L R AS Publié le lundi 30 novembre 2020 - n° 342 - Catégories : hydrogène

Les promoteurs de l'hydrogène demandent désormais plus de volume et des subventions.

Après avoir obtenu un objectif de capacité d'hydrogène, les groupes de pression demandent désormais une augmentation de volume et des subventions.

Plusieurs associations et groupes de pression ont obtenu

que l'hydrogène soit considéré comme le produit d'avenir, au mépris de très nombreuses études sérieuses et fouillées dont celle de BloombergNEF. Ils reviennent à la charge en faisant valoir que l'objectif de l'Europe (40 GW d'ici 2030) est trop modeste, qu'il pourrait être plus que doublé, et que les 160 à 200 TWh de capacité d'électrolyse pourraient être portés à 540 TWh.

Les livres blancs, rapports, études fleurissent au même moment, indiquant une action concertée en provenant de la Coalition pour la Durabilité Energétique de Bill Gates (NDLR Que vient-il faire en Europe ?), de Material Economics, consultant en transition énergétique, de Solarpower Europe ...

Selon Material Economics, si le coût de l'hydrogène vert revient de 4 ou 5 €/kg à 1,70 ou 2 €/kg, si le prix du carbone soutenu par des contrats de différence est porté entre 50 et 60 €/tonne, et si les entreprises continuent à se fixer des objectifs climatiques stricts, la demande européenne d'hydrogène pourrait atteindre 1,2 à 1,4 PWh. Cette demande exigerait 280 GW de capacité supplémentaire en énergies renouvelables pour atteindre le bas de l'estimation. Material Economics estime qu'il est trompeur de considérer l'hydrogène vert comme non-économique même si son prix de 4 à 5 €/kg est plus du double de celui de l'hydrogène gris qui coûte actuellement de 1 à 2 €/kg, alors que le prix actuel du carbone de 25 €/tonne. L'utilisation d'hydrogène pour la production d'une voiture d'une tonne n'ajouterait que 100 € au prix d'un véhicule de 29.000 € (NDLR  il n’y a pas que l’acier dans le prix d’une voiture. Il faudrait tout compter, ainsi que les changements d’équipements de production).

Le coût du passage à l'hydrogène pour une puissance de 1,2 PWh coûterait entre 545 et 690 milliards d'euros (90/105 Mds pour les électrolyseurs, 250/300 Mds € pour la capacité de production d'énergie renouvelable et 30/60 milliards d'euros pour les infrastructures de transport). Les grandes marques utilisatrices devraient contribuer à hauteur de 175-225 milliards d'euros.

L'étude mentionne que les électrolyseurs chinois peuvent être jusqu'à 80 % moins chers que ceux utilisés par les européens.

Pour rentabiliser ce projet, l'UE devra fournir une aide aux frais d'exploitation afin que les entreprises puissent acheter l'énergie renouvelable dont elles ont besoin pour assurer la production continue de l'hydrogène. Elle devra aussi fournir des financements à faible coût.

https://www.pv-magazine.com/2020/11/27/europe-could-double-ambition-of-its-hydrogen-strategy-white-paper/

PV Magazine du 27 novembre

NDLR   Après l'adoption du choix européen en faveur de l’hydrogène, la pêche aux subventions a commencé.

La logique du passage à l'hydrogène est mal posée. On commence par la fin pour remonter la chaine d’activité, alors qu’il faudrait commencer par le début, le procédé industriel. On fait miroiter les besoins, les prix bas de l'hydrogène d'ici 2030 et bien évidemment l’horizon 2050 que personne ne peut prévoir. On calcule au centime près combien coûte ce passage. Le tout sans justification chiffrée.

On est déjà prêt à demander des subventions, mais le procédé industriel n'est pas disponible : la technologie des européens n'est pas au point car le matériel (selon les promoteurs de l’hydrogène) est jusqu'à quatre fois plus cher que le procédé chinois. Certes on peut avoir besoin d'hydrogène dans l'avenir, mais commençons par le commencement et non par la fin :il s’agit de disposer d’une technologie satisfaisante, peu chère et concurrentielle, capable de rivaliser avec les chinois avant de lancer des "usines à gaz" (c'est le cas de le dire) et de grands projets qui ne seront jamais rentables sur le marché international.

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