L R AS Publié le samedi 28 novembre 2020 - n° 342 - Catégories : France, autre France

La ministre présente la RE 2020

Le 24 novembre, le ministère de l’Écologie a présenté les principales orientations de la RE2020. Cette réglementation environnementale devrait révolutionner le secteur de la construction. Principale touchée, la filière

gaz qui est quasiment éliminée des logements neufs, dès 2021 pour les maisons individuelles et à partir de 2024 pour les logements collectifs. La Fédération Française du Gaz en est mécontente, car dit-elle « de gros efforts ont été déployés ces dernières années. »

En revanche, la filière bois ou électricité est plutôt satisfaite des orientations proposées, car la filière bois va être privilégiée au détriment du béton. L'électricité le sera aussi, même si RTE alerte sur la disponibilité future en électricité en hiver.

Une analyse du cycle de vie dynamique évaluera le carbone émis aujourd'hui plutôt que le carbone qui sera émis demain. Les fédérations pointent une approche qui « transfère la responsabilité de la bonne gestion des émissions des produits et matériaux des bâtiments construits aujourd’hui aux prochaines générations, ce qui est éthiquement contestable et opposé aux principes du développement durable ». « Cette méthode de comptage est extrêmement favorable aux matériaux bio-sourcés.

Les fédérations pointent une approche qui « transfère la responsabilité de la bonne gestion des émissions des produits et matériaux des bâtiments construits aujourd’hui aux prochaines générations, ce qui est éthiquement contestable et opposé aux principes du développement durable. » De plus, « cette méthode de comptage est extrêmement favorable aux matériaux biosourcés,

https://www.batiweb.com/actualites/legislation/re2020-retours-contrastes-des-acteurs-de-la-construction-2020-11-25-37095

Batiweb du 25 novembre

NDLR    On est en plein dans le résultat d’examen qui détermine toute une vie. C’est une attitude idiote. Du jour au lendemain parce que le gaz ne plait pas à la ministre, il doit être rayé des nouvelles constructions. Je n’ai pas à prendre parti pour le gaz, ou contre le gaz, mais seulement je dois évoquer l’attitude raisonnable qui aurait imposé une transition, et non un couperet qui réduit violemment les perspectives économiques d’une filière. On peut comprendre que la filière soit mécontente et que les chauffagistes s’interrogent sur leur avenir.

De même, pour les installations photovoltaïques. Il aurait été bon qu’une transition s’instaure pour que les nouveaux bâtiments puissent installer des systèmes PV. Ce n’est pas seulement le coût supplémentaire évalué à 0,4 % du prix d’une construction. Ce n’est pas seulement le principe qui est en cause, c’est le bon sens. Si vraiment les EnR sont l’avenir, il faut permettre leur adoption graduelle et spontanée par les habitants. Là encore, au lieu de permettre une évolution en douceur des habitudes, des goûts et des expériences, la ministre croit bien faire en dirigeant, en imposant et même en retardant l’évolution comme si les Français étaient des imbéciles, comme s’ils n’étaient pas capables de choisir ce qui est bien pour eux, comme si l’Etat était le seul à pouvoir distinguer le bon du mauvais.

Comme les exemples de la gestion du covid sont loin d’être satisfaisants, comme ces décisions ne paraissent même pas arbitraires mais surtout maladroites, une distance s’instaure entre la population et les élites. Ne cherchons pas plus loin l’explication de révoltes qui émergent ici ou là, gilets jaunes, mouvement de protestations contre les normes anti-covid, contre la loi de sécurité globale, refus de reconnaitre la République…

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