L R AS Publié le dimanche 27 septembre 2020 - n° 333 - Catégories : hydrogène, autour du PV, divers autour du PV

Airbus travaille sur l'avion propre mais met en garde contre son coût et ses contraintes

Airbus estime que l'aviation commerciale sans émission sera prête en 2035

Trois modèles d'avion viennent d’être présentés. Le premier, comparable par sa forme à un modèle actuel, pourrait transporter 120 à 200 passagers, utiliserait des turbines à gaz fonctionnant à l'hydrogène en combustion. Il pourrait être équipé

d'un moteur électrique fonctionnant à l'hydrogène, lorsqu’une puissance supplémentaire est nécessaire. Son rayon d'action serait de 3.700 km.

Le second modèle est un turbopropulseur à hélice. Il transporterait une centaine de personnes et utiliserait également la combustion de l'hydrogène dans des turbines à gaz modifiées pour produire de l'énergie. Il pourrait parcourir jusqu'à 2.000 km.

Le troisième pourrait transporter 200 passagers et aurait une autonomie de près de 4.000 km, fuselage relativement large pour d'accueillir des passagers et de l'hydrogène. Là aussi, Airbus prévoit d'utiliser une combinaison de combustion d'hydrogène et de réaction de la pile à combustible pour optimiser l'alimentation électrique.

Si l'hydrogène a le même niveau d'énergie que le kérosène et qu'il ne représente qu'un tiers du poids, l'hydrogène occupe quatre fois le volume du carburant conventionnel, ce qui rend son utilisation difficile dans les vols long-courriers. Il faudrait refroidir l'hydrogène à - 253° Celsius (NDLR soit près du zéro absolu de – 273 ° C) pour le rendre liquide, augmenter sa densité. Dans tous les cas, il faut utiliser une partie du fuselage pour contenir de l'hydrogène plutôt que des passagers.

Selon Airbus, « le défi de la décarbonisation de l'aviation est tel que nous n'avons nullement l'intention de le relever seuls. » Le passage à l'hydrogène nécessiterait des milliards d’euros, en comptant sur une baisse du coût de l'hydrogène.

Répondant à une demande de l’Union Européenne, McKinsey, en juin 2020, avait estimé que les vols à hydrogène n'ajouteraient qu'environ 10 % au coût des billets d'avion pour les vols courts courriers, soit environ 5 à 10 dollars. Les vols moyen-courriers à hydrogène nécessiteraient une augmentation de 30 à 40 % du prix des billets car les avions transporteraient moins de passagers et utiliserait 25 % de consommation d'énergie en vol. Les passagers des vols long-courriers devraient payer 40 à 50 % de plus pour la technologie de l'hydrogène.

https://www.pv-magazine.com/2020/09/21/airbus-charts-path-to-zero-emission-aviation-by-2035/

PV Magazine du 21 septembre

NDLR   McKinsey reconnait que le passage du kérosène à l’hydrogène renchérira un peu le billet d’avion. Airbus est plus clair, cela coûtera des milliards de dollars en plus, indépendamment des billets d’avions qui, eux, sont payés par les passagers. Puisque l’estimation de McKinsey est le résultat d’une commande, elle est peu fiable.

Multiplier par quatre le volume du carburant n’est pas catastrophique sauf qu’il prive l’avion de places payantes et augmente le coût des places disponibles. Quant à refroidir l’hydrogène à -253° Celsius, ceci ne parait pas raisonnable en utilisation courante.

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