L R AS Publié le samedi 26 septembre 2020 - n° 333 - Catégories : autour du PV, divers autour du PV

Le nucléaire en fin de cycle : peu de construction, coût en hausse, vieillissement

La dernière édition de l'étude sur la situation du World Nuclear Industry publié par le consultant nucléaire français Mycle Schneider, souligne que la stagnation du secteur se poursuit avec seulement 2,4 GW de nouvelles capacités de production nucléaire mise en service l'année dernière,

contre 98 GW pour le solaire. La capacité nucléaire opérationnelle mondiale a diminué de 2,1 %, pour atteindre 362 GW à la fin du mois de juin. « Le nombre de réacteurs en exploitation dans le monde est tombé à 408 à la mi-2020, ce qui est inférieur au niveau déjà atteint en 1988 et 30 unités en dessous du pic historique de 438 en 2002. »

Le coût moyen de l'énergie issue du nucléaire est passée de 117 $ par MWh en 2015 à 155 $ fin 2019, alors que le coût moyen de l'énergie solaire est passé de 65 $/MWh à environ 49 $ et celui de l'énergie éolienne de 55 $ à 41 $. « Ce qui est remarquable dans ces tendances, c'est que les coûts des énergies renouvelables continuent de baisser en raison des améliorations progressives de la fabrication et des installations, tandis que le nucléaire, malgré plus d'un demi-siècle d'expérience industrielle, continue de voir ses coûts augmenter », indique le rapport, citant une étude récente de Lazard, société de conseil financier et de gestion d'actifs. « L'énergie nucléaire est aujourd'hui la forme de production la plus coûteuse, à l'exception des centrales à gaz de pointe. »

Cet écart de coût explique le petit nombre de nouvelles installations

Six réacteurs nucléaires ont été connectés au réseau en 2019 : trois en Russie, deux en Chine et un en Corée du Sud. Dans le même temps, cinq centrales nucléaires ont été fermées l'année dernière et trois autres l'ont été au cours du premier semestre de cette année ; aucune installation nucléaire n'a été mise en service de janvier à juin 2020.

70 % de toute l'électricité nucléaire dans le monde en 2019 a été produite par cinq pays (par ordre d'importance), les États-Unis, la France, la Chine, la Russie et la Corée du Sud. Les États-Unis et la France ont assuré 45 % de la production nucléaire mondiale en 2019, soit deux points de pourcentage de moins que l'année précédente. La proportion de la France a diminué de 3,5 %. »

L'âge moyen du parc mondial de réacteurs nucléaires atteint 30,7 ans ; les deux tiers des réacteurs fonctionnant depuis plus de 31 ans.

Le nombre de réacteurs en construction est passé de 46 à 52 - dont 15 d'une capacité de production totale de 14 GW se trouvent en Chine. La plupart de ces projets ont subi des retards de plusieurs années. L'année dernière, la construction de quatre centrales en Chine et d'une centrale en Russie et au Royaume-Uni a commencé. Les travaux pour une centrale nucléaire turque ont débuté au cours du premier semestre 2020.

https://www.pv-magazine.com/2020/09/24/nuclear-power-is-now-the-most-expensive-form-of-generation-except-for-gas-peaking-plants/

PV Magazine du 24 septembre

NDLR  Ces informations sont particulièrement importantes et surtout mal connues. Particulièrement, le coût d’exploitation du nucléaire qui est devenu la forme la plus chère de production d’électricité, est complètement ignorée. On aurait pu s’en douter avec le prix conclu par EDF pour la construction de la centrale britannique à 11 ct € le kWh qui n’a pu qu’augmenter avec les retards, et autres déconvenues de construction.

A noter que le délai de construction de centrales nucléaires est particulièrement long (une dizaine d’années lorsque tout va bien). Ceci veut dire que les 52 centrales en construction ont été décidées il y a dix ou quinze ans. Il est très probable que le chiffre des décisions d’investissement prises au cours de ces trois dernières années soit marginal, hors la Chine.

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