-sourcés.

Les fédérations pointent une approche qui « transfère la responsabilité de la bonne gestion des émissions des produits et matériaux des bâtiments construits aujourd’hui aux prochaines générations, ce qui est éthiquement contestable et opposé aux principes du développement durable. » De plus, « cette méthode de comptage est extrêmement favorable aux matériaux biosourcés,

https://www.batiweb.com/actualites/legislation/re2020-retours-contrastes-des-acteurs-de-la-construction-2020-11-25-37095

Batiweb du 25 novembre

NDLR    On est en plein dans le résultat d’examen qui détermine toute une vie. C’est une attitude idiote. Du jour au lendemain parce que le gaz ne plait pas à la ministre, il doit être rayé des nouvelles constructions. Je n’ai pas à prendre parti pour le gaz, ou contre le gaz, mais seulement je dois évoquer l’attitude raisonnable qui aurait imposé une transition, et non un couperet qui réduit violemment les perspectives économiques d’une filière. On peut comprendre que la filière soit mécontente et que les chauffagistes s’interrogent sur leur avenir.

De même, pour les installations photovoltaïques. Il aurait été bon qu’une transition s’instaure pour que les nouveaux bâtiments puissent installer des systèmes PV. Ce n’est pas seulement le coût supplémentaire évalué à 0,4 % du prix d’une construction. Ce n’est pas seulement le principe qui est en cause, c’est le bon sens. Si vraiment les EnR sont l’avenir, il faut permettre leur adoption graduelle et spontanée par les habitants. Là encore, au lieu de permettre une évolution en douceur des habitudes, des goûts et des expériences, la ministre croit bien faire en dirigeant, en imposant et même en retardant l’évolution comme si les Français étaient des imbéciles, comme s’ils n’étaient pas capables de choisir ce qui est bien pour eux, comme si l’Etat était le seul à pouvoir distinguer le bon du mauvais.

Comme les exemples de la gestion du covid sont loin d’être satisfaisants, comme ces décisions ne paraissent même pas arbitraires mais surtout maladroites, une distance s’instaure entre la population et les élites. Ne cherchons pas plus loin l’explication de révoltes qui émergent ici ou là, gilets jaunes, mouvement de protestations contre les normes anti-covid, contre la loi de sécurité globale, refus de reconnaitre la République…


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RE2020 : regrets et satisfaction d'Enerplan et du SER

Enerplan avec le ministère du Logement et celui de la Transition Energétique ont chiffré le surcoût à la construction d’un bâtiment prêt au solaire. Un tel bâtiment doit disposer de suffisamment de place pour accueillir des panneaux solaires, avoir la toiture étanche, des fourreaux pour passer les câbles ou tuyaux nécessaires à une installation photovoltaïque ou thermique, une isolation conforme et avoir réalisé une étude d’ombrage.

Le surcoût s'établit à 0,4 % pour une maison individuelle et à 0,3% pour un petit immeuble collectif.

Enerplan conclut : « La future réglementation environnementale a fait l’impasse sur le bâtiment à énergie positive. En 2020, c’est une question de bon sens : tout bâtiment doit pouvoir produire chaleur ou électricité grâce au soleil. »

l'étude complète : https://www.enerplan.asso.fr/re-2020-etude-du-surcou-t-de-ba-timents-pre-ts-a-solariser

https://www.enerplan.asso.fr/batiments-prets-au-solaire-enerplan-demontre-le-cout-derisoire-pour-le-neuf

Enerplan du 24 novembre

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Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) regrette « la prise en compte limitée de l’électricité solaire produite sur les bâtiments neufs ». En revanche, il se « félicite que le gouvernement semble saisir l’occasion de la mise en œuvre de la RE2020, l’été prochain, pour accélérer le déploiement des solutions renouvelables ». « Dans la future réglementation environnementale 2020, l’impact carbone d’un bâtiment sera pris en compte sur l’ensemble de son cycle de vie, y compris lors des phases de construction et de démolition, tandis que le chauffage exclusif au gaz sera progressivement exclu et remplacé par des sources alternatives. »

https://www.pv-magazine.fr/2020/11/25/le-solaire-integre-au-bati-grand-oublie-de-la-re2020/

PV Magazine du 25 novembre


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Un nouveau club des entreprises du PV : IPVF Unite

L’Institut Photovoltaïque d’Ile-de-France (IPVF) veut rassembler les acteurs du photovoltaïque autour de projets innovants et construire la filière de demain. L'IPVF Unite veut être un lien entre la recherche et les utilisateurs de technologies photovoltaïques. Il veut être un diffuseur de compétences pour la production d'énergie, pour la construction de bâtiment, pour les transports, pour l'agriculture, pour les prestataires de services ce que l'IPVF résume en une phrase « accélérer la création de valeur de la R&D pour l’industrie grâce à l’excellence scientifique, l’innovation et la collaboration. »

Ceci passera par des réunions, par un meilleur dialogue entre les acteurs avec un annuaire, des petits déjeuners de mise en relation, par des conférences, par la mise en commun des projets les plus avancés, les projets les plus pertinents, la mise en perspective de l'actualité. Cette action passera par la mise en place de groupes de travail pour analyser et résoudre des problématiques précises.

Renseignements et adhésion : https://ipvf.fr/contact/

https://www.pv-magazine.fr/communiques/lipvf-lance-le-club-ipvf-unite-pour-rassembler-les-acteurs-du-photovoltaique/

PV Magazine du 27 novembre

NDLR   Cette initiative est particulièrement utile car elle ne fait pas double emploi avec les syndicats professionnels Enerplan ou le SER. Elle vise à apporter une technologie, à diffuser un savoir-faire, à réunir la théorie et la pratique. Elle reste sur l'amélioration du travail quotidien des membres de cette association, sur la résolution de problèmes concrets rencontrés, et peut-être vers une mise en commun des meilleures pratiques.

Un outil se met en place. Espérons qu'il remplira sa mission et que grâce à lui le photovoltaïque en France se développera mieux.


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Au 3ème trimestre, installation de PV, d'éolien, de consommation en France

Au cours du troisième trimestre 2020, 604 MW de nouvelles installations EnR ont été raccordées aux réseaux métropolitains d’électricité ; les filières éolienne et solaire comptent respectivement pour 312 MW et pour 283 MW. Les énergies renouvelables ont participé à hauteur de 24,2 % à la consommation d’électricité de France métropolitaine au cours du troisième trimestre 2020 (et 27,3 % sur les douze derniers mois) en produisant 23,4 TWh d’électricité renouvelable. Ce chiffre est en hausse de 7,2 % par rapport au même trimestre de l’année dernière.

La consommation électrique au troisième trimestre a rebondi par rapport au deuxième trimestre marqué par la crise sanitaire. Elle reste en recul par rapport à celle du troisième trimestre 2019 (- 1,7 TWh).

La puissance du parc solaire s’élève à 10.201 MW au 30 septembre 2020, avec 283 MW raccordés au cours du dernier trimestre. La barre symbolique des 10 GW est ainsi franchie. Au cours des douze derniers mois, 827 MW ont été raccordés. A la fin 2023, la PPE vise un parc de 20.100 MW, objectif qui est actuellement atteint à 50 %.

Avec 4,46 TWh produits durant les trois derniers mois, la filière bat son précédent record datant du trimestre précédent (4,43 TWh). La production est en hausse de 4,9 % par rapport au troisième trimestre 2019. Le taux de couverture de la consommation électrique par l’énergie solaire s’établit ainsi à 4,6 % pour ce trimestre (2,9 % sur les douze derniers mois).

Syndicat des Energies Renouvelables du 24 novembre


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Voltalia élargit son activité à l'autoconsommation

A côté de son activité de constructions de grandes centrales éoliennes et solaires, Voltalia lance une activité "autoconsommation". La société veut rendre plus accessible l'utilisation de l'énergie solaire. Elle s'appuie sur des fournisseurs reconnus (JA Solar, les onduleurs Goodwe et Hoymiles ainsi que sur le système d’accroche européen ESDEC), sur des services complémentaires à l'offre tels qu’une garantie et un service après-vente.

Elle vient de passer un accord avec Comwatt. Celui-ci fournit la digitalisation du parcours client avec visioconférence de conseillers et la présence d'un analyseur d'énergie qui indique quels équipements consomment dans la maison, mais surtout d’optimiser l’autoconsommation en déplaçant une partie des consommations au moment où celle-ci est gratuite (lors de la production).

La présence de Voltalia offre une garantie au client, rassure les utilisateurs et prend pied dans le grand public.

https://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2020/11/partenariat-voltalia-comwatt-dans-lautoconsommation-pour-le-grand-public.html

Tecsol du 25 novembre

NDLR   L'évolution de la société est intéressante à résumer : à l'origine, elle construisait des centrales d'énergie propre (éolien, solaire, biomasse). Elle a mis l'accent sur des installations éoliennes au Brésil qui ont assuré un moment plus de 80 % de sa production d'énergie. Ce pays n'est pas oublié, mais la société s'est diversifiée dans le solaire en Europe et bien sûr en France, dans les grandes centrales. Il y a quelques semestres, différents contrats ont été obtenus dans d'autres zones géographiques (Egypte, Maroc). Toujours avec de grandes centrales.

Il y a environ un an le rapprochement avec Helexia, autre société du groupe, lui a ouvert un autre horizon, celui des petites installations solaires (toitures, hangars, ombrières, ...). D'une part elle s'est récemment associée avec IKEA pour installer des systèmes solaires sur les toits de particuliers. D'autre part, la société se crée un autre marché, celui des compléments des systèmes solaires pour particuliers, celui de l'autoconsommation et le fait en association avec un professionnel de l'installation de systèmes de gestion de la valorisation de la production énergétique. Bien évidemment cette nouvelle activité est encore marginale, mais elle crée une diversification. Cette diversification indique que le potentiel des particuliers existe. Il a été relativement négligé jusqu'à présent.

L'évolution de Voltalia est différente de celle de Neoen qui se spécialise sur l'installation et la détention de grandes centrales solaires dans le monde, et depuis quelques années, sur le stockage de l'énergie.

On est donc en présence de deux stratégies bien différentes, elles-mêmes bien séparées des installateurs de centrales travaillant à partir des appels d'offres, même si certaines sociétés se placent résolument à l'international tel qu'Akuo, Total Eren et plusieurs autres.
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LA FILIÈRE

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L'attractivité des pays en matière d'énergie renouvelable

L'index de l'attractivité des pays en matière d'énergie renouvelable (RECAI) établi par le cabinet EY (ex-Ernst Young) classe les différents pays.

Les États-Unis maintiennent leur première place grâce au soutien important des plans de relance du Covid-19 destinés aux projets d'énergie renouvelable et au potentiel retour dans les Accords de Paris sur le climat. Malgré la pandémie, la Chine conserve la deuxième place de l'indice, portée par le secteur de l’énergie solaire qui reste moteur et les perspectives très importantes de l’éolien.

L'Australie atteint sa position la plus élevée dans cet index, se plaçant troisième, grâce aux annonces de mégaprojets de solaire et d’hydrogène destinés à l’export. 

La France qui était troisième il y a un an, se classe à la septième position. Des appels d’offres ont été décalés en raison du covid. Ce classement s’explique notamment par le projet d’amendement visant à revoir les tarifs d’achat d’installations solaires (ayant depuis fait l’objet d’un amendement de suppression de la part du Sénat) mais aussi par les annonces de l’Inde (4ème) qui s’est fixé un objectif de 510 GW à horizon 2030 et du Royaume Uni (5ème) qui vient d’annoncer un objectif de 40 GW pour l’éolien offshore en 2030 (soit un quadruplement par rapport aux capacités actuelles).

La France reste attractive grâce au plan national de développement de l’hydrogène (7 milliards d’euros) et plus généralement de la partie du plan de relance verte allouée à la transition énergétique et écologique (environ 30 milliards d’euros). De plus, les accords d'achat d'énergie (AAE) se développent.

L'hydrogène : il y a un consensus politique sur le développement de la filière ; l'objectif est de rendre la production d'hydrogène vert compétitive ; d'ici 2024, l'intention est d'installer 6 GW d'électrolyseurs afin de produire un million de tonnes ; l'hydrogène est recherché pour stocker de l’énergie et sera complémentaire des batteries

L'intelligence artificielle : il devrait améliorer l'équilibre du réseau entre offre et demande afin de limiter les phénomènes de coupures. Ceci permettra de réduire les stocks de réserve et diminuera le coût de fonctionnement du réseau ; la maintenance prédictive alertera sur les pannes à venir : on pourra adapter les mesures d’entretien sans être surpris, ce qui augmentera les revenus ; enfin les projets seront bien plus fiables car l'appréciation des conditions de financement sera améliorée

https://www.ey.com/fr_fr/news/2020/11/index-d-attractivite-des-energies-renouvelables-56

EY du 26 novembre

NDLR  Le document présenté par EY parait être un résumé, car d'une part il ne parle que de la France et il ne justifie pas ses affirmations, ce qui est bien dommage. Il n'y a pas de présentation d'études en amont, ce qui laisse le lecteur sur sa faim.

Quant au catalogue de bienfaits de l’intelligence artificielle, on verra ce qu’il en sera lorsqu’elle sera mise en œuvre. C’est un peu trop rose-bonbon.
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LE MONDE

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L'Italie favorise l'autoconsommation

En mars dernier, l'Italie avait instauré des mesures pour favoriser l'investissement dans les énergies renouvelables : les ménages, les entreprises et entités publiques pouvaient les produire, les vendre, les répartir.

Cette semaine, un tarif de 0,11 € et de 0,10 € par kWh est instauré et sera partagé selon les membres du groupement. Deux catégories sont créées : les collectifs d'autoconsommation réunissent des consommateurs situés dans un même bâtiment ou ensemble de bâtiments. Les communautés d'énergie sont plus larges et peuvent inclure des entreprises ou organismes publics situés dans la zone de proximité du générateur d'électricité.

L'électricité autoconsommée n'est pas soumise à des frais, mais elle ne bénéficie pas d'une incitation directe. L'incitation indirecte est un coût d'électricité évité (l’électricité non consommée provenant du réseau) allant de 0,13 à 0,20 €/kWh. Pour cela, il faut que tous les participants soient connectés à la même sous-station de transformation basse tension. L'association Italia Solare estime qu’"il est certain qu'il pourrait y avoir une forte accélération pour ce qui concerne la consommation collective (ou autoconsommation) qui, jusqu'à présent, est restée stationnaire".

https://www.pv-magazine.com/2020/11/25/italy-awards-tariff-of-e0-11-kwh-for-shared-electricity-in-energy-communities/

PV Magazine du 25 novembre


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Aide suisse aux petits systèmes

A partir du 1er avril 2021, la Suisse augmentera l'aide à l'installation de petits systèmes PV (ne dépassant pas 30 kW) : l'aide passera de 340 francs (314 €) à 380 francs par kilowatt installé (351 €).

En revanche, les installations de plus de 30 kW verront les aides diminuer de 300 à 290 francs.

https://www.pv-magazine.com/2020/11/26/switzerland-raises-rebates-for-pv-systems-up-to-30-kw/


    *  L'Inde poursuit sa politique de création d'une industrie photovoltaïque

Le Premier Ministre indien veut augmenter les soutiens à la fabrication des panneaux solaires, notamment à ceux à haute efficacité. Il souhaite que l’Inde produise les panneaux qui seront installés dans le pays et dont le volume devrait atteindre 36 GW au cours des trois prochaines années. Il veut faire de l'Inde "un centre mondial de fabrication" dans le secteur des énergies renouvelables.

En même temps, le Premier Ministre a relevé de 175 GW à 220 GW l'objectif de capacité de production d'énergie verte d'ici 2022 (les installations d’EnR atteignent 136 GW actuellement).

Il y a peu de temps, les panneaux solaires ont été inclus dans la dizaine de secteurs qui devaient bénéficier d'incitations pour leur développement. Ce programme comprend un investissement de 603 M$ sur cinq ans pour soutenir le développement national de panneaux à haut rendement et 2,4 Mds $ pour stimuler la fabrication de cellules pour batteries.

https://www.pv-tech.org/news/india-doubles-down-on-domestic-solar-manufacturing-efforts

PV Tech du 27 novembre

NDLR   La persévérance des pouvoirs publics est remarquable. Ils arriveront à faire de l’Inde un centre mondial de fabrication.

Quand est-ce que la Commission Européenne s’en inspirera-t-elle ?
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LES PRODUITS

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Dispositif semble-t-il prometteur

De fines couches de pérovskite ont été fabriquées avec un dispositif à deux buses : "Une buse pulvérise une solution liquide de précurseurs chimiques de la pérovskite sur une vitre, tandis que l'autre libère un jet de gaz ionisé hautement réactif appelé plasma". Cette nouvelle méthode proposée par l'université de Stanford réalise une couche de pérovskite en une seule fois et quatre fois plus rapidement que les procédés précédents. Il serait capable de produire 12 mètres de film de pérovskite par minute. La cellule a un rendement de 18 % et le panneau de 15,5 %.

Ce procédé pourrait produire un panneau dix fois moins cher (à 0,25 $ par pied carré) que celui à base de silicium cristallin.

https://www.pv-magazine.com/2020/11/26/new-manufacturing-process-for-15-5-efficient-perovskite-solar-panels/

NDLR  Sans pouvoir mieux juger qu’à travers ce document, ce procédé parait prometteur tant pour la technique utilisée que pour le coût de production. Ceci veut dire qu’on se rapproche de la commercialisation de cellules à la pérovskite et peut-être de cellules tandem.


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Les promoteurs de l'hydrogène demandent désormais plus de volume et des subventions.

Après avoir obtenu un objectif de capacité d'hydrogène, les groupes de pression demandent désormais une augmentation de volume et des subventions.

Plusieurs associations et groupes de pression ont obtenu que l'hydrogène soit considéré comme le produit d'avenir, au mépris de très nombreuses études sérieuses et fouillées dont celle de BloombergNEF. Ils reviennent à la charge en faisant valoir que l'objectif de l'Europe (40 GW d'ici 2030) est trop modeste, qu'il pourrait être plus que doublé, et que les 160 à 200 TWh de capacité d'électrolyse pourraient être portés à 540 TWh.

Les livres blancs, rapports, études fleurissent au même moment, indiquant une action concertée en provenant de la Coalition pour la Durabilité Energétique de Bill Gates (NDLR Que vient-il faire en Europe ?), de Material Economics, consultant en transition énergétique, de Solarpower Europe ...

Selon Material Economics, si le coût de l'hydrogène vert revient de 4 ou 5 €/kg à 1,70 ou 2 €/kg, si le prix du carbone soutenu par des contrats de différence est porté entre 50 et 60 €/tonne, et si les entreprises continuent à se fixer des objectifs climatiques stricts, la demande européenne d'hydrogène pourrait atteindre 1,2 à 1,4 PWh. Cette demande exigerait 280 GW de capacité supplémentaire en énergies renouvelables pour atteindre le bas de l'estimation. Material Economics estime qu'il est trompeur de considérer l'hydrogène vert comme non-économique même si son prix de 4 à 5 €/kg est plus du double de celui de l'hydrogène gris qui coûte actuellement de 1 à 2 €/kg, alors que le prix actuel du carbone de 25 €/tonne. L'utilisation d'hydrogène pour la production d'une voiture d'une tonne n'ajouterait que 100 € au prix d'un véhicule de 29.000 € (NDLR  il n’y a pas que l’acier dans le prix d’une voiture. Il faudrait tout compter, ainsi que les changements d’équipements de production).

Le coût du passage à l'hydrogène pour une puissance de 1,2 PWh coûterait entre 545 et 690 milliards d'euros (90/105 Mds pour les électrolyseurs, 250/300 Mds € pour la capacité de production d'énergie renouvelable et 30/60 milliards d'euros pour les infrastructures de transport). Les grandes marques utilisatrices devraient contribuer à hauteur de 175-225 milliards d'euros.

L'étude mentionne que les électrolyseurs chinois peuvent être jusqu'à 80 % moins chers que ceux utilisés par les européens.

Pour rentabiliser ce projet, l'UE devra fournir une aide aux frais d'exploitation afin que les entreprises puissent acheter l'énergie renouvelable dont elles ont besoin pour assurer la production continue de l'hydrogène. Elle devra aussi fournir des financements à faible coût.

https://www.pv-magazine.com/2020/11/27/europe-could-double-ambition-of-its-hydrogen-strategy-white-paper/

PV Magazine du 27 novembre

NDLR   Après l'adoption du choix européen en faveur de l’hydrogène, la pêche aux subventions a commencé.

La logique du passage à l'hydrogène est mal posée. On commence par la fin pour remonter la chaine d’activité, alors qu’il faudrait commencer par le début, le procédé industriel. On fait miroiter les besoins, les prix bas de l'hydrogène d'ici 2030 et bien évidemment l’horizon 2050 que personne ne peut prévoir. On calcule au centime près combien coûte ce passage. Le tout sans justification chiffrée.

On est déjà prêt à demander des subventions, mais le procédé industriel n'est pas disponible : la technologie des européens n'est pas au point car le matériel (selon les promoteurs de l’hydrogène) est jusqu'à quatre fois plus cher que le procédé chinois. Certes on peut avoir besoin d'hydrogène dans l'avenir, mais commençons par le commencement et non par la fin :il s’agit de disposer d’une technologie satisfaisante, peu chère et concurrentielle, capable de rivaliser avec les chinois avant de lancer des "usines à gaz" (c'est le cas de le dire) et de grands projets qui ne seront jamais rentables sur le marché international.
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LES SOCIÉTÉS

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Daqo au 3ème trimestre

Au troisième trimestre, le fabricant chinois de silicium Daqo a produit 18.406 tonnes (contre 18.097 au 2ème trimestre). Il a bénéficié d'une hausse du prix de vente. Il est passé de 7,04 $ / kg à 9,13 $. Ceci a permis de doubler le bénéfice brut à 45 M$.

La société évalue le volume qui sera vendu au quatrième trimestre entre 20.500 et 21.500 tonnes, portant les ventes annuelles autour de 76.000 tonnes

https://www.pv-magazine.com/2020/11/24/daqo-notes-pv-glass-shortage-in-otherwise-positive-update/


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L'italien Enel a de grandes ambitions dans les EnR

Ayant une capacité actuelle de 45 GW d’EnR, Enel compte atteindre 60 GW en 2023 (+ 33 %) avec 17 Mds € d’investissements, puis 120 GW d'EnR en 2030 avec 70 milliards d'euros dépensés au cours de la décennie.

Parallèlement, le groupe investira dans l'électromobilité, le haut débit par fibre optique, la flexibilité du réseau électrique, ce qui se fera en partenariat avec des tiers.

https://www.pv-magazine.com/2020/11/25/enel-plans-to-drive-120-gw-of-renewables-capacity-by-2030/

PV Magazine du 25 novembre
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DIVERS

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Les VE à 10 % des ventes mondiales de véhicules de tourisme en 2025 ?

Les véhicules électriques (VE) représenteront 10 % des ventes mondiales de véhicules de tourisme en 2025, ce chiffre passant à 28 % en 2030 et à 58 % en 2040 alors qu'ils représenteront moins de 33 % de toutes les voitures en circulation, selon une étude de BloombergNEF. Seulement, il y aura encore davantage de kilomètres parcourus dans le monde par des véhicules de tourisme à combustion interne que par des VE.

L'accélération de l'adoption des VE sera d'abord menée en atteignant la parité des prix avec les véhicules à moteur à combustion interne. Cela commencera lorsque les gros véhicules atteindront ce point en Europe, ce qui devrait se produire en 2022. Elle s'achèvera avec les petites voitures qui atteindront ce point en Inde et au Japon vers 2030.

Les marchés européen et chinois devraient représenter 72 % de l'ensemble des ventes de VE de tourisme en 2030. D'ici 2030, la Chine et l'Europe devraient réaliser l'exploit que 50 % de toutes les voitures en circulation soient des VE. Cela sera dû à l'autre nécessité de soutien de l'adoption des VE, le soutien politique.

https://www.pv-magazine.com/2020/11/26/the-future-of-cars-is-electric-but-how-soon-is-this-future/

https://about.bnef.com/electric-vehicle-outlook/

PV Magazine du 26 novembre / BloombergNEF

NDLR Que c’est beau de faire des projections sur la lune ! Si on se souvient bien il y a dix ou quinze ans, les véhicules électriques devaient envahir les villes entre 2020 et 2025 et se généraliser ! Qu’en est-il actuellement ? Un succès de curiosité.

L’Australie nous montre ce qui va se passer (cf Les véhicules électriques sont désormais taxés en Australie). Dès que les véhicules électriques vont être plus nombreux : une taxe ou une redevance leur seront appliquées ! Pourquoi ? Parce que les Etats ont trouvé une manne financière avec les taxes sur les carburants. Toujours à sec, les gouvernements sauront trouver la nouvelle source de revenus appelée vignette, impôt, taxe, sur les nouveaux engins. Que les écolos crieront au scandale, peu importe ! La nécessité fait loi. Les particuliers auront le choix entre payer un impôt indolore sur l’essence ou une redevance forfaitaire qui se verra nettement sur le véhicule (ou sur l’électricité, mais c’est peu probable). Les véhicules qui rouleront peu auront intérêt à rester à l’essence. Les autres basculeront vers l’électrique mais encore faut-il que les batteries aient fait de gros progrès de longévité.

D’ailleurs même sans ce point de fiscalité, BloombergNEF estime que les véhicules à essence continueront à rouler davantage que les véhicules électriques d’ici dix ans. Il est probable que le délai pour voir la généralisation des véhicules électriques sera reporté à 2040 ou même à 2050. C’est aussi cela le progrès : reporter à plus tard ce qui aurait pu être plus précoce !

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